KISS THE GOAT fait partie de ces formations protéiformes qui combinent des influences multiples pour autant qu’elles pèsent.
Dès lors, les étiquettes Stoner, Doom, Post-Quelquechose et Sludge sont généralement de sortie. Comme (trop) souvent me direz-vous ? Bah oui, sauf qu’ici, le trio de chèvres à embrasser réussit à délivrer 5 compositions à l’univers bien pris.
Créer une ambiance poisseuse n’est pas un vain mot avec KISS THE GOAT. La formation préfère un jeu lourd et imposant où la saturation laisse s’exprimer cette basse ronflante. Les Liégeois ne nous font pas décoller… ils nous enterrent.
Monolithique et quelque peu monocorde, cette répétition contribue plus à dégager cette impression de désolation qu’à user le disque.
Le chant est fortement inspiré des années 90. J’avoue qu’il m’a fait penser très clairement à un autre chant mais ma mémoire vieillissante et encombrée n’arrive pas à se décaler. En retrait, éructé mais cassé, ce chant participe pleinement à cette ambiance sans espoir.
Sur la plage titulaire, KISS THE GOAT se permet un petit rappel vocal à un format plus Hard Core sans dénaturer la direction choisie en 2020.
Une direction qui semble d’ailleurs mûre quand on écoute Insalubrious. Mélangeant les codes tout en restant dans la convention, original mais avec des repères clairs, cet EP suscite de l’effet et retient l’attention. Et si KISS THE GOAT parvient à retranscrire l’atmosphère qui s’en dégage sur scène, l’avenir de la formation liégeoise sera très prometteur.
Kiss the Goat