Chronique

SIGHTLESS PIT
Grave of a Dog

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Thrill Jockey Records

8 morceaux
Sorti le 21-02-2020


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Lundi 10 février 2020

Avec son fond sombre tout en nuances de gris et de noir, ce drapé épais en cuir recouvrant trois protubérances, et puis surtout avec ce logo aux lettres torturées et telles des branchages noueux en brindilles, ce premier album de Sightless Pit pourrait sans problème officier dans black metal. Et pourtant… il n’en n’est rien. Une piste brouillée, d’entrée de jeu. Derrière ce projet musical trônent trois musicien·nes : Lee Buford (The Body
The Body


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), Kristin Hayter (Lingua Ignota
Lingua Ignota


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) et Dylan Walker (Full of Hell
Full of Hell


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). Autant d’esprits hors des chemins balisés qui prennent un plaisir malin à torturer les sonorités dans chacune de leur formation respective. Vous le sentez venir le côté atypique et terriblement grinçant de cette rencontre artistique ?

Si vous n’êtes pas prêt.es à laisser tomber vos stéréotypes, vos préjugés ou vos idées préconçues quant aux façons dont doivent sonner des morceaux, alors laissez tomber. Maintenant. Car Grave of a Dog, ce sont huit titres roulés dans la suie, pétris dans le malsain et où chacun des trois esprits sévèrement agités est venu y insuffler une partie de sa vision dérangée du monde : l’extrême mélancolie baroque de Kristin Hayter, la haine froide ravagée de Dylan Walker et les beats et distros mortuaires et lancinantes de Lee Buford. Enregistrés en 2017 et 2019 au studio Machines with Magnets par Seth Manchester, ces compositions vous font goûter l’amer goût du spleen, voire même vous mettre mal à l’aise, vous bousculer, vous grignoter une partie de vous-même qui ne demandait pourtant qu’à rester tranquille. On dépasse l’écoute, on pénètre dans l’expérience.

C’est par la voix hypnotique et fragile de Kristin Hayter que s’ouvre, avec Kingscorpse, cet album envoûtant. Très vite, elle se voit accompagnée des vomissements de Dylan Walker, créant un premier contraste. Et puis Lee Buford vient y apposer en trame de fond ses beats saturés, cette ambiance mécanique plombante, ce cœur artificiel usé par les stigmates du temps. Les contrastes se mulitiplient. Une poignée de minutes plus tard, vous devenez spectateur et spectatrice d’un funeste rituel qu’on pourrait croire chamanique sur The Ocean of Mercy. Puis une violente sortie de route avec Drunk on Marrow, où le temps se voit dilaté, au rythme d’un battement de cœur dans les tempes qui s’estompe puis qui repart à coups de cris gorgés de haine. Et puis… après vous avoir malmené dans chacune des circonvolutions de votre cerveau, le trio vous laisse doucement repartir sur une pente glissante, d’une tristesse irrémédiablement contagieuse. Vous avez voyagé. Pour un mieux ? Pour un pire ? Peu importe la destination : seul le mouvement était important. Chaque pas était plongé dans l’inconnu.
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AUTEUR : Sekhorium
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près ...
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouve...
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouverez certainement dans la fosse, voire face aux barrières quand le show s'avèrera intense. Plus qu'un style musica...
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouverez certainement dans la fosse, voire face aux barrières quand le show s'avèrera intense. Plus qu'un style musical, le Metal est devenu est philosophie de vie....
Chargé de communication dans le secteur culturel et journaliste à ses heures perdues, Pierre explore les méandres du Metal depuis maintenant près de 20 ans. Privilégiant les sensations au détriment de la raison, il recherche sans arrêt de nouvelles formations qui viendront titiller les cinq sens. Si vous le croisez en concert, vous le trouverez certainement dans la fosse, voire face aux barrières quand le show s'avèrera intense. Plus qu'un style musical, le Metal est devenu est philosophie de vie....

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