Guitare, basse et batterie agrémentées de quelques petits samples ont suffit à OLDD WVRMS pour proposer son renouveau avec Codex Tenebris. Le groupe qui a démarré son histoire avec celui qui deviendra le chanteur de LETHVM a décidé de se passer (définitivement?) de chant avec son 4ème album pour proposer une musique instrumentale.
Le cheminement de OLDD WVRMS devait peut-être passer par ses différents changements de chanteur pour conclure qu'il n'en avait pas forcément besoin.
L'idée du trio, c'est aussi de se concentrer sur l'essentiel. Une forme épurée du Rock pour qu'il retrouve son essence et sa force. D'ailleurs, OLDD WVRMS réfute quelque peu les étiquettes Metal, Doom ou Post-Quelque-Chose, préférant le terme plus générique de Rock parait-il. Et le choix de ramener la formule à trois membres devient en soi assez logique.
Etait-il nécessaire de faire l'impasse sur le chant ? Peut-être bien que non, mais pourquoi pas finalement. Car à l'écoute de Codex Tenebris, composé dans cet esprit, son absence ne fait pas défaut. Et les compos de Ignobilis étaient déjà plus dépouillées du côté des vocaux.
La particularité de Codex Tenebris est au-delà de cette absence de chant. A l'écoute des 5 longues plages de l'album, on se rend d'abord compte que l'ambiance insufflée dans la musique nouvelle de OLDD WVRMS est très prégnante de ces ténèbres. Loin des clichés sombres habituels, il ressort de Codex Tenebris une impression de fatalité où l'optimisme n'a plus sa place.
Le trio propose ici une musique, certes peu réjouissante et exsangue d'espoir salvateur, mais qui reste fluide et cousue avec délicatesse. C'est là que réside le deuxième constat à l'écoute de Codex Tenebris. Derrière cette finesse et ces moments suspendus, n'en déplaise aux membres du groupe, OLDD WVRMS se révèle plus Metal que jamais.
Probablement que le côté crépusculaire du jeu et le son sépulcral de la guitare de Ben contribuent à cette impression. Probablement aussi que le jeu de batterie de Cho hérité du temps où il officiait avec SET THE TONE, même si plus retenu avec OLDD WVRMS, anime cette supputation. Probablement encore, que la basse d'Olivier, avec ses grondements bien tangibles participe à ce ressenti.
Toutefois c'est plus technique que formel. C'est pourquoi, plus surprenant, OLDD WVRMS libère aussi sur Codex Tenebris des moments à la limite du Jazz. Ce sont des détails plus qu'un credo mais qui pour une écoute attentive viennent bousculer des repères acquis là où la formation avait déjà brouillé les pistes.
Clairement, Codex Tenebris est un album qui doit s'apprivoiser. D’apparence accessible par l'absence d'hurleur et cette volonté de ne pas se consumer dans une version lourde à tout prendre, l'album dissimule dans les sophistications évoquées la quintessence de son ADN. Celles ou ceux qui se donneront le temps et s'accorderont l'effort de s'immerger profondément dans le disque, retireront une satisfaction à la hauteur des éléments à découvrir.

Oldd Wvrms
