Reportage

Wolves Scream et Reach The Shore célèbrent leur album en grandes pompes à l'AB !

Bruxelles (Ancienne Belgique), le 18-03-2017

Lundi 20 mars 2017

La chance sourit aux audacieux. C’est ce qu’on dû se dire les membres de Wolves Scream et de Reach The Shore lorsqu’ils ont commencé à réfléchir à la meilleure façon de célébrer la sortie de leurs albums respectifs. Car s’offrir l’AB (AB Club, donc la salle du haut) c’est toujours un risque, et surtout accepter de se mettre une pression supplémentaire autour de la sortie de son nouvel opus.



Inconnu au bataillon (ou presque), Atum Nophi ouvrait cette soirée. On est habitués d’un duo guitare-chant / batterie d’offrir une musique expérimentale, noise, ambient ou autre, mais Atum Nophi nous balance un power-rock énergique et bien ficelé. L’absence de basse ne se fait pas ressentir, grâce à un jeu de guitare axé sur les accords toniques plutôt graves et une rythmique percutante. Même si le groupe est plutôt jeune, la prestation démontrée ce soir prouve que les musiciens ont déjà pas mal de bouteille derrière eux, l’un dans la scène hardcore et l’autre dans la pop. La rencontre fonctionne et enthousiasme le public présent déjà nombreux malgré l’heure de ce début de concert (top départ à 18h30).



Et une fois n’est pas coutume, le public n’a donc pas attendu le milieu de la soirée pour se pointer en râlant d’avoir raté les premiers groupes. Dès 19h l’AB Club semble déjà bien rempli. Précisons que la soirée affichait sold out une semaine avant le jour J, un succès que les groupes eux-mêmes n’avaient pas prévu. Le deuxième slot de cette soirée était prévu pour un groupe qui allait sortir vainqueur d’un concours en deux étapes : la première consistait à figurer parmi le Top 5 d’un concours de votes ouvert à tous via Facebook, la deuxième se soldait simplement par une sélection d’un groupe parmi les cinq sélectionnés par un jury encadrant cette date. C’est donc Concealed Reality qui prend possession de la scène dès 19h15. Vus pour la dernière fois voici près de trois ans, je gardais de Concealed Reality le souvenir d’un groupe hyper énergique sur scène, menés par un frontman qui, comme on peut dire, prend les choses en mains. Bon évidemment, en trois ans, les choses peuvent beaucoup changer, surtout avec un changement de line-up presque intégral. La sortie du single Oblivion fin 2016 avait tout pour rassurer, restait à voir si le reste suivrait. Et dès les premières minutes, c’est évident : l’énergie est toujours là. Courant d’un côté à l’autre de la scène, grimpant sur les box de retour et appelant le public à réagir, le chanteur fait le show. Ce qui permet à l’ambiance de grimper en intensité et au public de vite rentrer dans le jeu : mosh pit, circle pit, et les premiers stage-divings de la soirée. Musicalement, certaines différences de qualité se font ressentir dans la setlist du groupe, sans doute ce mix d’anciens et de nouveaux morceaux qui devra être gommée avec le temps.



Reach The Shore présente ce soir son album Hikaya et nous avons eu la chance de pouvoir le diffuser une semaine avant la sortie officielle, c’est-à-dire ce soir. Le groupe avait fait le choix de prendre un énorme recul pour préparer cet album : absent des scènes depuis plusieurs mois, la sortie du single Safe en novembre 2016 nous avait clairement surpris. Exit le metalcore classique de Faith and Confidence, le Reach The Shore nouveau est un casse-tête chinois technique, où chaque fin de mesure est une opportunité pour le groupe de changer radicalement d’approche, de tempo, de sonorités ou même de style musical. Evidemment, le revers de la médaille d’une telle complexité c’est qu’à la manière d’un film de David Lynch, la musique de Reach The Shore demande à être découverte, apprivoisée. Et il faut avouer que l’avoir écouté cinq ou six fois ne suffit pas à comprendre Hikaya. Le public réagit néanmoins au quart de tour, et on se rend que soit certains ont eu l’opportunité de le découvrir depuis plusieurs semaines déjà, soit ils ont consacré toute cette semaine à l’écouter en boucle. Il est clair que devant une telle déferlante de changements de cap en tous genre, on est obligés de lâcher prise et accepter de se laisser balader par le groupe pendant une partie du set, ce qui est parfois difficile à gérer. Mais dans tous les cas, on ne peut qu’admirer la maîtrise technique des musiciens et le jusqu’au-boutisme dont ils ont fait preuve lors de la composition de cet album.



On avait pu découvrir Vestiges, l’album de Wolves Scream, morceau par morceau au cours des quelques derniers mois et en intégralement deux semaines avant cette release party. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont eux aussi sacrément évolué, tout en restant dans la même veine metalcore que sur leurs précédentes sorties. Dès le début de FRGMNTS qui ouvre Vestiges, le public est chaud, stagedive (dès le premier mot crié par le chanteur) et chante. Les membres du groupe semblent eux-même surpris par une telle réaction. L’ambiance monte et le public explose sur littéralement chaque morceau du set, aussi bien ceux qu’ont vient de découvrir (Giants) que ceux qu’on connaît depuis plusieurs mois (Crowns), que ce soit des morceaux directs et agressifs (Oathbreaker) que plus ambiances (Vestiges). Véritable tube de l’EP Hurricane, le binôme Brothers / Honest Heart reçoit un accueil à la mesure de sa qualité, preuve que le groupe était déjà capable du meilleur voici trois ans… il ne leur restait qu’à le sublimer et le diversifier tel que sur ce Vestiges qu’ils auront défendu avec une ferveur et une efficacité dignes des plus grands, s’offrant même un rappel parfaitement géré avec Vices, l’une des perles de Vestiges, et Hurricane, morceau incontournable entamant l’EP du même nom.



Ceux qui soutiennent les groupes locaux savent que le public est parfois injuste. L’attitude « Bras croisés à trois mètres de la scène » est régulièrement observée dans des concerts d’une ampleur moyenne de différentes scènes *core mais ce soir, tout le monde semble être venu dans l’idée que nos groupes locaux ont le potentiel pour devenir des groupes d’ampleur internationale et qu’il suffit d’un soutien du public pour leur donner des ailes. A côté de cela, tout s’est fait de manière très naturelle et la réaction du public était surprenante en tenant compte de ce qu’on voit d’habitude… mais parfaitement justifiée compte tenu du niveau démontré par les groupes vus ce soir.

Au risque de me répéter, la chance sourit aux audacieux.
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AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

► COMMENTAIRES

PASCALE HEYMANS - 21-03-2017, 00:41
Merci pour votre magasine, objectif! j'apprécie, qui n'hésite pas à continuer à croire en ces "petits groupes" qui seront bientôt grand....La relève est en marche en +++
Une fan incontestable de WS
ERIK - 21-03-2017, 06:35
Merci Pascale ! Les groupes "émergents" seront TOUJOURS notre priorité :)
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