Ceux qui ont aimé la progression et l’évolution des Français sur le précédent disque ne seront pas déçus par ce deuxième album d’une durée de 60 minutes, pour 9 titres. GENERAL LEE ne renouvelle pas le genre aujourd’hui académique, mais l’affinement du groupe est une fois encore évident.
Il y a d’abord un énorme travail sur le son. Plus gros, on entend de suite que le groupe a énormément réfléchi sur la manière de faire sonner ses instruments. Tout y est distinct pour une pureté raffinée et impressionnante. De quoi plonger l’auditeur au plus profond des ambiances construites progressivement. Face à cette clareté (lumière ?), les moments lourds et rageurs développent une rugosité particulièrement décapante.
Ensuite vient la construction des ambiances, plus aboutie et sophistiquée. GENERAL LEE se fait plus subtil dans ses émotions pourtant déjà viscérales. C’est avec un souci du détail plus acéré que le groupe de Béthune va superposer ses effets. Moins nébuleux, GENERAL LEE joue sur la finesse et l’album dévoile progressivement ses subtilités.
Par conséquent, Roads s’oriente plus vers une mélancolie tempérée qui éclipse une part d’ombre au style. Le chant, par ailleurs en progression, se permet plus de variations dans ses beuglements. Il se permettra avec succès des incusrions dans la mélodie, avec fragilité et tendresse.
À défaut de vraiment nous surprendre au niveau du style, GENERAL LEE nous emporte par son évolution technique et sa nouvelle maturité. Ces nouvelles maîtrises tirent le groupe vers le haut. Roads est incontestablement le meilleur album du groupe à ce jour.

General Lee
Cult of Luna