Un peu de Death old-school ne peut pas faire de mal pour commencer. Très influencé par des groupes comme Asphyx, Tridentifer démarre son set devant une assistance réduite à 30 personnes. Effet du week end ensoleillé ou de l’horaire inhabituellement tôt ? Difficile à dire mais cela n’empêche pas les Allemands de prendre du plaisir à jouer les morceaux de leur EP Zombified. Le chanteur en particulier à l’air...disons "en forme", et s’illustre notamment par le petit chevalet sur lequel il dépose ses feuillets de lyrics (qu’il a manifestement quelques difficultés à retenir). Sa performance vocale faite de growls classiques pour le genre n’est en tout cas pas à plaindre, même si une certaine monotonie s’installe en milieu de set, avant le plus groovy Bloody Execution et deux derniers morceaux plus rapides. Une performance qui aurait sans doute été mieux mis en valeur devant une assistance plus compacte.
Changement radical de style avec les Luxembourgeois de Arkaeon qui donnent dans un Deathcore plus technique et tape à l’œil. Musicalement, le combo oscille entre les passages bruyants typiques du style à base de breakdowns et autres infrabasses, et des interventions plus mélodiques, plus techniques et en tout cas bien plus intéressantes (notamment sur certaines intro ou quelques breaks). Avec une batterie trop légère et un chant un peu trop forcé (même s’il s’inscrit dans le genre), le groupe termine sa prestation en demi-teinte. Quelques idées à travailler néanmoins.
Depuis son avant dernier album (Agony), Fleshgod Apocalypse s’inscrit totalement dans un concept. Mais là où la démarche du groupe est vraiment appréciable, c’est que tout est cohérent et se marrie bien : leur Death Metal laisse de plus en plus de place au chant lyrique, au piano, aux voix claires. Ces éléments, combinés à leurs lyrics (cf. le thème antique de Labyrinth), prennent encore plus de sens sur scène où les visages grimés côtoient les masques, les costumes et une attitude assez théâtrale. Une attitude symbolisée par l’entrée en scène de la chanteuse lyrique, ou ces interludes parlés, comme si le chanteur se muait en narrateur d’une histoire.
Si tout ceci donne envie de se prendre au jeu Fleshgod Apocalypse, et ce malgré le peu d’ambiance résultant de la maigre affluence, il est dommage de constater dès l’intro que le son est globalement un peu faible, notamment au niveau des guitares. Heureusement, il prend un peu plus de consistance par la suite, notamment sur Minotaur, et son solo qui résonne encore dans les travées de la petite salle de l’Exhaus. C’est que, à l’étroit sur cette scène exiguë, les Italiens assurent parfaitement leur rôle : les voix claires (un peu sous mixées au début, puis correctement mises en place) sont très bonnes, la chanteuse lyrique produit une excellente prestation en raccord avec le reste de la musique (certains morceaux ont même été réarrangés) et les riffs, même s’ils sont répétitifs, produisent leur petit effet et n’oublient pas le côté complètement Death du groupe. La setlist, quant à elle, fait toujours la part belle à Agony, dont le tube The Violation connaîtra le plus gros succès de la soirée.
Finalement, après un In Honor of Reason (tiré de Oracles) bien senti, Fleshgod Apocalypse achève sa prestation d’une heure par le grandiloquent The Forsaking pour un final assez saisissant. Proche de son public, le groupe se retire de scène mais revient après quelques secondes pour saluer les fans présents : une attitude très sympathique après une soirée pas forcément évidente à gérer, étant donné le contraste saisissant entre l’effort de mise en scène de la musique et le peu d’affluence pour en profiter comme il se doit.
Un très bon concert néanmoins, qui montre (s’il en était besoin encore) que Fleshgod Apocalypse possède un fort potentiel. Espérons pour eux qu’ils puissent l’exprimer à nouveau en décrochant de nouvelles tournées leur permettant de se produire sur des scènes plus importantes et mettant mieux en valeur cette capacité théâtrale, pas si courante.

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