Chronique

BABY FIRE
The Red Robe

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Off Records

Sorti le 03-10-2014


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Mardi 30 septembre 2014

Bien que le line-up de BABY FIRE soit depuis juillet 2014 changé de moitié avec le remplacement de Cha par Alinovsky (ex THE DURUTTI COLUMN), c'est avec sa comparse depuis 2010 que Diabolita a enregistré le deuxième album du duo.

Avec la sortie d'un premier album en 2011 chez Cheap Satanism Records , BABY FIRE affichait déjà un attrait pour des rencontres et des collaborations de prestige. Ainsi Eugene Robinson (OXBOW) prêtait sa voix sur disque, tandis que le groupe se voyait invité à ouvrir pour GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR au Cirque Royal en 2012.

Tout naturellement donc, le nouvel album, The Red Robe, fait apparaitre des noms complémentaires au minimalisme de BABY FIRE. Le disque dont le mastering a été confié à Pierre Vervloesem, fût enregistré au Dial House Studio là où le mythique CRASS écrit ses engagements. Le duo n'en étant pas à sa première connexion artistique, c'est Tony Barber des BUZZCOCKS qui a géré les manettes.

Derrière ce minimalisme apparent qui caractérise le jeu et le style de BABY FIRE, ce sont de riches ouvertures qui se télescopent et se relient afin d'unifier une démarche complète. Politiquement, BABY FIRE se pare de la robe du féminisme dès ses débuts et refuse les atours de la séduction féminine. Eve Libertine, emblème de l'anarcho-féminisme prête sa voix sur Victroy. Etant chez CRASS, l'invitée s'imposait. Un titre qui musicalement par ailleurs en profite aussi pour souligner les allures (Post-)Punk de la démarche du duo.

La poésie est inscrite aussi dans les gênes de BABY FIRE depuis ses origines. Bien qu'anglophile, la musicalité des mots a trouvé autant d'échos dans ses textes que dans ses déclamations chez BABY FIRE. Penny Rimbaud (encore un membre de CRASS) sur The Lit Right. Rien de surprenant également que Diabolita, auteur de la plupart des textes, s'aventure aussi dans la littérature pour inspirer ses univers. Le titre de l'album renvoie à la mise en scène du suicide du romancier Romain Gary.

BABY FIRE choisit Alice Smith pour sa pochette et si la nécessité de faire appel à un visuel pour illustrer la sortie d'un disque n'a rien de surprenant, BABY FIRE réussit par contre son tour de force graphique dans sa musique. The Red Robe dégage un univers évocateur d'une atmosphère ensorcelante. Le qualificatif n'est pas utilisé au hasard. Comme déjà souligné sur son précédent album, le duo s'aventure en eaux troubles, malsaines et inhumaines, loin du folklore composé de balais, de citrouilles ou d'effluves gothiques.

Tous les ingrédients sont ici condensés en douze titres. La tension diabolique des structures parfois sèches (Door Of Mercy). Des envolées vocales (The Red Robe) aux déclamations froides (The Lit Light) en passant par le thérémine choyé par Diabolita.

BABY FIRE parvient à mettre en musique l'immoralité dans toute sa splendeur. No Fear fût un album remarquable. The Red Robe transcendante cette fascination. Des titres comme Victroy, The Red Robe, Sunrise With The See Monsters (avec SEESAYLE au violon), The Perfect Dress, At The Very Heart Of The Darkening Of The Light, A Secret Ceremony ou The Lit Light sont autant de visions nuancées de cette peur qui nous attire tel un insecte face à la lumière.
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