Wolf God n’échappe pas au constat de ses récents prédécesseurs. La production est aux petits oignons tandis que les riffs sont ravageurs et sonnent comme se doit de sonner du heavy metal classique mais efficace. Ecouter du Grand Magus, c’est l’assurance de profiter d’une production qui atteint à tous les coups un niveau certain de qualité ; le nouvel opus ne déroge pas à la règle.
Les emprunts aux pontes des courants musicaux sur lesquels reposent les fondements des suédois se font ressentir, avec pour conséquence positive qu'à nouveau, un souffle épique s’abat sur l'auditeur. L’excellent Brother of the Storm résonnent comme une réminiscence de Black Sabbath, tandis que d’autres titres rappellent tantôt Judas Priest, tantôt Iron Maidenou encore l’esprit héroïque de Manowar et Visigoth. Ces similarités avec des légendes ne sont pas surprenantes. Telle l’association de l’excentricité à Tim Burton, elles font parties de l’ADN du groupe.
Par contre, ce qui pose réellement un souci de légitimité, c’est la tendance à devenir une réplique d’eux-mêmes. Il suffit de rapprocher Wolf God et Iron Will pour se rendre compte qu'ils tendent au fur et à mesure à copier ce qu’ils ont réalisé auparavant. S’agit-il d’un manque d’inspiration qui viendrait freiner l’exploration vers de nouveaux horizons, ou un choix délibéré de ne pas quitter la zone de confort épanouissante dans laquelle ils se sont installés ? Il est difficile de répondre à la question, mais cette stagnation commence à virer à l’ennui.
Du manque de renouveau découle un aspect « consommation rapide » : à peine écouté, aussitôt oublié. Seuls Brother of the Storm, Dawn of Fire et surtout le mélancolique To Live and Die in Solitude –sorte d’ode au Grand Magusdu temps passé- sortent réellement du lot.
Autre point sensible, le travail d’écriture de l’album. Le niveau des paroles n’est pas digne de leur rang. Wolf God atteint le paroxysme de l’écriture fainéante et simpliste. A l’avenir, il faudra s’y attarder afin de remédier à ce défaut qui est difficilement acceptable.
A force de toujours utiliser la même épée pour guerroyer, Grand Magusfinit par manquer de tranchant. Il devient pressant qu’une nouvelle ère soit entamée, sous peine de se transformer en un loop sans fin qui finira par tomber dans l’oubli. En attendant, si vous êtes sensible au heavy metal, vous devriez passer un agréable moment avec Wolf God malgré un hurlement qui manque de majestuosité.
Grand Magus - Wolf God - Heavy metal - Manowar - Nuclear Blast - Chronique

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