Reportage

Retour du Monsters of Death tour avec Monstrosity et Origin

Trier (Mergener Hof), le 08-01-2023

Lundi 9 janvier 2023



A peine le seuil de 2023 franchi que nous retrouvons déjà le chemin des salles de concert : on ne va certainement pas s’en plaindre ! Surtout lorsqu’il s’agit de s’envoyer une tournée aussi costaude que ce Monsters of Death tour doté d’un line-up de la mort (c’est le cas de le dire) coheadliné par Monstrosity
Monstrosity


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et Origin
Origin


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, en compagnie de nos compatriotes de Reject the Sickness
Reject the Sickness


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et des Estoniens d’Intrepid.

Une bonne heure de route me sépare de la MJC de Trèves, autrement appelée Mergener Hof. Et puisque de mémoire on en a jamais parlé dans le webzine, autant en dire quelques mots. Il s’agit d’une salle de taille moyenne (pouvant accueillir jusqu’à 500 personnes a priori) se situant non loin du centre de Trèves et sa fameuse Porta Nigra, en Allemagne donc. Si elle communique très peu dans l’ensemble, et qu'elle n’a pas le charme de la défunte Exhaus que nous sommes nombreux à regretter dans le coin, elle peut au moins se vanter d’une configuration plutôt confortable. En effet, elle alloue suffisamment d’espace autant pour la zone salle/scène en tant que telle, que pour l’espace dédié au merch’ , et bien entendu au bar. Tout juste faut-il franchir sans se péter la gueule les quelques marches permettant d’accéder aux différents recoins de ce sous-sol. Côté son, si d’expérience on sait que l’on peut s’attendre à tout type de résultat ici, il s’avère qu’il penchera ce soir du bon côté de la balance...

Allez, on se refuse aux jeux de mots qu’un tel patronyme peut nous évoquer pour se concentrer sur la musique délivrée par Intrepid, en provenance directe de Tallinn. Un groupe qui a sorti deux EPs et un format long depuis sa formation en 2016, pour une disco qui baigne en plein Death d’obédience plutôt old school. Si l’on en juge par le dernier EP en date (Slaying of Sanity / Murder of Mind) on devrait donc se retrouver en terrain connu entre gros riffs, chant plutôt caverneux et quelques solis pour éclaircir le trait. C’est effectivement ce que l’on retrouve sur scène, l’occasion de se rendre compte de la jeunesse de nos lascars, et de leur équipement qui a dû en faire pâlir quelques uns ce soir. Au-delà de ces considérations, impossible de nier la grande efficacité du groupe en live , qui nous convainc complètement de son potentiel après cette petite demi-heure juste entachée d’un problème de micro en fin de set, problème qui déclenche pour l’anecdote une petite colère du chanteur qui envoie alors quelques fucks vers la régie avant que son guitariste ne lui rappelle l’existence du deuxième micro sur scène ! Ambiance Spinal Tap quand tu nous tiens...

C’est au tour maintenant des Belges de Reject the Sickness
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de venir nous conter chanson. Avec un petit changement de style au passage, puisque le groupe évolue dans un style beaucoup plus axé sur le Death mélo, ce qui ne nous fera d’ailleurs pas de mal avant les deux déflagrations qui vont suivre. Une belle opportunité que cette tournée en tout cas, pour un groupe qui a par ailleurs été annoncé il y a quelques semaines à l’affiche du prochain Alcatraz festival. On passe sur l’intro grandiloquente complètement dispensable, et les premières minutes, plutôt brouillonnes, des débuts vite oubliés étant donné la suite beaucoup plus convaincante réservée à ce set mené avec le sourire par Guy au chant. Même lorsqu’il s’agit de refuser poliment le verre maintes fois tendu par un fan du premier rang ! Une fois chaud, Reject the Sickness
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parvient à imposer son style, comme on l'a dit en léger décalage avec le reste de la soirée, mais tout en efficacité, en atteste l'absence de deuxième guitare qui ne se fait pas vraiment sentir, la basse de Jonas assurant par ailleurs une belle épaisseur de son à l’ensemble.
Voilà donc deux groupes d’ouverture qui nous auront proposé un contenu bien solide, bravo à eux, il ne fallait pas arriver tard ce soir !

Quel plaisir de retrouver les fous furieux d’Origin
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! Un groupe qui n’a jamais été avare en tournées européennes et qui ne déçoit que rarement, leur maestria technique n’ayant d’égale que la folie de l’ami Jason Keyser au chant. Une pandémie et un Chaosmos (2022) plus tard, on retrouve donc les gaillards avec plus ou moins les mêmes ingrédients. Le démonstratif Mike Flores forme cette section rythmique toujours aussi redoutable avec son comparse John Longstreth tandis que Paul Ryan nous envoie cette pluie ininterrompue de riffs rapides et techniques. Quant à Jason Keyser, on l’a connu plus fou mais il sait se montrer toujours caustique et volubile dans ses interventions et habite sa prestation live.
Là ou le bât blesse un petit peu c’est côté setlist. Prenant à cœur la thématique de cette tournée, Origin
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nous propose un menu tiraillé entre son propos old school et ses deux derniers albums ; l’ensemble tirant vers le versant le plus agité de la disco des gaillards. Ainsi, si le côté furieux et technique fait office de bon défouloir au début, on se retrouve ensuite un peu essoufflé devant tant de rapidité et il nous manque clairement quelques respirations permettant de diversifier le propos. C’est qu’Entity est malheureusement peu représenté dans la setlist. Mais ne soyons pas sévères, rares sont les occasions de pouvoir s’envoyer un Death aussi rapide et technique, or Origin reste un des maîtres du genre …

S’il est un groupe souvent oublié lorsqu’il s’agit de mentionner la scène floridienne des années 90, c’est bien Monstrosity
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. Et c’est bien dommage… Car outre le fait d’avoir parfois croisé son line-up avec des pairs plus connus comme Death et Cynic, voire Malevolent Creation et Brutality, sans même parler des années George ''Corpsegrinder'' Fisher au chant (et oui…), Monstrosity
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est aussi responsable d’albums bien qualitatifs dans le genre. On parle la de Imperial Doom (les débuts) ou du fameux In Dark Purity de 1999, voire même du récent The Passage of Existence sorti en 2018 déjà. Un line-up qui est resté stable depuis cet album et qui nous fait donc le plaisir de nous rendre visite en ce début d’année. Une belle occasion qu’il ne fallait pas manquer, le groupe s’efforçant de piocher largement dans toute cette disco durant leur petite heure de jeu, de manière à faire plaisir à ceux qui ont suivi leur carrière tout comme de montrer l’étendue du savoir-faire de l’imposant Lee Harrison (batterie, seul membre fondateur encore à bord) et de sa troupe, à commencer par la géniale paire de guitariste Matt Barnes / Justin Walker…
Il faut dire que les gaillards se mettent en valeur dès les deux premiers morceaux, Cosmic Pandemia et Kingdom of Fire, soient les compos les plus récentes jouées ce soir. On se prend alors une bonne petite claque, la faute notamment à ce son bien massif, vous savez, celui qui prend directement aux tripes. Passé ce petit choc initial, c’est la plus rapide Firestorm qui lance véritablement le show des Américains, qui savent se montrer également fort groovy le temps des Suffering to the Conquered et Abysmal Gods. Loin de se relâcher, Monstrosity
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durcit le propos, plus in your face en milieu de set, notamment via les autres extraits d’Imperial Doom sélectionnés par le groupe pour fêter les 30 ans depuis sa parution, et qui nous montrent par ailleurs que Mike Hrubovcak n’a pas tant à envier à l’ami George.
Le concert passe vite, très vite, et c’est après une quarantaine de minutes que Lee Harrison rejoint le devant de la scène afin d’inciter le public, relativement calme ce soir, à en demander davantage. Chic alors, il nous reste justement à nous envoyer la superbe Angels Venom, ainsi qu’un Manic, conclusion bien brutale de ce concert fort réussi.

Remerciements à Agonia Records
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