- CHRONIQUE - MUSIQUE -
CONVERGE
All We Love We Leave Behind
Label :
Epitaph
14 titres / 38 minutes
Tags : chaotic hardcore boston
Date de sortie : 09-10-2012
Clap. Dixième album en 22 ans d'existence pour Converge. A l'époque où la durée de vie moyenne d'un groupe hardcore ne doit pas dépasser les 5 ans, on est en droit de se demander : qu'est-ce que des vieux croulants comme Converge peuvent encore apporter à la musique ? Est-ce que le meilleur est derrière eux, et qu'on ne pourra plus apprécier ce groupe que par nostalgie, à l'instar d'un Slayer dont les fans, en concert, réclament toujours à corps et à cris des titres écrits il y a plus de 20 ans ?
On en est loin. A chaque nouvel album, Converge se réinvente, puise des éléments dans tout ce qui se fait de mieux autour de lui. Et les adapte de la manière la plus extrême, consistante, mais pas toujours la plus violente. J'espère que vous saisissez la nuance.
Aimless Arrow, qui ouvre l'album, montre d'emblée un Converge mature, puissant mais pas dans la démonstration. La voix de Jacob Bannon en est presque fragile, vulnérable. Si la musique est toujours à classer dans le côté chaotique, mélodiquement on ressent certaines influences screamo. Cela ne dure guère plus longtemps que les deux minutes vingt-trois secondes du morceau puisque dès Trespasses c'est un Converge plus abrasif qui montre son visage. Plus sombre et plus punk à la fois, le groupe semble avoir réussi à sublimer toutes les cordes de son arc et à maîtriser parfaitement chaque aspect de leur musique.
C'est aussi la force de cet album qui, en 45 minutes d'une musique agressive et parfois indigeste, parvient à ne pas lasser. La guitare urgente et affolante de Sadness Comes Home montre une nouvelle fois que Converge ose mettre les pieds sur un terrain qui lui est peu familier. Mais en fin de compte, après autant d'années de bourlinguage et leur nombre considérable de side-projects, reste-t-il un aspect du punk hardcore qui n'est pas familier au groupe ?
Difficile de dire si cet album de Converge est vraiment leur meilleur, comme certains l'affirmaient déjà haut et fort après deux écoutes. On manque encore un peu de recul pour ça. Mais en tout cas il est plutôt bon signe de pouvoir en parler sans avoir recours à des allusions systématiques à d'anciens albums qui ont fait leur renom.
31-10-2012