Chronique

THE GREAT OLD ONES
Al Azif

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Les Acteurs de l'Ombre / Twilight Vertrieb / Season of Mist



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Mardi 17 avril 2012

Pour peu que vous connaissez un minimum l'oeuvre de H.P. Lovecraft, il ne vous faudra que quelques instants pour saisir que THE GREAT OLD ONES (Les Grands Anciens, ndr) s'inspire ouvertement de l'univers démoniaque de l'Américain. Al Azif, le nom de ce premier album des Bordelais qui comptent dans leurs rangs Jeff Grimal (artiste multi-facettes qui manie aussi bien le dessin que la musique), n'est autre que le nom de l'auteur du célèbre et controversé Necronomicon. Mais c'est à Benjamin Guerry (DAY OF THE FISHERMAN) que l'on doit le projet initié par ses soins en 2009.

Un léger coup d'oeil sur les 6 titres qui composent l'album avant de passer à l'écoute, confirme cet intérêt omniprésent pour Cthluhu et ses acolytes : Cthulhu Fhtagn, Visions Of R'Lyeh et bien évidemment Al Azif.

L'univers de Lovecraft se prête plutôt bien au style. L'auteur, connu pour ses récits mêlant horreur et science-fiction au début des années 1900, a su créer un mythe et une démonologie très particulière, avec lesquels il a jeté beaucoup de noirceur dans ses récits.

THE GREAT OLD ONES s'inspire de cette noirceur et de cette angoisse que l'on retrouve dans les nouvelles de Lovecraft pour enfanter de sa musique. Derrière un univers effrayant déjà existant, le groupe originaire de Bordeaux prend ainsi ses distances avec le traditionnel propos sur le Christianisme et le religieux dans le Black Métal. Reprenant à son compte l'idée d'un Cosmos qui n'est pas anthropocentrique comme l'être humain et les religions aiment le croire et le faire croire, c'est un Black Métal que l'on pourrait qualifier de laïque que THE GREAT OLD ONES a mis en évidence.

Ce premier album a été enregistré et mixé par le local, Cyrille Gachet à qui on doit déjà un travail sur les ambiances sombres et poisseuses de YEAR OF NO LIGHT. Le Mastering a été assuré par Alan Douches que l'on ne présente plus particulièrement dans les musiques pesantes et frontales. Cette association tantôt à Alan Douches et tantôt à la scène bordelaise composée de YEAR OF NO LIGHT et Cyrille Gachet explique très probablement aussi pourquoi THE GREAT OLD ONES décline son Black Métal de passages plus aériens et d'ambiances particulièrement travaillées. Au point que My Love For The Stars (Cthulhu Fhtagn) emprunte des chemins forts similaires au Post-Rock pour déposer son climax avant un déluge et une accélération que WOLVES IN THE THRONE ROOM a « popularisé » dans le genre du Black Métal Atmosphérique. Nourri à plusieurs sauces, l'équipe de Benjamin Guerry est aussi allé chercher dans ses racines Post-Hard-Core (intro de Al Azif, Rue D'Auseil, The Truth) comme lorsque le groupe joue de rythmes bien inspirées de NEUROSIS. Ce qui rapproche THE GREAT OLD ONES tout autant de WOLVES IN THE THRONE ROOM que de ALTAR OF PLAGUES.

Cet ajout d'influences Post-Hard-Core, et plus surprenantes Post-Rock, casse la froideur habituelle du genre. Si la désolation et la destruction sont également au rendez-vous aussi bien dans l'oeuvre de Lovecraft que dans la musique de THE GREAT OLD ONES, cette part d'inquiétude, d'angoisse et de mélancolie ouvre de nouvelles dimensions au disque.

Riche d'idées et de conceptions, Al Azif élargit donc l'horizon du Black Métal Atmosphérique et ce même si THE GREAT OLD ONES traîne encore un peu ses influences. L'oeuvre de Lovecraft est remplie de sources d'inspiration. Aux Bordelais à pour la suite réussir le pari de renouveler, de nuancer et de se nourrir des bons morceaux afin d'éviter la redondances et d'être tout aussi créatif pour nous emmener encore plus loin dans ce panthéon tentaculaire.
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