Votre site internet préféré (SMA bien sûr, faut-il même le rappeler!?!) regorge de fans de The Dillinger Escape Plan. Mais la chronique d'Option Paralysis se faisant attendre (l'album est sorti il y a huit semaines déjà), il était temps de corriger le tir...
D'autant que ce quatrième album (si on excepte les mini-albums) de ces fous furieux du New Jersey vaut largement le détour.
The Dillinger Escape Plan n'a jamais fait dans la dentelle. Ce n'est pas nouveau. Le groupe n'a jamais, non plus, fait preuve d'une stabilité à toute épreuve puisque son line-up a régulièrement varié depuis la création du groupe en 1997.
Cette fois, c'est Gil Sharone qui a laissé son tambouret de batteur à l'inconnu Billy Rymer. Et quand on sait la place importante qu'occupe la batterie dans la musique de The Dillinger Escape Plan, on est en droit de se poser quelques questions sur le successeur du très acclamé Ire Works, sorti il y a deux ans et demi déjà...
Mais la lenteur avec laquelle le groupe sort ses nouvelles livrées n'a rien de comparable avec la vitesse et la qualité de sa musique. The Dillinger Escape Plan est un groupe à part qui parvient à mêler la musique extrême aux mélodies alambiquées. A tel point que certains constructeurs de niches n'hésitent d'ailleurs pas à crier au génie et à affubler le groupe de l'étiquette de "fondateur du mathcore".
Que les fans les plus assidus se rassurent, l'arrivée du nouveau batteur n'a en rien altéré la puissance sonore de The Dillinger Escape Plan. Option Paralysis est un véritable déluge sonore à l'image de "Farewell, Mona Lisa", titre d'ouverture d'un album qui déboule à la vitesse de l'éclair.
Alors oui, si on s'arrête aux premières notes de ce titre, on se dit que l'apocalypse est proche mais, à y écouter d'un peu plus près, on se rend compte de la complexité des morceaux et on apprécie d'autant plus les hurlements à la mort de Greg Puciato.
Le chanteur et frontman du groupe apparaît au sommet de son art sur "Gold Teeth On A Burn", appelé à rapidement devenir un classique du groupe sur scène.
Mais au moment où on sent poindre la fin du monde, The Dillinger Escape Plan parvient toujours à nous surprendre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le groupe a fait appel à Mike Garson pour poser ci et là quelques notes de piano salvatrices. Vous ne connaissez pas Mike Garson? Et bien pour éclairer votre lanterne, ce bon Mike a posé ses doigts sur les touches des pianos de Nine Inch Nails, Smashing Pumpkins ou David Bowie. Excusez du peu...
"I Wouldn't If You Didn't" stigmatise à la perfection l'univers complexe dans lequel évolue The Dillinger Escape Plan puisque ce titre dévoile une rare violence et se fait, par moments, aussi léger qu'une plume en apesanteur.
C'est cette dualité entre douceur et violence qui fait la force de frappe du groupe. "Widower" est, à ce titre, une pure merveille musicale. On s'y surprend à écouter la voix ensorcellante de Greg Puciato avant d'encaisser en pleine tronche la collision des sons distortionnés des guitares de Bein Weinman.
The Dillinger Escape Plan expérimente toutes les facettes de la musique. Que ce soit celles du jazz avec la subtilité du piano ou celles du néo-metal expérimental façon Nine Inch Nails sur "Parasitic Twins".
Option Paralysis n'est pas à la portée de tous et il faudra plusieurs écoutes à l'auditeur pour pouvoir le dompter et l'apprécier. Car la musique de The Dillinger Escape Plan est si diversifiée, si complexe et si riche que l'ignorer après une seule écoute serait un crime de lèse-majesté...
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