A ma gauche, le coeur le plus froid de Californie, musicienne protéiforme de Néofolk au Metal en passant par l'électronique, l'âme torturée, CHELSEA WOLFE.
Le match s'annonce physique, de brûlant à glacial. Pourtant le combat est connu puisqu'il a déjà eu lieu. Lors d'un premier round entre NEUROSIS et JARBOE d'abord. Ensuite avec un second round entre EMMA RUTH RUNDLE et THOU. Enfin lors d'un troisième round au Roadburn, essence de cette collaboration quand CONVERGE a invité CHELSEA WOLFE, STEVE VON TILL et Stephen Brodsy de CAVE IN et ex-CONVERGE a partagé la scène pour reprendre certains morceaux en 2016.
Du coup, l'association d'idées, prometteuses, loupe son effet de surprise. On se partage entre un terrain balisé et l'espoir d'une claque surprenante et monumentale.
Et forcément, à l'écoute de Bloodmoon I, on est mitigé.e. D'abord parce que c'est le genre de collaboration et d'artistes qui propulsent les attentes vers le haut. Ensuite parce que le résultat déroute de la part d'un CONVERGE qui semble contenir ses coups et subjugue par une finesse inattendue.
Tout n'est pas parfait ensuite. CONVERGE ralentit le rythme et est par conséquent obligé de s'ouvrir à de nouvelles voies. Si certaines passent comme crème, d'autres sont trop éloignées de l'esprit de base (Coil).
Les voix de Jacob Bannon et de CHELSEA WOLFE se répondent de manière dynamique et le chanteur de CONVERGE dévoile des capacités surprenantes Mais il ne faut pas minimiser la participation de Stephen Brodsky. Tantôt CONVERGE met le feu aux poudres et embarque CHELSEA WOLFE dans ses excès. Tantôt CHELSEA WOLFE entraine les turbulents du Metal-Core à limiter la casse. Stephen Brodsky de son côté se sent l'inspiration d'un Layne Staley (ALICE IN CHAINS) qu'il ressuscite sur Flower Moon.
Avec cette collaboration, CONVERGE apprend également de CHELSEA WOLFE l'art du travestissement et de la mutation. On passe de Doom initiatique à rage poisseuse et inversement quand ce n'est pas un Rock langoureuse de téléfilm (Scorpion's Sting). Les structures complexes de l'hydre pensante Bannon – Ballou sont redressées pour mieux laisser s'exprimer cette dualité et offrir plus de place aux détails.
Bloodmoon I est un album hors catégorie dans la discographie de CONVERGE. Mais qui pourrait, si on en croit la numérotation avoir une suite et continuer à nous surprendre. Un album qui déroute, bien évidemment mais qu'il n'est pas nécessaire de bouder. On se laisse prendre au jeu d'un disque qui en dévoile plus d'écoute en écoute pour finir conquis.e.

Converge



