Chronique

SLEEPING WITH SIRENS
Feel

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Rise Records

12 titres - 43 minutes
Sorti le 04-06-2013


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Samedi 22 juin 2013

La groupe de Kellin Quinn est de retour pour un troisième album, toujours sur Rise Records depuis la sortie de leur premier opus, With Ears To See And Eyes To Hear, en 2010. Si cet album les a présentés au grand public alors que le groupe n'existait que depuis un an, c’est véritablement leur plaque suivante, Let’s Cheer To This, qui les a propulsés sur le devant de la scène. Une scène emo-pop mélodique toujours avide de groupes capables d’allier musique directe et accessible et image sexy, teintée de gentille rébellion pour grands adolescents et jeunes adultes.

Car sans que ce soit péjoratif ou réducteur, Sleeping With Sirens s’adresse sans complexe à un public assez jeune. Sur ce Feel, comme sur les albums précédents, les paroles n’ont pas la prétention de vouloir réinventer le monde ou soulever de profondes observations sociales ou politiques. Sleeping With Sirens aborde des émotions souvent primaires, que ce soit dans la joie (And I feel - I feel so alive again - Yeah, I feel - I feel so alive again – Yeah) ou la peur et la tristesse (I don't want to be alone - I don't want to die alone - I could fall apart here and now - I don't want to die alone).

Musicalement, il faut savoir où l’on met les pieds. Dans cette famille musicale où tout semble calculé et millimétré, on ne laisse pas beaucoup de place à la surprise : son très propre voire aseptisé, effets enjôleurs plutôt sucrés sans encore parler de la voix (trop ?) parfaite de Kellin Quinn… mais on y reviendra plutôt tard. Le morceau-titre Feel passe plutôt bien, dans une atmosphère musicale pleine d’espoir et de joie. Un potentiel hymne pop-rock estival. On reste dans la qualité avec Here We Go, un titre bien catchy dans lequel le groupe exploite son sens de la mélodie accrocheuse. Sleeping With Sirens a visiblement acquis une véritable identité musicale et l’exploite efficacement. Du moins, sur une partie des titres de cet album. Car quand le rythme ralentit pour laisser place à une pseudo émotion comme sur Free Now, c’est toute l’identité du groupe qui disparaît pour ne laisser apparaître qu’un ersatz de je ne sais quel groupe plus inspiré par le succès que par la musique. Encore une fois avec les groupes mélodiques de chez Rise Records , on dirait qu’on impose au groupe des morceaux plus calmes pour appâter un public plus large mais ce Free Now et pire encore Sorry et Satellites qui clôturent l’album ne sont ni plus ni moins que de la soupe fade et déjà entendues des milliers de fois.

Pourtant le groupe est capable du meilleur, comme d’avoir la bonne idée d’inviter le rappeur Machine Gun Kelly sur le morceau Alone. Dommage qu’ils n’aient pas pu intégrer son flow rapide comme une mitrailleuse (d’où son pseudo) sur la musique rapide du groupe au lieu de simplement créer une loop atmosphérique où il ne restait à MGK qu’à y poser un flow mid-tempo plutôt banal. Dommage d’être passé à côté d’une si bonne opportunité de créer un truc qui sortait un peu du lot.

Atout majeur du groupe, la voix de Kellin Quinn est techniquement irréprochable. A tel point qu’elle perd rapidement de son éclat, vu qu’elle ne varie que très peu au fil des morceaux, exception faite de The Best There Ever Was, sur lequel il ose enfin écorcher un peu son chant pour le rendre agressif, sans doute aidé par la participation à ce morceau de Chris Fronzak (Attila).

Ce troisième album de Sleeping With Sirens est sans doute leur plus abouti et travaillé mais on en ressort avec la curieuse impression qu’ils auraient encore pu aller beaucoup plus loin. Rise Records a la réputation de vouloir formater ses groupes et leur faire appliquer la même formule encore et encore, et si cela s’avère exact ils sont passés à côté d’un bel élan créatif et d’un album qui, pour une fois, aurait pu sortir un peu de leur cadre habituel tout en restant parfaitement cohérent.


Tags : emo pop rock rise records
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AUTEUR : Erik
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Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
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