Petit retour en arrière et présentation de CELESTE pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore ce groupe. Issus des cendres, maintenant bien froides, de groupe lyonnais divers dont notamment les vénérés MIHAI EDRISCH. Groupe phare de la scène screamo française de l'époque précédente. Cependant CELESTE s'écarte très certainement du sentier screamo pour s'engager dans la voie sombre et saturée du metal post-hardcore. Certes le créneau est porteur actuellement tant les masses le suivent, mais certains groupes comme CELESTE s'obstinent avec ardeur dans les salles obscures à vous buriner les oreilles avec un son puissant qui suinte d'une noirceur à peine éclairée de quelques coups de stroboscopes. Avec ça le chanteur nous crache avec rage et dégoût sa poésie fielleuse et misanthrope. La douleur se fait sentir, les oreilles en pleur du sang et votre esprit, si tant il existe, vous exhorte à la pitié. Mais au fond du puis, au bout du tunnel... la lumière n'existe plus. Et dès lors CELESTE s'écoute et se vit comme un voyage purgatoire ou la catharsis de ses frustrations journalières. C'est physique, c'est brute, direct et efficace. Une vrais réussite une fois de plus.
Niveau des comparaisons, CELESTE se cale donc dans le registre « metal post-hardcore ». Ou croirait écouter un groupe du grand nord européen. Double pédale à donf, basse saturée et lourde à en crever un tympan, et une guitare qui se vit comme le négatif du blanc. Un peu comme si BREACH effectuait une conflagration avec SHORA, ISIS vieille école et COALESCE. Je l'ai déjà dit, il n'y a pas de grande évolution dans le jeux et le style de CELESTE, mais on s'en fiche, c'est bon et ça nous plaît. Cependant, on ressent quand même chez les français descendre de plus en plus bas vers des tonalités noires et black metal. S'éloignant, à dessein peut-être, du post-hardcore pour plomber encore plus l'atmosphère. Est-ce dès lors à rapprocher de groupes comme WOLVES IN THE THRONE ROOM, il ne reste qu'un pas à franchir. A vous de juger... En tout cas on est très loin des montées en crescendo suivies d'explosions typiques des genres en post-quelque chose. CELESTE est dans la tension permanente. Pas de chute, pas de repos, juste le temps de retourner votre vinyle pour reprendre haleine et c'est reparti jusqu'à la fin pour une descente sans espoir.
Niveau artwork, encore une fois on est bien servis. Certes beaucoup mieux que « Pessimiste(s) » et beaucoup plus proche de « Nihiliste(s) » graphiquement. Tout reste dans les tons noirs, tant pour la version CD que vinyle. Mon coeur battant évidemment plus pour la version 2xLP. Somptueux gatefold sur papier brillant. Insert de qualité et vinyles à faire baver un collectionneur. Qualité 180gr et différentes couleurs disponibles, mais mon choix s'est porté sur la version noire avec une sérigraphie pour la face D. La version CD profite également de différentes couleurs de cartons, sachant que c'est un gatefold cardboard.
Envie de l'essayer? Rien de plus simple, un petit surf sur cette page-ci : http://www.denovali.com/celeste/ et vous pourrez l'écouter et/ou le télécharger gratuitement ou contre un don pour le groupe. Bonne attitude...

Celeste
Breach
Isis