Reportage

Ragnard Rock: Valhall Awaits! (warm-up + jour 1)

Simandre-sur-Suran (Thioles), le 20-07-2016

Lundi 1 août 2016

Si vous suivez un peu la scène metal (et même pas forcément extrême), vous pouvez difficilement être passés à côté du Ragnard Rock Festival. Dès sa première édition, le petit festival de Simandre-sur-Suran (où ça???) a tapé fort, avec de l'exclusif, du culte, du lourd – et avec un concept plutôt original, du moins en Europe occidentale : un festival metal (black et pagan, principalement) couplé à un village et des animations médiévales/viking.



Bon, si vous pouvez difficilement être passés à côté, à vrai dire, c'est aussi parce que l'affiche de cette deuxième édition, en plus d'être assez énorme en termes de qualité, propose quelques groupes affiliés à ce qu'on appelle communément la NSBM (National Socialist Black Metal). Graveland
Graveland
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, notamment, est probablement le plus tendancieux du lot, même si Kroda se défend pas mal dans le genre aussi. J'y reviendrai, toujours est-il que le Ragnard avait eu droit à son coup de pub via SOS Racisme et aura probablement droit à ses poursuites dès les jours qui viennent. Mais voilà, quand la musique est bonne, disait un musicien un poil moins borderline...

Nous voilà donc partis direction l'Ain, un poil au Sud du Jura, et via les Nationales. Huit heures de route, grossièrement, avant d'arriver à Simandre par monts et par vaux (les GPS, c'est pour les fans de glam).



Après une file incroyablement longue, même pour la presse, suivie d'une installation hasardeuse (nous nous sommes retrouvés au camping bénévole, heureusement l'ambiance était particulièrement détendue), nous voilà donc à découvrir ce fameux site. Situé dans une espèce de vallée, qui offre un magnifique paysage, le Ragnard Rock propose deux scènes metal (la Odin et la Thor, forcément) et une scène située au sein du village viking où seront proposés les concerts folk/médiéval. Le passage entre le site metal proprement dit et le village se fait facilement, celui-ci est de taille modeste mais bien achalandé pour qui apprécie cet univers (tatoueur, tenues, superbes objets faits-main, un village médiéval classique et de qualité, donc).

Ce premier jour (jeudi 21) est dédié à un warm-up qui voit revenir des groupes de la première édition, une façon de passer le flambeau. La thématique de chaque édition sera axée sur un pays en particulier, et c'est donc cette fois Nokturnal Mortum
Nokturnal Mortum


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, le groupe de black pagan absolument culte, sensation de la première édition, qui revenait cette année. Un groupe qui a même participé à l'organisation du festival dans son ensemble, son guitariste Jurgis ayant coordonné les activités liées à l'Ukraine et aidé à la venue de certains groupes.
Le régional de l'étape Obsession
Obsession
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ouvrait les hostilités, mais nous louperons leur thrash/death pour cause d'installation. Helroth, groupe de folk metal polonais, sera notre premier vrai concert dans ce Ragnard... et sans casser trois pattes à un canard, on peut dire que les gars savent y faire, dans un style qui rappelle un peu Eluveitie, le côté kitsch en moins. Belle surprise. Himinbjorg, groupe français auteur récemment d'un excellent Wyrd, durcira le ton avec son black/pagan bien interprété.

Mais les stars de la soirée, c'est évidemment Nokturnal Mortum
Nokturnal Mortum


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. Un groupe qui, à ses débuts, s'est « illustré » pour quelques chansons clairement NSBM, dont le triste « Call of the Aryan Spirit », et qui s'est récemment affiché comme soutenant des mouvances nationalistes ukrainiennes de droite. Légère odeur de soufre, donc, mais vous m'excuserez, je suis un solide fan, voire, oserais-je le dire, un fan absolu de leur black sympho/pagan. L'album Voice Of Steel (2009) est tout bonnement fabuleux (il n'y a pas d'autre mot), et leurs débuts enterraient ce que la concurrence faisait à la même époque, Emperor
Emperor


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compris (blasphème!!!). Jetez une oreille à Goat Horns et Lunar Poetry. Qui plus est, le groupe s'est distancé de cette imagerie et semble un peu rangé.



Mais, manque de pot, ce concert sera... un échec. La faute à des soucis techniques (indépendants de la volonté du groupe, qui s'en expliquera par après sur Facebook) qui feront commencer le groupe avec plus d'une heure et demie de retard, avec un faux départ après une petite heure. Difficile d'instaurer une ambiance dans ces conditions. Le set commencera finalement, le jeu de lumières est magnifique, les tenues impressionnantes, le groupe plutôt carré et on finira par rentrer dedans (Weltanschauung, Voice of Steel et Hailed be the Heroes sont imparables), preuve de l'aura du groupe et surtout de son leader Varggoth... mais le soufflé retombera vite, car après sept titres (et le final sur Ukraine), rideau ! Sept titres, dont deux nouveautés complètement hors-sujet par rapport au reste de la setlist, ça fait peu... et NM sera donc une semi-déception.

Rideau pour le concert et rideau pour nous, le concert se terminant assez largement après 1h du matin et la route ayant été longue.

Et longue, cette première « vraie » journée du Ragnard le sera aussi ! Les concerts débutant assez tard (13h pour la scène folk, 14h25 pour les scènes metal), ça laisse tout loisir de découvrir un peu plus le village médiéval, les stands de bouffe peu nombreux mais plutôt sympas (cette tartiflette...), y compris un stand de crêpes faites par le club de rugby du coin et un food-truck de burgers (du coin aussi, c'est l'esprit), sans oublier le stand de nourriture traditionnelle ukrainienne, un peu cher mais qu'on se devra de tester (et approuver). Si je voulais faire le difficile, je dirais qu'un stand de jambonneau ou de saumon à la flamme... non... ? Orga, si vous me lisez !



Blague à part, et parce qu'on est quand même là pour ça, la journée commencera sur... Boisson Divine ! Non pas une des innombrables bières que nous ingurgiterons sur le week-end mais bien le groupe du même nom, des Gascons chantant en... Gascon. Et qui proposent un folk metal qui doit surtout son intérêt au côté incongru de la chose, sans être désagréable du tout. Le groupe faisait une de ses premières scènes orientée metal et paraissait ravi d'être là, ce qui est toujours plaisant.

Changement radical d'ambiance avec un enchaînement sur Malepeste. Passée une introduction hallucinante (qui vaut la peine d'aller la voir sur Youtube seule), jouée live avec instruments tribaux, encens et chant inspiré des techniques vocales tibétaines, le soufflé retombe un peu. Un black classique, qui peut faire penser à du Mayhem
Mayhem


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, avec un chant fort en retrait et quelque peu répétitif jusque dans les attitudes scéniques. A revoir dans d'autres conditions que sous le cagnard après un concert folk...



On reste dans le black avec une des « attractions » du week-end : Naer Mataron. Pourquoi attraction ? Parce que son bassiste n'est autre qu'un membre éminent... d'Aube Dorée, le parti d'extrême droite grec. Ambiance. Et ambiance aussi dans la musique, particulièrement violente et directe, crasseuse et peu aimable. Pas de débordements dans le public, qui contenait pourtant déjà la poignée de gugusses qui s'illustreront plus tard, et un concert puissant... mais dur.

Et un autre changement d'ambiance (c'est le jour) avec Stille Volk
Stille Volk


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. Le retard accumulé par les groupes fait que nous ne resterons qu'une quinzaine de minutes, le temps de se rendre compte que leur musique médiévale, si elle est particulièrement bien interprétée, a quelque chose d'assez déprimant. Déjà dubitatif sur album, je dubite encore plus en concert. Et quoi qu'il en soit, il est temps, à la demande de mon ami, d'aller assister au concert de la Compagnie du Gras Jambon !

Soyons clairs, ne serait-ce que pour leur nom, j'étais moyennement emballé à l'idée d'aller voir cette Compagnie médiévale, qui plus est pendant le concert de Belenos
Belenos


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. Mais dès les balances, on sent qu'il va se passer quelque chose tant le public est chaud, ce qui fait bien marrer le groupe. Et de fait, les Compagnons du Gras Jambon, qui font eux aussi leur premier festival metal, vont peut-être proposer un des concerts du week-end !




Enchaînant des hymnes festifs joués à 100 à l'heure (et avec un sacré savoir-faire), toujours introduits par un petit speech qui donne un côté spectacle de rue, le Gras Jambon va re-tour-ner la Heim Stage et le village viking, bondés comme rarement. En réussissant au passage à faire mimer une chorégraphie ridicule à tout le public qui se prête au jeu... et même à se faire huer à l'annonce de la dernière chanson. Le carton du Ragnard, qui se traduira par un merch' dévalisé. Chapeau les gars...

Difficile, après ça, de rentrer dans l'ambiance installée par Ereb Altor
Ereb Altor


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, qui a déjà commencé quand nous revenons du côté metal du site. Et pourtant, qu'ils sont forts ces Suédois, By Honour sera à peine entamée que les poils se dresseront. Le chant clair est aussi bon que sur album et le viking metal épique d'Ereb Altor
Ereb Altor


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propose quelques superbes mélodies (Nifelheim, Midsommarblot ...).



La pause de la journée désormais, le temps de faire la photo de fanboy avec Varggoth de Nokturnal Mortum
Nokturnal Mortum


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après avoir acheté le t-shirt du fest', d'écouter Skyforger
Skyforger


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du camping puis de découvrir le très, très chouette bar VIP. Le moins qu'on puisse dire c'est que la presse et les artistes se mettent bien, yourte, bière spéciale et orga tout sourire sont là pour nous faire nous sentir comme chez nous. D'ailleurs, globalement, ce petit espace deviendra notre zone de squat officielle, grâce notamment à sa vue sur les scènes qui nous permet de suivre de loin un Cruachan
Cruachan


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dont je n'attendais strictement rien mais qui a servi un set convaincant.


Nous restent les deux têtes d'affiche du jour, à commencer par la plus surprenante du week-end : Belphegor
Belphegor


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. Le black/death sataniste et épileptique des Autrichiens va installer une ambiance suffocante, sans laisser le moindre répit au public à l'exception de blancs entre les morceaux qu'Helmut, le chanteur dont on hésite encore entre « charismatique » et « timbré » pour le qualifier, remplira généralement en annonçant les titres d'une voix de Nazgûl.



Gasmask Terror, Rex Tremendae Majestatis, Lucifer Incestus, Conjuring the Dead, les torpilles s'enchaînent, c'est carré, sans la moindre concession et un poil épuisant. Bon concert, toutefois, d'un Belphegor
Belphegor


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qu'on ne devrait plus revoir de sitôt à Simandre : les mecs auraient tout cassé en coulisses. Jouez moins vite, ça vous calmera.



Faun, après ça, aura l'air d'une promenade à dos de licorne dans une vallée enchantée couverte de violettes sous une brise parfumée à la rose. Pire transition, c'était difficile à faire, mais qu'est-ce que ça fera du bien... La musique néomédiévale des Allemands, avec leurs magnifiques instruments traditionnels et ce chant si reposant, est une expérience à vivre en live. Des titres comme Alba ou le final Hymn to Pan sont idéaux pour se vider complètement la tête du blast-beat ambiant... Un des plus beaux moments du week-end. Et l'idéal pour aller se coucher en prévision des dures journées à venir...

PROCHAINEMENT : Les 2e et 3e jours, avec du metal noir québécois, du Gaahl, de la polémique, de la bière, des annulations et des claques !
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AUTEUR : Florent
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on é...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Agai...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Again!...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Again!...
Chroniqueur depuis ses 16 ans, il a voulu se relancer après un break... et des études de journalisme. Percer dans le journalisme musical quand on écoute du metal est aussi simple que percer dans le journalisme sportif quand on est fan de cricket, mais l'envie d'écrire et de partager sa passion l'a poussé à rejoindre les rangs de Shoot Me Again!...

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