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Chronique 07-09-2019 par Renaud 3 min de lecture

Sleeping with Sirens — How It Feels to Be Lost

Peut-on se perdre en atteignant un sommet ? Posez la question à Kellin Quinn et ses comparses, ceux-ci vous répondront sans détour positivement. Né dans la marmite du post-hardcore, Sleeping with Sirens a lentement mais surement glissé vers le pop-rock, le point culminant dans la mutation résidant en Gossip (2017), cinquième opus sorti auprès de Warner Bros.

Sous l’influence du label faisant partie des trois majors, seul le virage pop pris auparavant par les américains est retenu, au point de désespérer les fans de la première heure. La réussite commerciale paraît être au rendez-vous, Legends sera même repris en tant qu’hymne officiel des Etats-Unis lors des jeux olympiques d’hiver 2018. Pourtant, le collectif semble se perdre, comme gouverné par le choix de tiers qui s’imposent à eux.



Après un énième changement de label, Sleeping with Sirens s’allie à Sumerian Records puis surprend son monde avec les deux titres promotionnels Break me Down et Leave it All Behind.

Le recentrage musical s’accompagne également d’un nettoyage en interne, le groupe annonçant quelques jours avant la sortie officielle du nouvel opus que le percussionniste Gabe Barham ne prendra plus part à l’aventure à l’avenir.

Qu’on se le dise, How It Feels to Be Lost (2019) propose un retour aux racines post-hardcore du groupe, principalement pour le meilleur. Ils ont enfin retrouvé la rage au ventre perdue, comme un ancien sportif sortant de l’ombre après s’être égaré sous le feu des projecteurs.

Il n’est pas totalement fait table rase du passé pop-rock. Ainsi, le titre éponyme se compose de parties pop-rock ; celles-ci sont saccadées par de brèves interventions rageuses qui prennent la forme d’un chant rugueux et d’une musique devenant lourde sans crier gare.

Une –légère- fibre émo transparaît même par moment en toile de fond, ce qui n’est pas pour déplaire. P.S. Missing You pourrait avoir été écrit par Silverstein. Cette légère incursion dans un genre un peu oublié les dernières années procure un sentiment de nostalgie grisant.

La tessiture de voix du vocaliste Kellin Quinn, sur le fil à la frontière virtuelle de l’imaginaire collectif entre le masculin et le féminin, reste toujours aussi envoutante. En y ajoutant le retour des éléments vocaux du passé, le plaisir est total de bout en bout.



Certaines pistes cassent néanmoins la dynamique positive de l’ensemble. Another Nightmare avec ses chœurs pop ainsi que Ghost et Blood Lines aux accents électro présentent peu d’intérêt. On les retiendra en tant qu’héritage fade à oublier au plus vite.

How It Feels to Be Lost s’apparente à une véritable résurrection. Le royaume du post-hardcore semblait avoir fermé ses portes à jamais aux américains et pourtant, ils reviennent en force en prouvant que nous n’aurions pas dû les enterrer de si tôt. Il s’agit, sans conteste, d’une des excellentes surprises que l’année 2019 nous aura apportée.

Tags Sleeping with Sirens - How It Feels to Be Lost - Chronique - Post-hardcore

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