Mais les 2 groupes ont malgré tout leur propre personnalité et leur propre son. Bien sûr, 4 ans entre le dernier Issue Sixteen et ce premier album de La Querelle, ça laisse passer de l’eau sous les ponts. Mais surtout, ça fait mûrir et c’est cette maturité qui se ressent le plus dans la musique de La Querelle. Si Issue Sixteen avait un côté plutôt punk-rock juvénile par moments, La Querelle se cale allègrement dans un rock indie nostalgique teinté de fragilités emo et d’ambiances post-rock. La longueur des morceaux s’apparente aussi au post-rock puisque chacun des 6 morceaux de cet album dépasse les 6 minutes ; au total 50 minutes de plaisir.
Si l’on apprécie facilement cet album dès sa première écoute grâce à un son clair et typiquement post-rock rappelant Mogwai ou Explosions In The Sky, ce n’est qu’après plusieurs écoutes qu’on commence à réellement aimer ce « Welcome To My Battleship ». Même si je cite à plusieurs reprises le son post-rock c’est réellement un album emo qu’ils nous servent ici, par leur approche personnelle de la musique. Par la voix chancelante de Mathieu Lachapelle également, pleine de vibratos incertains qui peuvent rappeler les vieux Bright Eyes. Le mélange de sa voix avec celle de Jonathan Cadotte fait toujours mouche même si c’est la fragilité de la voix du premier qui se retrouve le plus en avant sur cet opus. A l’écoute de cet album on s’y sent intégré, comme faisant partie du groupe tant la musique et le chant sont sincères et intimes.
Tout comme le thème principal de l’album, les paroles des morceaux écrites par Mathieu et sa compagne sont autobiographiques et témoignent du mal-être et de la frustration laissés par la fin d’un groupe dans ce cas plutôt ingrate comparativement à l’énergie que ses membres lui ont consacré. Ce groupe et cet album sont l’expression de ces regrets.
L’album s’achève par le grand final « Montréal, Montréal », tirade post-rock par excellence qui nous berce gentiment avant de nous laisser dans le flou total en l’espace de 14 minutes.
Encore une fois, le sentiment qui perdure après l’écoute de cet album est sans conteste une douce nostalgie, celle de ces instants précieux et insouciants qu’on cherche parfois à retrouver malgré les évènements qui font évoluer une vie.


Mogwai
Explosions in the Sky