Reportage

Drenge : Le changement, c'est tentant !

Anvers (Trix), le 18-04-2019

Jeudi 25 avril 2019




Il y a tout juste une semaine, rendez-vous nous était donné par les frères Loveless et leur groupe Drenge
Drenge


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, de retour en Belgique au cœur d’un Trix Bar intimiste, pour un concert à la fois détonnant et empreint de sonorités plus pop révélatrices d’un virage savamment amorcé et d’une incroyable maturité. Après vous avoir conté leurs derniers faits d’arme donnés au Botanique (en 2013 et 2015), on s’attaque au Drenge
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2019 qui a donc délaissé sa frénésie grunge pour désormais s’orienter vers un stoner-rock enivré de nappes synthétiques et lumineuses.


Et de changement, il en est aussi question au sein du line-up puisque le trio devient quatuor avec l’arrivée d’un nouveau guitariste/claviériste donnant ainsi une bouffée d’air frais et une nouvelle palette sonore à disposition du combo. Il faut dire que chez Drenge, on augmente les effectifs au moindre album paru. Si bien que leur dernier né (« Strange Creatures ») repousse un peu plus les limites d’un horizon musical cantonné jusque-là à un bon vieux garage rock des familles. Quitte à faire grincer des dents au sein de sa fanbase, les Anglais vont assumer pleinement leur nouvelle approche musicale. Eoin Loveless, fringué et coiffé tel un DiCaprio sortant du tournage de Roméo + Juliette, et son frère Rory à la longue tignasse débarquent sur la petite scène du Trix, rapidement suivis par leurs deux acolytes dont le bassiste Rob Graham qui entame No Flesh Road, ballade électrique douce et lente à la basse hypnotique et tellement proéminente qu’on la ressent jusque dans la poitrine. On a affaire à un tout gros son et à un talent non démenti pour le groove sur The Woods qui résume à lui seul leur transformation déjà engagée sur leur ancien album (« Undertow ») paru en 2015. Intégrant un solo musclé malgré des harmonies simplistes, le groupe ne manque pas d’aplomb et sur scène ça transpire l’habileté. On ne croit pas si bien dire avec ce qui arrive ensuite : Bonfire Of The City Boys, brûlot post-punk illustré par un spoken-word scandé sur une ligne de basse rigide et cimenté par un mur de son massif aux détonations rythmiques, le tout sous de tamisées lumières rouges. Une sorte de relecture du Parklife de Blur qu’on aurait plongé dans les eaux punk des Sex Pistols
Sex Pistols
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. Une première claque monumentale prouvant les multiples facettes du quatuor ! Délaissant sa guitare, le leader Eoin se déhanche comme un beau diable, micro en main, et donne à son band le boost qu’il faut pour entamer la suite des hostilités emmenées par un ténébreux Autonomy serti de bidouillages électro, un Face Like a Skull séminal et un séduisant, délicieux et nocturne Never Awake.



La foule est restée relativement calme jusqu'à ce bien nommé This Dance qui fait parler la poudre avec un swing épineux où le nouveau guitariste au look douteux délaisse son engin transparent pour passer derrière les claviers donnant un rendu du plus bel effet. Eoin n’en finit pas d’alimenter le feu, se contorsionnant dans tous les sens et propageant son énergie à son public. Le très pop Teenage Love glisse naturellement dans l’atmosphère malgré quelques petits problèmes de justesse au niveau du chant que l’on pardonnera bien volontiers. Les riffs brutaux qui animent ensuite le trio orchestré par Backwaters, Running Wild et Bloodsports s'égouttent avec une intention sardonique et perverse, caractéristique de Queens of The Stone Age
Queens of The Stone Age


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, de quoi déchaîner les passions et embarquer la petite centaine de personnes présentes dans un tourbillon de riffs et d’accords tranchants. Le court mais intense People In Love Make Me Feel Yuck a tout du morceau addictif : bruyante explosion de colère adolescente enfermée dans des cymbales éclatantes et chargée en guitares nerveuses. On a une nouvelle fois droit à une énième expérimentation sonore avec When I Look Into Your Eyes aux chœurs préenregistrés tirant légèrement sur la corde Depeche Mode
Depeche Mode


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avant le planant Strange Creatures et Let’s Pretend, pavé abrupte tapissé de distorsions se terminant sous les stroboscopes. Le groupe s'éclipse alors sous des applaudissements nourris pour revenir entamer le langoureux Prom Night avant un final grandiose avec We Can Do What We Want qui verra l’ami Eoin descendre de scène, subtiliser le téléphone portable d’un spectateur afin de filmer son groupe et s’étaler enfin au beau milieu du public. Pas avare de taquineries, il tentera même de défaire quelques lacets à portée de main avant de remonter une dernière fois sur scène abandonnant chaussures et chaussettes sur un dernier accord.

Drenge
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a livré ce soir une performance tenace et dense, passant en revue ces trois albums au rock impitoyable et dévoilant ainsi une palette sonore des plus variées. Passant d’un rock d’une extrême nervosité à un penchant indie résolument coloré, il reste à ce jour l’un des groupes anglais les plus sous-estimés du circuit. Puissent ce nouvel album et ce récent chambardement les propulser sous le feu de projecteurs plus renommés qu’ils méritent tant…

Remerciements à Olga Taal (JOT Agency) !
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AUTEUR : Panda
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, pas...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...
Mordu de concerts depuis de nombreuses années, Panda aime écumer les salles, clubs et festivals de tout le pays. Bibliothécaire-documentaliste, passionné d'Histoire, de théâtre, de bande dessinée et de football, il est très (voire trop) éclectique dans ses goûts musicaux (metal/rock mais aussi pop, folk, new wave, electro). Il a rejoint l'équipe de SMA en février 2016 en tant que chroniqueur de concerts désireux de partager ses expériences live ! ...

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