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AFI
Decemberunderground (Interscope)


Il aura fallu 3 ans à AFI pour sortir un successeur à Sing The Sorrow. 3 ans, c'est quand même long d'autant que le groupe ne manquait pas de moyens.

Sing The Sorrow marquait déjà un peu un tournant dans la carrière du groupe. On pouvait déjà sentir le marketing faire son apparition aussi bien sur l'image du groupe que dans la gestion de sa musique. Avec Sing The Sorrow, AFI mettait un premier pied dans la musique "grand public".

Avec Decemberunderground, AFI y saute les pieds joints ! Il est probable que ceux qui avaient tant contribué à remettre au goût du jour le goth-punk en avaient assez de voir de nouveaux venus, formatés ados, se tailler la part belle du marché. Quoiqu'il en soit, il est quand même loin le temps où Sick Of It All emmenait, judicieusement, AFI pour sa tournée européenne.

Musicalement d'ailleurs, AFI s'est plus que ramolli. Le chant de Davey Havoc reste inimitable et si particulier. Par contre sa façon de chanter s'est adoucie. Les cris sont moins fréquents presque absents. Le tempo est évidemment plus lent. Le fait d'être passé sur un très gros label permet au groupe de bénéficier d'une surproduction. Les effets et petits détails sont nombreux et malheureusement pas toujours du meilleur goût (Love Like Winter).

AFI arrive malgré tout à écrire encore de bonnes chansons (Kill Caustic, Kiss and Control) même si le groupe a perdu indubitablement son âme punk. Si on fait abstraction de ce qu'on connait du groupe, il y a encore moyen d'apprécier une bonne partie des titres de Decemberunderground. Il est certain que les fans de la première heure décrocheront. Mais en contre partie AFI va gagner un public plus nombreux.

Là où cela devient vraiment dommageable, c'est quand AFI recycle des effets de manche douteux, obsolètes ou empruntés à Placebo (Affliction) ou aux Cure (The Killing Lights).

Si AFI n'avait pas la crédibilité du temps et des précédents albums, on pourrait taxer le groupe d'opportuniste surfant sur une vague en vogue. Même si l'album est loin d'être une catastrophe d'un point de vue musical, on ne peut qu'être déçu de la nouvelle orientation du groupe... à moins de faire partie du nouveau public, fraîchement débarqué dans le monde musical de AFI (l'album Sing The Sorrow au mieux comme seule comparaison). Auquel cas l'album n'aura pas de goût amer et il devrait tourner régulièrement, pendant un temps, dans la platine.


Chroniqué par fred le 04-09-2006
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