Reportage

Bref, on a vu Weezer en 2017.

Bruxelles (Ancienne Belgique), le 18-10-2017

Jeudi 19 octobre 2017

Ce 18 octobre, l’Ancienne Belgique était envahie de nostalgiques des années 90. Il faut dire que sans complexe, la période la plus marquante du groupe est concentrée sur les deux premiers albums sortis en 1994 (le Blue Album) et 1996 (Pinkerton). D’un point de vue musical en tout cas, puisque commercialement il est difficile de ne pas évoquer le Green Album sorti en 2001 et sa ballade imparable et taillée pour la radio Island In The Sun. Par la suite, le groupe a toujours continué à sortir des albums à un rythme effréné, d’une qualité correcte, écoutable… en restant loin de l’impact qu’ont pu avoir les premiers disques.




Lorsque le public (dont la moitié a regardé jouer The Orwells en première partie alors que l’autre attendait patiemment au bar ou devant la salle) scande Weezer à l’approche de l’heure du début du concert, le groupe ne met que quelques minutes à débarquer sur scène. Rivers Cuomo prend possession du milieu de la scène avec son style si particulier : veston à carreaux tout droit issu des années 70, démarche incertaine, lunettes carrées enfoncées sur le nez. Le groupe entame aussitôt Mexican Fender, l’un des derniers singles du groupe. Le public est enthousiaste et danse gentiment en guise d’accueil - certains chantent les paroles en mode « j’ai lu tous vos livres », la plupart du public n’a soit jamais entendu ce morceau auparavant, soit ne l’a pas réellement imprimé. Car c’est à partir du deuxième morceau joué ce soir par les Californiens, Surf Wax America, que la sauce prend réellement. Oui, le public est venu voir le Weezer d’avant, celui qui a bercé sa jeunesse. Par chance, le groupe en est bien conscient en basant les setlists de cette tournée sur sa première époque : plus d’un quart des morceaux ce soir sont issus du Blue Album alors que plusieurs de leurs opus plus récents sont complètement boudés : Maladroit, Death To False Metal et même Everything Will Be Alright At The End sorti en 2014.




Alors que Pinkerton a failli causer la mort du groupe suite à son non-succès commercial à l’époque, le moindre morceau qu’il contient fait office de cadeau offert au public : en enchaînant avec The Good Life, le groupe libère la fosse qui saute frénétiquement et hurle le refrain comme un seul homme. Ce qui répond à mon interrogation pendant le trajet vers le concert de ce soir : quel est le fan typique de Weezer ? Je me souviens qu’au début des années 2000, un running-gag circulait, caricaturant le fan de Weezer en jeune fille obèse et mal dans sa peau. Ce soir, ce préjugé s’efface : le public de Weezer, aujourd'hui, est là pour faire la fête. Les bières passent au-dessus de ma tête, les gars et les filles chantent, rigolent, et ont un smile jusqu’au dessus des oreilles alors que les morceaux défilent. Même pendant cette longue plage où la setlist est focalisée sur une période plus récente, les gens participent amicalement. Car Rivers Cuomo fait figure du vrai gentil. Le type attachant que t’as pas envie de décevoir. L’incarnation même de l’anti rock-star qui semble être arrivé là complètement par hasard. Sa communication est minimale, quelques mots en français glissés ci et là en tentative de connexion avec le public qui n’en demandait pas tant. Il arpente la scène sur les parties instrumentales, joue avec les personnes présentes sur les balcons et sur les sièges à l’étage.

Evidemment, la fosse reprend de l’ampleur avec My Name Is Jonas qui est censé ouvrir une plage de plusieurs anciens morceaux. Et ô surprise, avant Hey Ya! (reprise de Outkast) qui arrive à ce moment du concert depuis le début de cette tournée européenne, le groupe nous annonce une « World Premiere » : puisque nous sommes un « poublic fanntastic » nous recevons Happy Hour, un nouveau morceau, qui figurera sur Pacific Daydream dont la sortie est prévue pour 9 jours plus tard.

Tel que remarqué et noté dès le début du concert, ce sont naturellement les grands classiques du groupe qui fonctionnent le mieux, avec en point d’orgue l’enchaînement Undone (The Sweater Song) - Hash Pipe. Musicalement, c’est absolument parfait. La voix de Rivers Cuomo est impeccable, tranquille et sans effort. La communion avec le public également. Avec son style et son non-charisme, Rivers Cuomo parvient à s’imposer comme maître de cérémonie et convainc même les plus critiques de leurs fans de la première heure. En atteste ce genre de posts qu’on peut croiser sur Facebook depuis hier soir :



Après les incontournables Buddy Holly et Island In The Sun, le groupe s’éclipse quelques instants, le temps de se gonfler l’ego à grands coups de « We want more ». Et en guise de seul et unique morceau de rappel, les Californiens nous assènent un majestueux Say It Ain’t So sur lequel les personnes présentes dans la fosse terminent la messe (pour reprendre les termes de mon camarade cité dans la capture d’écran ci-dessus) en s’époumonant comme si c’était la dernière fois qu’ils pourraient voir le groupe sur scène.

Au final, un set d’1h25 qui semblait forcément trop court tant il restait de morceaux à apprécier : l’intégralité de Pinkerton pour ne citer que lui (mais là je ne suis pas objectif).

Setlist :

Mexican Fender
Surf Wax America
The Good Life
California Kids
Perfect Situation
(If You’re Wondering If I Want To) I Want To
Pork and Beans
Thank God for Girls
Weekend Woman
My Name is Jonas
Happy Hour
Hey Ya!
Undone - The Sweater Song
Hash Pipe
Beverly Hills
Buddy Holly
Feels Like Summer
Island In The Sun

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AUTEUR : Erik
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Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
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