Contrairement à bien d’autres formations apparentées au black metal qui a l’opposé du genre épousé chercher la lumière des projecteurs, Celestepréfère ne s’afficher que par parcimonie, ne s’exprimant que lorsqu’ils ont du contenu pertinent à nous partager. Au plus ils avancent dans leur carrière, au plus ils prennent du temps pour sortir un nouvel long effort. Pour le coup, cinq années séparent Assassine(s) (2022), leur sixième album, d’Infidèle(s) (2017).
Qu’ils le veuillent ou non, les membres de Celeste devraient être mis dans la lumière comme cela n’a encore jamais été le cas jusqu’alors puisqu’Assassine(s) a pour label Nuclear Blast, une grande première. Pour l’occasion, les français ont été ambitieux en optant pour un triptyque de trois singles précédents la sortie officielle accompagnés de clips réalisés par Grégoire Orio.
Après la mise en bouche Des Torrents de Coups qui entend indiqué l’orientation empruntée avec ce sixième opus, De tes Yeux bleus perlés accélère le pas avant l’explosion Le Cœur Noir Charbon, la véritable perle de l’œuvre ; on regrettera qu’aucun autre titre n’atteigne cette excellence. La présence d’Emily Marks qui officie comme second voix apporte une vague de douceur venant briser la monotonie mélancolique du chant principal.
Comme ses prédécesseurs, le mélange des genres d’Assassine(s) peut dérouter. Pour le coup, on soulignera une tendance prédominante des éléments de black, doom mais aussi atmosphériques. Les variantes sludge et post-hardcore restent en vue, mais sont moins traditionnelles que par le passé, davantage en conformité avec les œuvres actuelles de leurs pairs.
La production a été confiée à Chris Edrich, qui a notamment consacré son talent à The Ocean, Leprous ou encore Gojira. Sa patte peut s’entendre entre autres avec des rythmiques math ou des éléments de djent en filigrane, ainsi que probablement au niveau du processus d’écriture tendant à davantage de clarté qu’auparavant.
Au fil du temps, Celeste espace de plus en plus ses œuvres et change de moins en moins les éléments de sa musique, même si la formation reste loin du schéma artistique habituel suivi par la majorité des groupes. Finalement, on retiendra d’Assassine(s) qu’il n’est pas conventionnel dans le paysage musical actuel, mais qu’il l’est -un peu- pour un album de Celeste.
Celeste - Assassine(s) - Chronique - Nuclear Blast

Celeste
The Ocean
Leprous