Les suédois ont été remarquablement cohérents tout au long de leur carrière. Ils s’en tiennent à leur formule simple mais efficace et rien ne leur fera la changer, même pas les dieux de la mythologie nordique. On observe parfois certains ajustements à un moment ou l’autre de leur histoire, mais le modus operandi reste inflexible. Il s’agit de produire de l’heavy/power metal entraînant, avec des hymnes classiques qui reposent sur des refrains fédérateurs et des mélodies accrocheuses.
Hammer of Dawn (2022), douzième opus studio de la formation, a été mixé et masterisé par Fredrick Nordstrom (At the Gates, In Flames, Opeth etc.) et produit par Jacob Hansen -Evergrey, The Black Dahlia Murder, Volbeat etc.
La cohérence mise en avant dans notre introduction se retrouve d’emblée tant dans le son que dans l’esprit général de la première piste, Brotherhood. Il y est question de l’amitié profonde entre le guitariste Oscar Dronjak, seul membre restant de la formation d’origine, et le chanteur Joacim Cans. Cette fraternité affichée est au diapason de heavy/power metal qui caractérise les suédois, à savoir une musique puissante et invariable.
Hammer of Dawn empile les hymnes puissants et inspirants comme Stephen Curry enchaîne les paniers à trois points en NBA. Pour autant, les membres d’Hammerfall ne se perdent pas en chemin et préservent leur son fédérateur qui a le mérite de ne pas tomber dans le piège de l’auto-parodie, au contraire de bien d’autres collectifs guerriers. Chaque membre est assez clairvoyant pour mobilier ses capacités à bon escient afin que le convoi arrive à bon port.
Comme toute bonne fête qui se respecte, Hammer of Dawn surprend par moment, notamment lors de l’apparition vocale de King Diamond qui prête sa voix sur Venerate Me. Le titre évoque la dualité de la mort, tout un chacun ne meurt pas une mais deux fois : la première fois lorsque notre cœur s’arrête de battre, la seconde fois lorsque notre nom cesse d’être prononcé.
Outre cette surprise, on retrouve également les immanquables ballades. Not Today assume ce rôle de façon moins kitsch qu’on aurait pu le craindre, même si le refrain sonne un peu désuet. On leur pardonnera, les metalleux puristes peuvent eux aussi avoir leur moment de mièvrerie.
En définitive, Hammer of Dawn se veut davantage varié que les précédentes productions d’Hammerfall. Entre les titres fédérateurs, les compositions plus lentes et lourdes ainsi que les ballades, l’auditeur n’a pas le temps de s’ennuyer. Rien de révolutionnaire en perspective, mais une pierre solide qui s’ajoute à un édifice déjà bien fourni.
Hammerfall - Hammer of Dawn - Chronique - Power metal - Heavy metal
HammerFall



The Black Dahlia Murder
Volbeat