Chronique

THE GREAT OLD ONES
Tekeli-li

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Les Acteurs de l'Ombre

Sorti le 02-05-2014


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Vendredi 16 mai 2014

Avec Al Azif, THE GREAT OLD ONES avait posé les repères de son Black Metal inspiré de l'univers de H.P. Lovecraft. Une fois encore Tekeli-li va rendre hommage à la démonologie de l'auteur américain.

Si l'univers se prête assez bien au style qu'empruntent les Français, nous étions en droit de nous demander comment THE GREAT OLD ONES allait réussir à renouveler l'exercice et l'effet de surprise.

Une fois encore, le groupe a fait confiance à Cyrille Gachet (YEAR OF NO LIGHT) pour l'enregistrement de son deuxième album dont le mastering a été confié à Alan Douches (BARONESS, THE SECRET...). Pourtant la production de l'album va jouer avec les règles du Black Metal plus académique et nous proposer un son extrême et voire plus lo-fi.

Le jeu de THE GREAT OLD ONES est aussi plus typé sans s'enfermer pour autant dans un Black Metal conventionnel grâce à une approche mimétique de la folie et des horreurs indicibles de l'univers inspiré par le roman Les Montagnes Hallucinées. A trois guitares, la formation peut se permettre un jeu à la fois poussé dans les retranchements du genre et orienté vers des divagations fantasmagoriques.

L'album s'ouvre sur la lecture de Je Ne Suis Pas Fou. Un confession du narrateur que l'on dirait tirée du roman, lue avec un ton juste qui a pour mérite premier de créer l'ambiance. Une ambiance qui parlera spontanément aux connaisseurs du mythe de Cthulhu mais qui pourra être étoffé avec la version deluxe de l'album incluant une édition exclusive du livre Les Montagnes Hallucinées.

Afin d'aérer les passages extrêmes, Tekeli-li est ponctué d'autres extraits lus. Ceux-ci étant en français et les compositions de THE GREAT OLD ONES vociférées en anglais, l'importance des ces échanges risque d'échapper à celui qui ne maîtrise qu'une seule des deux langues. Bien que le francophile pourra sans comprendre les textes de THE GREAT OLD ONES se laisser emporter par le jeu du groupe, l'anglophile, lui, perd une clé importante pour décrypter cette atmosphère largement appuyée par ces lectures. Tekeli-li sera-t-il dès lors en mesure de s'exporter ?

En opposant dans sa musique un certain classicisme stylistique à une oeuvre cauchemardesque reconnue en littérature, THE GREAT OLD ONES parvient à renouveler un travail qui aurait pu s'enfermer rapidement dans une caricature d'elle-même. Avec l'idée judicieuse de se consacrer à une oeuvre en particulier et de l'associer ouvertement, même si le choix d'utiliser deux langues peut être débattu, à ses compositions, THE GREAT OLD ONES fond des bases solides et cohérentes tout en ouvrant un terrain de jeu quasi illimité.

D'ailleurs, l'univers de Lovecraft se manifeste bien au-delà de l'inspiration tant le groupe réussit à réinterpréter les mots. THE GREAT OLD ONES parvient à faire sien ce cosmos et débute l'écriture d'une véritable bande-son de l'oeuvre.
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