Interview

TRUCKFIGHTERS

Samedi 15 mars 2014



SMA : Il y a moins d’un an vous jouiez dans cette même salle en compagnie de Kverlertak. Ce soir vous êtes headliner et l’AB Club affiche complet. Vous n’arrêtez plus de tourner. C’est une drogue pour vous ?

Ozo :
(rires) Oui absolument. On vit pour ça, donc c’est ce qui nous fait vibrer. On a commencé à jouer en live parce qu’on aimait ça et on est à chaque fois agréablement surpris que de plus en plus de gens viennent à nos concerts afin de découvrir notre musique. Je pense qu’on aurait difficile à s’en passer.

SMA : Depuis quelques temps vous avez abandonné votre travail pour ne vivre que de votre musique. Qu’est-ce que ça a changé dans votre vie ?

Ozo :
On a vraiment joué beaucoup de concerts depuis 2005. Un jour on a découvert qu’on pouvait en vivre et on a décidé de se consacrer à 100% au groupe. Vivre de sa musique ne veut pas dire qu’on gagne beaucoup d’argent, bien au contraire. Mais on peut payer nos factures et notre nourriture. En fait, pour vivre, il ne nous faut pas plus. On n’a pas besoin de conduire une voiture de sport (rires). Pour nous c’est vivre notre propre aventure et on ne le regrette absolument pas.

SMA : Vous êtes actuellement en tournée européenne avant de repartir pour les States. Comment le public réagit-il par rapport à votre nouvel album ?

Ozo :
La majorité des critiques sont bonnes. Beaucoup de fans aiment nos morceaux plus anciens, mais nous prenons beaucoup de plaisir à jouer nos nouveaux titres. C’est ce qui nous fait avancer. Car ces nouveaux morceaux sont plus difficiles à jouer que les anciens donc c’est toujours une sorte de challenge pour nous.


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AB Club 07/03/2014 - © Sylvie Huybrecht - Snoozecontrol.be

SMA : Juste une question à propos du nom : Truckfighters
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. Pourquoi un tel nom ? Vous avez quelque chose contre les camionneurs ?

Ozo :
(rires) C’est juste un nom de groupe dont tout le monde se souvient. En fait à l’origine le nom vient d’une série pour les enfants qui parlait des aventures de deux conducteurs de camion. Mais on trouvait ça cool !

SMA : Enzo est votre septième batteur ! Comment se fait-il que vous en consommiez autant ? Est-ce si difficile pour une personne de jouer avec Dango et toi ?

Ozo :
Oui, peut-être. Mais les raisons pour lesquelles ont a changé de batteur ont à chaque fois été différentes. Paco a joué avec nous durant de longues années, mais suite à une grave blessure au poignet il ne peut plus jouer de batterie. Pezo a joué plusieurs fois avec nous, mais a dû nous quitter à cause de ses problèmes de drogue. Il perdait son intérêt pour le groupe à cause de ça. Donc là ce n’est pas trop de notre faute à Dango et moi (rires). Mais on joue maintenant depuis tellement de temps qu’on a finalement beaucoup évolué. Dango et moi évoluons ensemble depuis de nombreuses années et c’est vrai qu’on a la même vision de la musique. Donc c’est peut-être difficile pour quelqu’un d’arriver comme ça en plein dans l’aventure et de rattraper le temps perdu. Je ne sais pas si c’est possible d’ailleurs.

SMA : D’un autre côté, n’est-ce pas difficile pour vous de devoir à chaque fois à réapprendre à jouer avec un nouveau batteur ?

Ozo :
Oui, ça l’est vraiment ! Le batteur peut apprendre les morceaux, mais il faut aussi apprendre à jouer ensemble. La recherche de cette osmose entre les membres d’un groupe prend du temps et parfois on n’y arrive pas. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a fait que nous avons mis beaucoup de temps à réaliser notre dernier album. En plus d’un gros rythme de concert, nous avons dû jouer avec trois batteurs différents. C’est usant car ça prend énormément de temps.

SMA : Et comment cela se passe avec Poncho qui est dans le groupe depuis à peine quelques mois ?

Ozo :
Ca se passe vraiment bien. Mais on avait déjà dit ça avec les batteurs précédents, donc on verra sur la durée.


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SMA : Quand on écoute Universe, votre dernier album, on ressent vraiment une évolution dans votre musique. Beaucoup le trouvent plus progressif que vos disques précédents. Ce changement était-il voulu ou s’est imposé de lui-même ?

Ozo :
On n’a absolument rien planifié avant de se lancer dans la composition de cet album. On a juste essayé de faire de la musique et de coller des morceaux qu’on avait composés. Et le résultat s’est avéré être intéressant. Faire à chaque fois la même chose, ça ne nous intéresse pas. Donc on voulait que notre musique évolue, mais ça c’est quelque chose que l’ont a voulu dès le début de l’aventure. Faire un truc à la Metallica
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en balançant du Unforgiven part II, ça n’est pas notre but. On n’y prendrait aucun plaisir. Si notre musique n’évoluait pas, je pense qu’on arrêterait. Je pense que quand tu vis de ta musique, la moindre des choses est de la rendre amusante pour toi. Si on ne s’amuse pas, ça revient à juste faire du pognon vite fait bien fait, mais tu ne sais pas faire ça sur le long terme.

SMA : Est-ce que vous avez changé quelque chose au niveau du processus de composition pour cet album ?

Ozo :
On n’a pas vraiment changé le processus de composition. Sur Phi et Mania, nos deux albums précédents, Dango et moi composions tous les morceaux. Pour Universe c’est pareil. On a juste concrétisé de nouvelles idées. On voulait créer quelque chose qu’on nous n’avions jamais fait par le passé et je pense que nous y sommes arrivés.

SMA : On en parlait, Universe a mis cinq ans afin devoir le jour. C’était un accouchement difficile pour le groupe ?

Ozo :
Oui et non. C’est clair qu’on a été confronté à pas mal de changements dans le groupe durant ces cinq dernières années. Pour ce disque c’est vrai également qu’on a eu du mal à boucler certains arrangements. On voulait que tout soit parfait. Ni Dango ni moi ne voulions terminer le disque parce qu’il devait l’être à une date précise. Nous voulions le terminer quand il serait prêt. Et si ça allait nous prendre cinq mois ou cinq ans, ça n’avait pas d’importance car, au final, le principal c’est le résultat.


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SMA : Tout le monde sait ce que Josh Homme (ndlr: Queens Of The Stone Age
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, ex-Kyuss
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) pense de Truckfighters
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, comme quoi votre groupe est l’un des meilleurs au monde. Vous jouez une sorte de desert rock comme si vous étiez nés à Palm Beach, mais vous venez de Suède, un pays réputé pour ses températures glaciales. N’est-ce pas surprenant ?

Ozo :
Pas vraiment. Le mot "désert" signifie un endroit abandonné. En Californie ils ont du sable à perte de vue et des températures élevées. En Suède on a l’inverse. On a de la neige à perte de vue et des températures extrêmement basses. On peut également marcher des heures sans voire quelqu’un. Donc je pense qu’on a la même inspiration au niveau de l’environnement, mais simplement de manière inversée.

SMA : Vous avez déjà joué à quelques reprises aux Etats-Unis et vous y retournez dans une semaine. Quelle est la différence entre jouer du stoner rock en Europe et jouer du stoner rock au States, le pays du stoner rock ?

Ozo :
Généralement quand tu joues de la musique aux Etats-Unis, les gens s’en foutent un peu des musiciens. Tu arrives dans un club, on te dit de poser tes affaires dans un coin, on te montre la scène et on te demande de jouer. Point barre. En Europe les infrastructures sont beaucoup mieux adaptées aux musiciens qui sont sur la route. Tu as un catering, un vestiaire, des douches,… Aux States tu n’as pas tout ça. Ce n’est vraiment pas la même culture en termes de concert. Je pense que c’est tellement grand et qu’il y a tellement de groupe qu’ils s’en foutent un peu plus. C’est industriel en fait. En Europe l’artiste a plus d’importance. Le temps que tu as pour te préparer n’est pas pareil non plus. En Europe tu arrives bien à l’avance, tu as un sound check et du temps pour te reposer avant le concert. Au States, tu arrives et une heure plus tard tu joues. Mais c’est en partie dû au fait que tu te tapes de plus grandes distances. Ici on ne doit pas faire des masses de kilomètres pour être dans un autre pays et dans une autre culture. Aux Etats-Unis tu joues dix concerts devant un public qui semble toujours être le même (rires). Mais c’est quand même une chouette expérience d’aller jouer au States, c’est juste différent.

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