Interview

WHILE SHE SLEEPS

Mardi 7 mai 2013



Avant tout, félicitations ! Beaucoup s’est passé depuis votre EP The North Stands for Nothing et l’album This is the Six et c’est fort impressionnant. Vous avez gagné en popularité extrêmement vite !

Sean et Mat : Merci !

La question habituelle : ce n’est pas la première fois que vous vous arrêtez en Belgique en tournée, mais c’est votre première vraie apparition au Groezrock – à part celle de 2011 qui n’était même pas prévue initialement. Quelques impressions sur votre show d’aujourd’hui ? Il tombe en plein milieu du Reunite Tour en Angleterre, non ?

Mat : Oui, effectivement, en est en plein dedans et là on s’éloigne de l’Angleterre pour quelques shows sur le continent (cf. Loudfest à Zurich et le Groezrock). On apprécie toujours les festivals belges. Le Groezrock a toujours un line-up génial et on est vraiment ravi de pouvoir en faire partie. En plus, un bon nombre de nos groups préférés se produisent ici.

Sean : La foule était extraordinaire. L’Impericon est une scène au moins dix fois plus grande que la MacBeth sur laquelle on a joué il y a deux ans. C’est un grand saut.

Mat : On est heureux de constater que les gens répondent présent et les choses avancent.

Vous avez aussi joué au Graspop l’année passée n’est-ce pas ?

Mat: Tout à fait, on adore la Belgique. C’est toujours bon de jouer ici.

Même si c’est un petit pays ?

Sean : C’est l’un des meilleurs en Europe, on passe toujours de bons moments ici.

Mat : C’est le premier où on est passé en tournée, notre première date une fois sortis du Royaume-Uni. On a une sorte de bonne connexion avec, peut-on dire.

Pouvez-vous nous dire ce qui c’est passé en 2011 ? Rechercher sur le net n’aide pas vraiment à comprendre votre apparition imprévue au Groezrock.

Mat : On était en tournée avec Silverstein… ah non non (rires) avec Asking Alexandria
Asking Alexandria


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! Ils jouaient au Groezrock cette année-là. On était donc déjà en Europe et avait décidé de passer avec eux au festival. Puis, une de nos amies, Marianne Harris qui est photographe, nous a conseillé de demander aux gars s’occupant de la MacBeth stage si on peut y jouer. Je leur ai montré la vidéo de Crows sur mon gsm et ils ont directement répondu « allez-y, vous pouvez jouer » (rires). On a donc dessiné notre logo sur une affiche.

Sean : Et à 9 heure le même jour, on est monté sur scène. Beaucoup de personnes sont venues nous voir et c’était vraiment génial.

Toujours en parlant de tournées : il est clair que vous êtes un groupe qui n’a pas peur de varier ses compagnons. Vous avez tourné avec des groupes comme Asking Alexandria
Asking Alexandria


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, pas nécessairement positivement perçus par tous, et puis des icônes comme Parkways Drive, et maintenant un show fut annoncé avec Bullet For My Valentine
Bullet For My Valentine


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(cf. le 9 décembre 2013 à Cologne)


Mat : Et bien oui, on n’a aucun problème avec ça. On pourrait tourner avec peu importe qui. On aime partir en tournée. Ca ne nous met pas dans le même chariot que de tourner avec tel groupe ou un autre. C’est au contraire une occasion de faire aimer notre musique à un public qui n’aime pas nécessairement un certain style. On peut ainsi livrer notre musique aux gens, peu importe quel groupe ils apprécient à la base, ce qui est toujours une chose positive.

Sean : On partirait en tournée avec les Spice Girls s’il fallait !

Mat : Même si on n’aime pas le groupe avec lequel on joue, ce n’est pas un problème. Du moment qu’on a l’occasion de jouer avant eux (rires).



Quelle est la tournée sur laquelle vous vous êtes le plus amusés jusqu’à présent ?

Sean : Parkway Drive
Parkway Drive


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, mais surtout parce qu’on n’était jamais allé aux US auparavant. C’était donc différent et ressort forcément du lot. Pour le reste, Architects
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: je me suis vraiment amusé avec celle-là, c’était extraordinaire. Et encore, chaque tournée a ses points forts, et on s’amuse sur chacune.

Mat : Architects
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, c’était mémorable. Ces gars sont géniaux.

Quelque chose de marquant aux US (positif ou négatif) ?

Mat : Le nombre de sans-abris. Il y en a de loin plus que ce qu’on s’attend de voir, plus qu’en Europe. C’est fou. On pensait qu’il y en avait beaucoup en Angleterre mais là-bas c’est beaucoup plus répandu comme problème. Ca nous a pas mal choqués.

Sean : Ces gens vivent dans des poubelles et dans la crasse. C’est frappant…

Une histoire drôle s’étant passée lors d’un concert ?

Sean : Aaron McKenzie, notre bassiste, aime tomber par dessus les enceintes de retour de scène. Il ressemble alors à une sorte de nounours en train de faire des tonneaux (petite démonstration à l’appui). On dirait qu’il ne sait pas ce qu’il fait, et c’est le cas.

Mat : Les gens l’appellent le « second front-man », il essaie de prendre la place de Loz (cf. Lawrence Taylor, le vocaliste). D’attirer l’attention à sa place. Il y a cette histoire de « brume rouge » (cf. the red mist est une expression qui réfère à une personne qui perd le contrôle pour une brève période, emportée par la colère). C’est faux évidemment (rires) !

Vous avez eu des problèmes pour arriver aux US pour la tournée avec Parway Drive et c’est la mise en vente d’une série limitée de posters qui vous a sauvés en dernière minute. A ce que je sais, le design de ceux-ci est l’œuvre de Mat, qui semble bien doué niveau graphisme. Est-ce que tu as déjà songé à faire quelque chose de ce talent à côté du groupe, un peu comme Oli Sykes le fait avec Drop Dead ?

Sean : C’était moi en fait (rire) ! Bon non je rigole…

Mat : Mon plus grand intérêt c’est ce groupe, donc la réponse est non. Toute la créativité que je peux avoir, je veux l’inclure dans ce projet, dans ce groupe. Je ne cherche pas à me créer un succès personnel. J’aime l’art et toutes les choses qui y sont liées mais la raison pour laquelle je réalise des choses de ce genre, c’est le groupe.

On peut donc s’attendre à ce que tu fasses plus d’œuvres du genre ?

Sean : Oui, il s’occupe déjà du design de tout le merch du groupe.

La base de la majorité de vos morceaux, la musique, est écrite par lequel d’entre vous ?

Mat : C’est Sean, il est le génie musical.

Mais on constate facilement que tu es le plus timide sur scène, et même dans les vidéos. Ne devrais-tu pas être celui qui littéralement explose, tellement fier de présenter tes compositions au public ?

Sean : Tu as raison, mais je suppose que c’est comme ça que je suis … tandis que ces gars ont gagné en confiance et sont des fous une fois sur scène.

Mat : C’est parce qu’il joue les parties les plus complexes (rires).

Tu as même disparu de scène pour une minute aujourd’hui si je ne me trompe ?

Sean : Et oui, ma guitare a foiré. Ce n’était pas moi en train de m’enfuir (grand rire) ! En fait, je suppose que dans la plupart des groupes on peut constater que le « génie » est timide.

Mat : Moi j’écris les paroles avec Lawrence.



Donc la musique est l’œuvre de Sean et les paroles de Loz et toi ?

Mat : Tout à fait.

Sur la réedition de This is the Six, il y a beaucoup de versions alternatives/acoustiques. L’une d’elles, celle de Seven Hills fut enregistrée avec Jenny Staniforth pour la voix. A ce que je sais, cette version est à la base un cover qu’elle avait fait et posté sur Youtube. Comment s’est-elle retrouvée sur l’album ?

Sean : Tout à fait. C’était le soir où on jouait à la Brixton Academy. Je suis allé rechercher sur Youtube des covers guitare qui auraient été faits de nos morceaux – j’aime bien voir de temps en temps ce qu’il s’y passe – et je suis tombée sur la vidéo de Jenny. Aussitôt que j’ai appuyé sur play, ma réaction était un « wow ! ». J’ai dit aux autres de venir voir ce que j’ai trouvé, et ils ont réagi de la même manière. J’ai donc appelé notre producteur pour lui en parler, ce qu’il en pensait comme version alternative, et il m’a répondu qu’il allait justement m’appeler à ce sujet. Et voilà.

Mat : C’est toujours agréable de pouvoir donner quelque chose en retour à nos fans.

Votre dernier single, Death Toll, a un son plus massif et crée une atmosphère plus forte et sombre. La vidéo suit ce mouvement. Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que les morceaux à venir continuent sur cette voie ou c’était juste un one shot, quelque chose que vous vouliez essayer ?

Sean : On verra bien ! Les morceaux de l’album suivant peuvent aussi bien être comme ce single ou au contraire plus doux et continuer dans la vague des versions alternatives inclues sur la réédition de This is the Six. On ne se limite pas à un son précis.

Mat : Par contre, une chose est certaine. Peu importe la direction prise et les éventuels changements, on ne va jamais devenir un groupe dont tu ne vas plus aimer la musique tellement elle aura changé de style. On va garder ce qui fait les Sleeps.

Vous avez postposé la sortie de la vidéo de Death Toll à cause des événements de Boston (cf. explosion à l’arrivée du marathon) en expliquant que les paroles de la chanson se basent sur « un désir à ne pas avoir de regrets », ce qui n’était pas correct au vue des circonstances. Quel est donc exactement le sens que vous vouliez donner à cette chanson ?

Mat : Il s’agit d’inciter à ne pas se laisser dire ce qui est bon ou mauvais, ne pas se laisser faire par le passé et avancer sur son propre chemin, et se battre pour cela.



Quelle est le moreau dont vous êtes le plus fier jusqu’à présent ?

Sean : L’acoustique de Our courage, Our cancer. Je pourrais la réécouter au quotidien.

Mat : Love at War, la musique est vraiment réussie et j’en suis bien fier.

Vous avez joué tous ces morceaux des centaines de fois maintenant, si pas plus. Est-ce que vous avez déjà à un moment réalisé que vous auriez changé certaines parties si vous deviez les écrire maintenant ?

Mat : Non, on ne repense jamais à cela une fois que c’est fixé. On a eu suffisamment de jam sessions avant d’être satisfait du résultat. Changer ne serait-ce qu’une petite partie pourrait influencer la manière dont le public réagit au moreau.

Est-ce qu’il y a une chanson que vous ne pourriez plus jouer en live pour une raison ou une autre ?

Sean : Non, l’album entier peut potentiellement se retrouver dans notre set-list mais on essaie à chaque fois de déterminer ce qui ferait plaisir au public.

De même pour the North Stands for Nothing ?

Sean : Oui. Il n’y a rien à enlever.

Vu que vous avez déjà beaucoup tourné, et que maintenant arrive la saison des festivals, est-ce qu’on peut espérer vous voir ralentir un peu cet automne, se poser pour travailler sur de nouveaux morceaux ?

Mat : Tout à fait ! C’est dans nos intentions.

Dans ce cas, une question à ce sujet. Sur This is the Six vous avez travaillé avec Carl Brown qui a également collaboré avec Trivium
Trivium


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. Est-ce que vous avez déjà des souhaits, voire des plans concrets, quant à la personne qui produira votre prochain album ?


Sean : Oui, on va probablement une fois de plus travailler avec Carl. C’est d’ailleurs lui qui s’est occupé de Death Toll.

Mat : Il comprend le groupe, et c’était vraiment un plaisir de travailler avec lui. Il sait que faire et sent quand une idée a du potentiel. Il a compris notre projet. Choisir un autre producteur impliquerait de refaire tout l’effort d’expliquer le groupe et ce qu’il vise musicalement parlant, en espérant que celui-ci nous comprendrait.

Pour approfondir la question du son : certains ont pointé les choix de guitares de Sean comme assez inhabituels pour le genre. Tu as jusqu’à présent surtout été vu avec une Fender Telecaster et maintenant Ibanez Roadcore. Qu’est-ce qui dicte ces choix ? Pas envie d’une LTD/ESP comme tout le monde ?

Sean : Comme tu as remarqué, je suis assez timide sur scène, et là je tente de bouger plus. J’ai donc besoin d’une guitare avec laquelle je me sens confortable. Tu ne me verras donc jamais avec une de ces guitares pointues (rires). Mes choix ne sont donc pas dictés par le son : on utilise à chaque fois les mêmes pick up. J’ai utilisé des LTD au début, je les aime bien mais bon, après tout, faut-il vraiment faire comme tout le monde ?

Vous aimez clairement mélanger les influences. Est-ce que ce fut quand même au début une période, avant de devenir les Sleeps qu’on connaît maintenant depuis la sortie de votre EP, où vous composiez en fonction des schémas typiques d’un genre ?

Mat : Non, ça fait maintenant 10 ans qu’on joue dans des groupes, et on a toujours voulu explorer les choses à notre manière. Comme maintenant avec l’impulsion acoustique.



Vous ne vous êtes donc jamais dit « il faut absolument un drop C ou un breakdown » ?

Sean : Jamais. On a toujours voulu repousser les frontières en tant que groupe. On n’a jamais voulu se cantonner à un genre. On pourrait faire de tout, comme ce qu’on a prouvé en introduisant de l’acoustique. Là on a testé l’acoustique, peut être que dans le futur on testera autre chose.

Mat : On fait de la musique, et puis c’est vous qui décidez ce que c’est comme musique. On va juste étendre ce qu’on fait pour l’instant, ce sera une sorte d’aventure, une « aventure dans la musique » (rires).

Y a-t-il un groupe récent qui vous a vraiment épaté ?

Sean : Epaté ? Thrice
Thrice


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! Je dis ça dans chaque interview mais c’est parce que ce groupe est probablement la raison pour laquelle je suis moi-même dans un groupe. Aussitôt que Mat m’a montré une chanson d’eux, il y a au moins 10 ans, j’ai dit « wow ».

Mat : Billy Talent
Billy Talent


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. J’ai cru qu’ils étaient précis et parfaits sur leur avant dernier album, et pourtant ils ont en sorti un nouveau qui est encore meilleur !

Sean : On veut être un groupe comme ça, un groupe qui ne déçoit jamais, qui essaie toujours de viser plus haut, pour que les gens se disent «wow, comment ont-il fait ça ? ». Sans pour autant changer drastiquement, on veut continuer aussi longtemps que possible les Sleeps.

Une dernière question relativement inutile : si vous pouviez vous retrouver dans une émission télévisée/une série, laquelle serait-ce ?

Sean : Friends !

Mais elle n’est plus diffusée !

Sean : si si, sur Comedy Central.

Sans nouveaux épisodes …

Sean : Et alors ? J’adore Friends, je veux être dans Friends ! (rires)

Il faudrait donc un épisode spécial avec While She Sleeps
While She Sleeps


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… Et toi Mat ?


Mat : Simpsons ! Je suis tout jaune de toute façon (rires)

Sur ce, merci ! C’était un réel plaisir d’avoir cette petite conversation avec vous. En espérant que vous reviendrez avec enthousiasme pour le Pukkelpop en août.



Interview réalisée et retranscrite par Anne-Grace. Un grand merci à elle.
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