Les chiffres sont l'éloquence de ce renouvellement. 7 titres pour 35 minutes. L'enchaînement The Withching Hour et Medusa Howls With Wolves qui débutent ce troisième album, prend une orientation, comme au commencement du groupe, bien plus frontale. GENERAL LEE nous plonge dans une nouvelle ère d'atmosphères plus brutales et concises.
C'est la concision justement qui caractérisera le nouveau GENERAL LEE. Même lorsque ce dernier se permet encore des envolées et des constructions plus aériennes (Alone With Everybody, LVCRFT), il tient à ce que ses compositions entrent dans le vif du sujet rapidement. GENERAL LEE revient sur des titres plus intenses.
L'artwork, le titre de cet album et le tracklisting laissent entrevoir la conceptualisation à nouveau du disque. Puisant cette fois dans la mythologie mais toujours en se référant au passé antique, GENERAL LEE redonne un fil conducteur aux 7 titres de Raiders Of The Evil Eye.
Overwhelming Truth, seul vrai rescapé du jeu progressif où l'accalmie laisse progressivement monter l'explosion, tout en profondeur délicate, reste quelque peu inachevé et sur Raiders Of The Evil Eye, il prend des allures d'interlude instrumental comme pour donner un peu de souffle au déluge de fracas qui l'entoure. Son inachèvement laisse sans doute entrouverte une voie qui ne sera pas complètement abandonné dans le futur.
Face à cette agressivité, GENERAL LEE a également trouvé une alternative pour construire ses ambiances. Plutôt que de jouer une énième fois l'héritage du Post-Rock, il choisit des choeurs bien présents (The End Of Bravery, Running With Sharp Scissors) pour construire sa dimension épique. Une orientation qui lui permet là encore de conserver cette densité.
GENERAL LEE a pris un risque. Celui de se renouveler. Passé maître dans le savoir faire de compositions à la CULT OF LUNA, qui ont besoin de temps pour construire leur Post-Hard-Core, il a décidé d'un retour plus brut. La maturité des français permet au disque d'éviter les travers d'une simplicité juvénile et de fait, Raiders Of The Evil Eye possède derrière cette vitalité apparente, une richesse de construction que l'on impute pourtant à des titres crescendo. Difficile de dire si c'est mu par l'évolution que GENERAL LEE en est arrivé à pondre des titres ravageurs ou si c'est l'inverse, le besoin de revenir à une sauvagerie plus primale qui a motivé le changement. Toujours est-il que cette mutation apporte un nouveau souffle à la carrière du groupe qui signe un nouvel album bien réussi.
post hardcore

Cult of Luna
General Lee