Chronique

THOT
Fleuve

image
Weyrd Son Records

9 titres - 52 minutes
Sorti le 20-10-2017


image
Vendredi 20 octobre 2017

Plus de trois ans après l’opus The City That Disappears, le combo bruxellois THOT est de retour avec un nouveau concept-album. Car le groupe aime les concepts et a toujours encadré chacune de ses sorties par un contexte très marqué. D’abord orienté pendant de nombreuses années vers une approche très organique - pensez à Ortie, repris sur Obscured By The Wind entre autres et à leur autoproclamée « Vegetal Noise Music » - ils ont par la suite amorcé une incursion vers le monde moderne et urbain avec Citizen Pain en 2013 puis le fameux The City That Disappears l’année suivante.

Si le groupe a toujours habilement joué avec le mélange de rock et d’electro, ce dernier opus présentait des passages plus agressivement rock et c’est donc avec un léger point d’interrogation dans les oreilles qu’on entame ce Fleuve. Enfin pas exactement puisqu’à son habitude, THOT a savamment distillé des informations et des extraits de l’album à partir du mois de mars : photos du mixage d’abord, puis extraits et vidéos des deux premières pistes de l’album à l’approche de la sortie de Fleuve. Au moment de lancer l’album, donc, on avance en terrain connu avec un concept auquel le groupe nous a déjà préparés :

On dit d'un fleuve qu'il est violent parce qu'il emporte tout sur son passage, mais nul ne taxe de violence les rives qui l'enserrent. (Berthold Brecht).

Aucune surprise donc, à la lecture des ces lignes qu’ils ont utilisées pendant la promotion de cet album, quant au côté abrupt et agressif de ces deux premiers morceaux : Icauna dévoile le côté pile de THOT : une musique certes mélodieuse mais chargée de sonorités electro grinçantes et écorchantes. Odra, lui, est la représentation du côté face du groupe : le chant clair de Grégoire Frey qui ose les variations vocales, cette fois soutenu par la voix d’Arielle sur une musique d’emblée plus agressive. Si le groupe pouvait par le passé sembler difficile d’accès, ce morceau se montre clairement plus frontal et direct. Sur un rythme mid-tempo, Odra démarre avec un son très propre avant de se parer, au fil des secondes, d’éléments perturbateurs : saturations, fillings électroniques, guitares dissonantes… pour entrer dans les métaphores avancées par le groupe sur cet album, Odra est vierge, limpide en amont et, au fil des aventures, se charge d’éléments qui tantôt l’enjolivent, tantôt le parasitent. En aval, Odra n’est plus le même mais a définitivement gagné en consistance.

Outre cette approche directe qu’on retrouve également sur Vltava (avec Eamon McGrath en featuring), THOT ose : sur Rhone, Grégoire Frey place sa voix chancelante et ses envolées lyriques sur une musique au piano épurée. Avec pour la première fois la surprise d’entendre des paroles en français, nouvel essai audacieux qu’on retrouvera par la suite sur Rhein.

Le groupe prend le temps d’offrir à ses morceaux une introduction profonde ce qui leur confère une atmosphère particulière. Des plages comme Rhein ou Duna qui dépassent les 7 minutes sont construits de bout en bout et gonflés de plusieurs dimensions distinctes. On passe allègrement de passages proches de l’a capella à des rythmiques soutenues et des guitares acérées. En utilisant des instruments inattendus comme la clarinette sur Rhein, le groupe prouve qu’il maîtrise son sujet et qu’il assume pleinement sa position parfois inconfortable de situation imprécise dans la sphère musicale actuelle.

De surprise en surprise - l’intro et le refrain de Samara auront raison de ceux qui pensaient avoir fait le tour de l’album - on se rend compte qu’on vient de traverser Fleuve d’une berge à l’autre sans même s’en rendre compte, en terminant par un Bosphore qui pousse à l’extrême les multiples facettes du groupe.

Affranchi de toute barrière musicale, THOT prouve une nouvelle fois que même en intégrant une multitude de renforts techniques il reste un groupe résolument rock dans sa dynamique, sa puissance et son approche musicale.


Tags : electro rock bruxelles
TU AS AIME ? PARTAGE !
Google +
Twitter
Facebook
Whatsapp
E-mail
E-mail
Google +
Twitter
Facebook
11
AUTEUR : Erik
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentr...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...
Rescapé de la scène hardcore underground de la fin des années 90, Erik a lancé Shoot Me Again en 2004 avec Julien, un autre gamin hyperactif de l'époque. Ecumant à eux deux les salles les plus improbables lors du lancement de ce webzine, ils se sont rapidement entourés d'autres camarades de jeu pour renforcer l'équipe. Aujourd'hui concentré sur le développement du site, il est moins présent sur le front. ...

► COMMENTAIRES

Tu dois être connecté pour pouvoir commenter !

Soit en deux clics via Facebook :

image

Soit via l'inscription classique (mais efficace) :

image

► A VOIR ENSUITE