Eye of Solitude l’avait déjà montré par le passé (déjà trois sorties en quatre années !), son style se caractérise à la base par cette lenteur, cette longueur qui sert autant la musique que le propos, entre folie et dépression. Sur cet enregistrement, le concept est poussé à son paroxysme avec cette plage unique de presque 50 minutes. Alors, pourquoi pas, si tant est que le résultat reste aussi accrocheur que peut l’être du Funeral Doom.
Mais justement, Dear Insanity requiert encore plus d’efforts que pouvait en demander Canto III. Bien plus ambient, bien plus atmosphérique, misant encore plus sur la contemplation, Eye of Solitude n’est plus allé piocher des éléments dans des registres Black ou Death. Un changement qui peut faire toute la différence pour certains. Eye of Solitude a cherché à tenir une certaine idée de concept avant tout, dénaturant peut-être une partie de son identité passée mais gagnant en expression émotionnelle.
Une très longue introduction à base de claviers et de cris glaçants, une lente succession de riffs mélancoliques, ce growl gras et caverneux,... Un ensemble manquant parfois de variation, mais où œuvrent par pur contraste quelques passages plus éclairés (dans tous les sens du terme), véritables accalmies salvatrices. Par la grâce du piano, par la clarté de quelques leads de guitares on se prendrait presque au jeu... avant de sombrer à nouveau dans une obscurité bien trop froide.
Courageux, Dear Insanity reste déconcertant en regard de ce que Eye of Solitude a su nous proposer par le passé. Si on salue la démarche et l’exercice, le résultat le rend cependant encore moins accessible que les travaux précédents du groupe. Une œuvre Doom extrême assez unique en son genre à réserver aux férus du genre ou aux amateurs de découverte !
Extreme Funeral Doom, concept, titre fleuve
Eye of Solitude