Chronique

ISIS
Panopticon

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Hydra Head



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Mercredi 17 novembre 2004

Dire qu’Isis était attendu au tournant avec ce nouvel album tient de l’euphémisme, tant leur précédent album Oceanic à eu l’effet d’un séisme dans le petit monde du hardcore « lourd ». Alternance de mélodies lancinantes et de riffs lourdissimes, le tout servi par une production riche et ample ; Oceanic s’est rapidement imposé comme une référence du genre.

Aux premières écoutes, on a du mal à voir en Panopticon* un album à la hauteur de son prédécesseur ;exit les hurlements éraillées d’Aaron Turner et les riffs pachydermiques, ici tout est plus aéré, les mélodies passent au premier plan. C’est d’ailleurs cette orientation franchement plus mélodique qui surprend le plus au premier abord, les morceaux font souvent la part belle aux longues montées instrumentales qui explosent en riffs puissants mais riches, le tout parsemé de rares interventions de chant, beaucoup moins hurlé que par le passé. Le style se démarque de plus en plus du créneau « à la Neurosis » pour flirter allègrement avec le post-rock, les structures en dents de scie de certains morceaux évoquant parfois une approche proche de celle de groupes comme Mogwaï, Mono et consorts. Mais là où ces derniers stagnent parfois dans la logique un peu facile de la lente montée en tension débouchant sur un final bruyant sans forcément chercher à aller plus loin, Isis parvient à inclure des passages plus complexes et des morceaux aux structures alambiquées (« In fiction » par exemple, avec son riff de basse entêtant) tout en gardant l’intensité de ces longues montées en puissance.

La production très claire (presque trop, comparée au son très gras d’Oceanic) sert à merveille la volonté mélodique du disque : les guitares sont limpides, la batterie est claire et la basse passe d’un effet à l’autre, posant une pierre de plus à l’édifice planant construit tout au long de l’album. La voix en retrait se fait bien moins hargneuse que par le passé, les mélodies restent toutefois assez sombres, peu éloignées d’ailleurs de celles de Neurosis sur leurs albums les plus récents.

Avec ce nouvel album, Isis confirme son statut de poids lourd de la scène « post-hardcore », en peaufinant encore un peu plus leur personnalité en marge des clichés du genre.

*le panopticon est un concept imaginé par Jeremy Benham en 1787, il s’agit d’une prison construite selon un modèle architectural précis : une tour (ou se trouve le gardien) encerclée par les bâtiments contenant les cellules ; les gardiens pouvant ainsi surveiller (grâce à des mécanismes complexes incluant des miroirs, entre autres) partout sans être vus. Les prisonniers se sachant potentiellement épiés continuellement seraient alors enclins à s’auto-discipliner, puisque privés de toute intimité.
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