Et si cet increvable monsieur Furnier continue de s'investir dans de nouveaux projets comme Hollywood Vampires, super groupe formé avec Johnny Depp et Joe Perry, le répertoire qu'il s'est constitué sous le nom d'Alice Cooper entre 1971 et 1975 reste son meilleur atout. Car, en quatre ans, ce ne sont pas moins de quatre albums cultes que nous a pondus ce prince des ténèbres (Killer - 1971, School's Out - 1972 - Billion Dollar Babies - 1973 et Welcome to My Nightmare - 1975). Quatre albums vendus à plus d'un million d'exemplaires chacun et qui, plus de quarante ans après leur sortie, n'ont pratiquement pris aucune ride!

C'est d'ailleurs tout naturellement qu'Alice Cooper et son band nous livrent directement un pot-pourri de ces albums d'exception dans un Cirque qui n'en attendait pas moins. Si on ne se lasse pas des ''No More Mr. Nice Guy'', ''Under My Wheels'' ou ''Billon Dollar Babies'', ce qui fait également la force de cet Alice Cooper des grands soirs c'est la manière dont il arrive à s'entourer de musiciens de qualité. Car si on retrouve depuis 2002 ce diable de Chuck Garric à la basse (un record de longévité dans le band), Alice peut également compter sur Ryan Roxie (guitare), Tommy Henriksen (guitare), Glen Sobel (batterie) et également sur l'excellente et remuante Nita Strauss à la guitare, connue également pour faire partie du groupe de The Iron Maidens.
Après une grosse heure de concert en mode pilote automatique et toute une série de tubes tels que le magnifique ''Poison'' ou encore la série ''Feed My Frankenstein'', ''Cold Ethyl'', ''Only Women Bleed'' et ''Ballad of Dwight Fry'' durant laquelle on assistera à la mutation d'Alice en Frankestein, à sa décapitation et à sa résurrection, Alice Cooper enchaînera sur une autre partie de son show, celle durant laquelle il rend hommage au géants qui ont quitte la planète rock. Et si depuis des années il n'oublie jamais d'honorer les tombes de Keith Moon et Jimi Hendrix, les derniers mois d'activité de la grande faucheuse lui ont donné du fil à retordre dans le choix des hommages à rendre.

Après un ''Fire'' toujours aussi efficace, Cooper et son band entament donc un ''Suffragette City'' majestueux honorant la mémoire du plus androgyne des rockers, Sir David Bowie. Reste encore une place à prendre dans le cimetière de Cooper et celle-ci revient désormais logiquement au plus que regretté Lemmy. S'en suit un ''Ace of Spades'' de derrière les fagots durant lequel le Cirque tout entier explosera au rythme de ce riff de basse légendaire qui n'a certainement pas terminé de faire remuer les fosses.
Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, après le passage obligatoire entre les tombes il reste trois titres à Cooper et ses acolytes pour clôturer la soirée en beauté. Au programme avant l'ultime rappel: ''I'm Eighteen'' et un ''School's Out'' carrément électriques durant lesquels la salle sera aspergée de bulles et de confettis. Reste alors un morceau à Mister Vincent Furnier pour nous rappeler une fois encore qui est le patron. Et actualité oblige, le show se termine par un ''Elected'' de circonstance durant lequel les deux protagonistes à la Maison blanche nous démontreront à la sauce burlesque toute l'absurdité dont peuvent faire preuve leurs campagnes avant de nous quitter en se roulant une énorme galoche.
Après presque deux heures de show, une seule conclusion s'impose : Alice Cooper président!
Et pourquoi pas?
Crédits photos: JP

Alice Cooper
