Cette année marque le retour au premier plan du combo de Death old school, Massacre, après leur EP Condemned To The Shadows sorti mi-2012. Auteurs avant tout de la référence From Beyond (1991), les Floridiens nous en proposent ici la suite logique avec ce troisième album (après le Promise de 1996): le nom, Back From Beyond, mais aussi la cover (aussi laide soit-elle) rappellent franchement l’honorable année 1991.
Evacuons tout de suite la pseudo polémique qui continue à fâcher les fans purs et durs depuis Condemned To The Shadows : non Kam Lee n’est pas revenu au chant, et oui Ed Webb tient toujours le micro. Alors, on peut comprendre la frustration ainsi générée, mais d’un autre côté on ne peut pas dire que le "nouveau" venu fasse tâche : son chant Death old school sied tout à fait Massacre, et surtout, au-dessus des growls, on comprend les lyrics, une qualité devenue bien trop rare.
Et puis, n’oublions pas les membres toujours actifs : Terry Butler (Obituary) assure toujours à son omniprésente basse, et Rick Rozz (Mantas, Death) ne manque pas de rappeler l’étendue de son talent à la guitare. Les influences Thrash, s’entendent toujours aussi clairement chez Massacre(et bien plus que chez d’autres groupes du style), et permettent au groupe d’enrichir sa musique carnivore, comme l’attestent par exemple les riffs de False Revelation.
Ce riffing couplé à un très bon (quoique studieux) travail aux solis permet à Back From Beyond de marquer de bons débuts. On tient là un album de Death old-school pur jus, un nectar qui ravira les fans comme sur As We Wait To Die, qui fait suite à l’intro bien nommée The Ancient Ones, ou le très floridien Ascension Of The Deceased.
Alors, certes, les moins fans de Massacrene manqueront pas de pointer du doigt les passages plus faibles : Hunter’s Blood , Remnants Of Hatred et Shield Of The Son, sans être mauvais, sont par trop répétitifs malgré une section rythmique tout à fait satisfaisante. Heureusement, on retrouve aussi le très bon Succumb To Rapture (déjà présent sur le précédent EP) pour déjouer la lassitude qui commence alors à poindre.
Ce rappel sert finalement de prélude à un final très réussi : The Evil Within, Sands Of Time et Beast Of Vengeance restent sombres et gras, mais comportent de nombreuses variations tout à fait délectables. Ils laissent place enfin à un morceau titre intéressant, mais peut-être trop porté sur la volonté de rappeler le From Beyond originel, avant que Honor The Fallen ne conclue l’album en forme d’hommage au regretté Jeff Hanneman (Slayer).
Vous l’aurez compris, mais autant être clair : nul besoin de chercher ici un renouvellement du Death metal old-school copyright Floride, ou une extension de la marque Massacre vers de nouveaux territoires, comme aurait pu le faire un Carcass par exemple. Ce n’est pas ce qu’on leur demande de toute façon ! Massacre revient pour exécuter son style, et, malgré un manque de panache et quelques longueurs (en raison notamment d’un grand nombre de morceaux), on peut se joindre au hurlement de Ed Webb sur Hunter’s Blood : « the Massacre has begun » !
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