Fort heureusement, ISIS ne sombre plus dans l’anorexie sonore et Wavering Radiant est une nouvelle pierre à l’édifice. Résolument plus rock dans le son, ISIS a su garder de longues plages imprégnantes et hypnotisantes, mais en s’écartant des montagnes russes propres au post-rock. Wavering Radiant sans vraiment être dur, offre un ISIS plus compact.
Ce cinquième album voit aussi le retour en avant du chant caverneux d’Aaron Turner. Si la mélancolie et les mélodies trouvent encore une place certaine dans l’univers sonore d’ISIS, le groupe amène aussi sa touche plus psychédélique dans le jeu des guitares.
Paradoxalement, alors que le son propose une certaine linéarité, la structure des compositions est beaucoup plus dynamique. ISIS donne l’impression de moins s’éparpiller sans pour autant avoir concédé du terrain à la richesse et aux variations. Comme à chaque album, la complémentarité des musiciens et l’approche musicale du groupe sont remarquables. Chaque instrument trouve une place particulière et beaucoup plus importante que celle qu’on lui accorde généralement. C’est très marquant en ce qui concerne le jeu de la batterie et de la basse et l’interactivité entre ces deux dernières.
Wavering Radiant me fait penser à l’album Lateralus de TOOL par son côté rock avec un groupe qui est bien plus. Mais si Lateralus ne m’avait pas convaincu à l’époque, Wavering Radiant de ISIS est par contre l’illustration de ce qu’il fallait faire.

Isis