Ceci explique peut-être le retour à ses origines JESU-esques sur Elysian Magnetic Fields. DIRGE a conservé le son massif et dantesque qu'il avait développé et transposé de NEUROSIS et un peu à contre-pied des tendances, il évite les envolées Post-rockiennes ou trop métallisées. Concentré sur l'essentiel du son, ce sont des titres carrés qui sont gravés dans le granit. Cela ne veut pas pour autant dire que le groupe ne peut s'étendre sur de longues plages qui dépassent les 10 minutes. Une durée qui ne nécessite pas de faire monter la sauce, DIRGE ayant plutôt l'habitude d'entrer dans le vif du sujet, mais bien de lacérer, découper et régurgiter inlassablement ce son plombé qui nous oppresse.
Ce retour à ses premiers amours est subtil. Si DIRGE a su en conserver une certaine froideur, n'attendez pas des Français une musique mécanique qui symbolise les machines. En effet, les parties Indus sont plus là pour habiller le côté Doom et Sludge du groupe. Elles contribuent à la création de cet univers torturé et prostré.
Derrière ce bourdonnement de guitares et cet assourdissement tiré de la masse, les variations sont nombreuses et diverses. L'apport influencé par Justin Broadrick n'est d'ailleurs pas pour rien à ce jeu copieux de nuances.
Dans cette voie DIRGE semble n'avoir plus rien à prouver aux autres. Qu'il reste dans l'ombre ou qu'il soit enfin exposé à la lumière, DIRGE clame haut et fort qu'il est ce qu'il est avec Elysian Magnetic Fields. Et si Wings Of Lead Over Dormant Seas, le précédent opus du groupe a eu besoin de temps pour que sa magie opère, il reste en comparaison de cette nouvelle plaque trop convenu et moins personnel. Par conséquent, qu'il reste ce qu'il est et surtout qu'il ne tente plus de suivre les autres. DIRGE a tout à gagner à croire en sa propre histoire...

Dirge
Godflesh

Neurosis