Interview

DIRGE

"On reste fidèle à nos envies, nos émotions. On ne cherche pas un faire un album dans telle ou telle direction."


Lundi 2 juin 2014

Cette date liégeoise marquait la fin d'une tournée de 8 dates. Comment cela s'est-il passé ?

Marc T. : Plutôt bien. On a eu une galère avec notre ampli basse la veille à Rouen et nous avons donc dû utiliser celui des Obscure Sphinx
Obscure Sphinx


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avec lesquels nous tournions ; du coup on n'avait pas 100% de notre « son » sur cette date. Mais c'était bien de jouer à La Zone, les gens de la salle y sont vraiment très accueillants. En fait, je l'avais oublié mais j'y avais déjà joué avec l'ancienne mouture de Dirge
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, il y a seize ans de cela...

Alain B. : C’est toujours enrichissant de partir en tournée, de défendre un nouvel album, de faire de nouvelles rencontres. Ça reste éprouvant au niveau fatigue, surtout la route mais une semaine après le retour tu as déjà envie de retourner jouer ! En ce qui concerne cette dernière date à Liège, c’était plutôt cool ; il n’y avait pas énormément de monde, mais le public semblait bien réceptif.

Stéphane L. : Moi j'avoue tout de même avoir été assez déçu par le peu d'affluence. Le package Dirge
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+ Obscure Sphinx
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dans une salle comme Le Zone me semblait pourtant plutôt intéressant. D'autant qu'on joue finalement assez rarement en Belgique et que c'était la première incursion d'Obscure Sphinx
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de ce côté là de l'Europe.





Votre nouvel album s'intitule Hyperion. Une petite recherche sur Google et j'apprends que Hypérion est un des titans dans la mythologie grecque. Le titan de la lumière. Et le nom d'une lune de Saturne dont l'axe de rotation varie fortement. Il serait le seul objet du système solaire a possédé une rotation chaotique. Votre album fait référence auquel des deux Hypérion ?

MT : Haha, Wikipedia ne te le dit pas ça hein ? (rire)

SL : « Hyperion » fait référence au septième satellite de Saturne pour les chaotiques raisons que tu viens d'évoquer. Son aspect fortement déformé et son comportement imprévisible lui confère un statu unique dans le domaine des Grands Corps Célestes. Il y a donc beaucoup de choses très allégoriques qui entoure ce caillou, qui tourne d'ailleurs autour d'une planète, Saturne, elle-même riche en symboles.



La définition de l'astre lunaire Hypérion, c'est un peu l'image de Dirge
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. Une formation imprévisible qui ne s'enferme pas dans un jeu attendu. Vous avez une capacité à surprendre, à éviter le formatage et à être là où on ne vous attend pas nécessairement d'un album à l'autre tout en préservant une ligne de cohérence dans votre démarche.


MT : Tu as parfaitement compris Dirge
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, c'est quasiment dans notre ADN. Je souhaite que l'on puisse continuer encore longtemps comme ça, bien que ce ne soit pas toujours facile. Le public est souvent habitué à ce que les groupes fassent un peu toujours la même musique tout au long de leur carrière.

SL : Notre musique, notre style, notre son, appelle cela comme tu veux, n'est pas une réaction à ce que le monde extérieur attend de nous. D'une part, ce serait prétentieux de penser que Dirge
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puisse susciter spéculations ou demandes. Et d'autre part nous ne composons qu'à quatre, nous faisons donc ce que bon nous semble, ce que nous ressentons, ce que nous avons envie d'essayer, d'expérimenter, de fusionner. Qu'elle soit extrême et opaque comme il y a dix ans, ou qu'elle soit plus abordable et mélodique comme sur nos derniers disques, notre musique ne répond qu'à nos propre envies. Je pense que la cohérence qui relie nos six albums se trouve dans cette démarche. Le monde extérieur, le public n'existe pas lors de l'écriture et de l'enregistrement. L'interaction et le partage ne se font qu'une fois l'album sorti, moment où il ne nous appartient plus uniquement. Et les concerts sont l'étape définitive de cette interaction.

AB : On reste fidèle à nos envies, nos émotions. On ne cherche pas un faire un album dans telle ou telle direction. On se met à composer sans projet précis, si ce n'est de faire les choses le mieux possible.





D'autant que la formation, depuis ses début a subi plusieurs changements. Dernièrement encore le groupe vient de passer de 5 membres à 4.

AB: Effectivement, Zomb, qui s’occupait des samples en live, a quitté le groupe l’an dernier et Luz à la basse à définitivement remplacé Christian qui habite depuis quelques années en province.

MT : Apparemment, on n'aime pas trop la stabilité... On essaie des formules différentes suivant les albums. Qui sait, un jours aurons-nous peut-être un orchestre philharmonique avec nous (rire).

SL : En fait, on aimerait bien pouvoir avancer sans avoir à faire face aux changements de musiciens mais la nature précaire et aléatoire d'un groupe indé s'acoquine parfois mal avec les contingences quotidiennes (familles, boulôts) ou les baisses de motivations. Donc pour continuer à avancer et évoluer on doit s'adapter, coûte que coûte. En fait c'est une forme de Darwinisme créatif !



Vous avez de nouveau travaillé avec Nicolas Dick de Kill The Thrill
Kill The Thrill
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pour cet album. Vous lui faites particulièrement confiance visiblement. Qu'est-ce qu'il vous apporte ? Quel a été sa contribution pour Hyperion ?


MT : C'est quelqu'un dont nous admirons le travail depuis longtemps déjà, notamment sa façon de chanter. Ça nous tient donc à coeur de le faire participer à chacun de nos albums. Cette fois-ci, on lui a également demandé de se charger du mastering de la version CD, ce qui m'a personnellement enlevé une belle épine du pied.



Il y a également deux invitées féminines sur Hyperion. Milena Rousseau et Tara Vanflower de Lycia. L'une est française, l'autre américaine, non  ? Comment avez-vous travaillés avec elles ? Ce fût sans doute plus facile pour Milena Rousseau ?

MT : En réalité, ça a été très facile avec les deux. Généralement on arrive à cibler des gens qui comprennent notre univers.

SL : Malgré la distance (elle vit en Arizona), la collaboration avec Tara Vanflower a été très facile. En fait le plus dur a été de la convaincre. Elle aimait ce qu'elle avait entendu de Dirge
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et en particulier «  Venus Claws  », titre sur lequel nous voulions la faire chanter, mais je crois qu'elle hésitait car elle ne savait pas si elle pourrait donner ce que l'on attendait d'elle, alors que de mon côté, j'avais une confiance aveugle, je savais que ça ne pouvait pas rater. Elle s'est finalement lancée et le résultat a dépassé mes espérances. C'était exactement ce que j'avais en tête, mais en mieux... Je suis un très grand fan de Lycia, depuis très longtemps et à titre personnel, avoir Tara avec nous sur cet album est une immense fierté. D'ailleurs j'encourage fortement les gens à aller écouter ce groupe, que ce soit leur dernier album « Quiet Moments » ou les plus anciens comme « Cold » ou « Estrella ».





Alors que le groupe existe depuis 1994, on entend relativement peu parler de Dirge
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. Le groupe est reconnu par ses paires mais il reste peu exposé médiatiquement. Est-ce que ce n'est pas aussi dû au fait que Dirge
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ne soit pas un groupe prolifique en termes de sorties de disques ? 6 albums en 16 ans.


AB : 6 albums en 20 ans même… C’est comme ça et à la limite je préfère qu’il n'y en ai que 6 et qu’ils soient bons ! Plus sérieusement, on travaille à notre rythme, on prend le temps qu’il faut, ce à quoi il faut rajouter les aléas tels que les changements de line-up, de labels, les galères, les tournées à préparer ainsi que nos boulôts et nos familles à gérer…

MT : Nos albums sont assez complexes à réaliser. Pour ce qui est de l'exposition médiatique, ce n'est pas trop notre truc. On est musiciens, pas publicitaires. D'autres font ça mieux que nous, on leurs laisse la place.

SL : Au contraire, moi ça m'emmerde cette sous-expositions. On a vraiment pas à se plaindre en ce qui concerne les médias francophones et étrangers (mags, webzines etc) qui nous ont tout de même pas mal couverts sur les trois derniers albums, voir carrément soutenu. Mais ce qui m'ennuie avec le fait de ne pas être plus « reconnu », ce n'est pas une quelconque recherche de gloire, une histoire d'égo ou je ne sais quel truc dont, crois-moi, on se fiche royalement. C'est simplement que je mesure le handicap de cet « anonymat » au moment de monter des tournées, ou même simplement lorsqu'il s'agit d'aller glaner des concerts par-ci, par-là. Et lorsque cela arrive, d'obtenir ensuite des deals un tant soit peu corrects, histoire d'arrêter d'être dans le rouge financièrement parlant. Je n'ai aucun problème avec le fait que d'autres groupes soient plus connus, vendent plus, tournent plus, chacun fait son chemin avec ses propres méthodes de travail et de communication. Nous on veut simplement arrêter de galérer au niveau des concerts et dans ce sens, être un peu plus exposé ne nous ferait pas de mal. Mais les choses étant ce qu'elles sont, nous n'avons pas d'autres choix pour le moment.



Depuis Elysian Magnetic Fields, les parties mélodiques prennent de l'importance dans vos compositions. Pourquoi s'éloigner de cet aspect monolithique ?

MT : Comme tu le disais plus tôt, nous aimons bien explorer des pistes différentes, tester de nouvelles ambiances, de nouvelles sonorités. Ce n'est pas notre truc de refaire le même album ad vitam aeternam.
Mais je pense que si tu écoutes bien, tu peux retrouver des éléments communs a travers tous nos albums.



Ce qui frappe à l'écoute de Hyperion, c'est une certaine accessibilité. Très vite, l'album nous berce et de suite sans avoir besoin de se plonger dans une étude approfondie, on ressent que l'album va accrocher et qu'il va fonctionner (pour ne pas dire « trop vite », qu'il va être excellent). C'est comme un feeling ressenti dès les premiers moments.

MT : Tant mieux. Mais je pense aussi que c'est grâce à l'ensemble de notre travail, les albums précédent ayant peut-être préparé le terrain pour Hyperion.

SL : Je trouve aussi qu'Hyperion est plus ouvert que nos précédents disques, plus aérien, même si je connais beaucoup de gens qui au contraire le trouve plus sombre et « poisseux » qu'Elysian Magnetic Fields. Mais j'aime bien ces différences de lecture autour d'un même album. Cela prouve peut-être qu'il n'est finalement pas si lisible que cela.





J'ai vu sur votre site que la version vinyle de Hyperion, également sortie chez Debemur Morti Productions , possédait un tracklisting différent. Pourriez-vous nous expliquer ce qu'il en est ?

SL : Marc et moi avions des idées bien distinctes à propos du tracklisting, deux visions plutôt opposées l'une à l'autre. Il a donc soumis cette idée de tracklist différentes pour les deux supports. L'idée nous a séduit et vu que la version vinyle lui tenait à coeur, je me suis occupée de celle du CD, en accord bien sûr avec Alain et Luz. Le double LP comporte deux titres en plus, « Absence » et « Distance » mais avec « Circumpolaris » en moins. Mais en dépit de ces quelques changements et d'un ordre alternatif, cela reste évidemment le même album dans les deux cas.

MT : C'est aussi dû à des raisons pratiques puisque qu'il est impossible de mettre le même temps d'écoute sur un CD que sur un vinyle. A plus forte raison lorsque tu as quatre faces. Il fallait donc faire un choix. De plus, un vinyle sonnant différemment par nature, on a opté pour un tracklist en fonction de cela. Je suis très satisfait du résultat, je n'ai jamais fait un vinyle qui sonnait aussi bien.



Et comment cela se passe-t-il avec cette nouvelle signature ?

AB : Tout se passe très bien. Debemur Morti est un label qui bosse vraiment bien la promo et on a de très bonnes relations avec eux.
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