Fleshgod Apocalypse, c'est avant tout la vitesse extrême, des vocaux hurlés et clairs facilement identifiables et un tempo hors norme emmené par son emblématique batteur Francesco Paoli (ex Hour of Penanceet aussi connu pour touiller ses pâtes à 260 BPM, ça ne s'invente pas) reconnu plusieurs fois comme drummer le plus rapide du monde. Une violence qui s'exprime dans sa grandiloquence la plus faste avec des harmonies et orchestrations symphoniques, dans un style très inspiré de la Renaissance italienne (forcément me direz-vous).
Après deux albums de pure brutalité Oracles (2009) et Agony (2011), le groupe nous avait laissé sur notre faim avec Labyrinth (2013). Les orchestrations omni présentes mélangées à la brutalité dans sa forme la plus extrême, une production brouillonne et la volonté trop prononcée de théâtraliser le propos avaient rendu cet opus difficilement écoutable, presque inaudible par moments.
Mais avec ce King (ce roi enfoui au fond de chacun de nous selon les propos de son vocaliste Tommasco Riccardi), FA prouve qu'il est capable de tirer les leçons de ses erreurs et nous envoie une bombe hollywoodienne tant par la qualité de sa production que par la richesse de ses compositions.
L'album est encore plus théâtral, les orchestrations sont présentes mais savent se faire discrètes si nécessaire et laisser éclater la violence extrême dans toute sa splendeur. Le dosage est parfaitement réussi, servi par une production digne d'un vrai blockbuster à la Dimmu Borgir ou encore Septic Flesh. C'est très vibrant et... harmonieux !
Cela ne blaste plus tout le temps, ce qui permet à l'auditeur d'apprécier l'ambiance (Cold as Perfection) et laisse une place plus pondérante au piano (que l'on entend enfin distinctement sur tous les morceaux !!!)
On a même droit à un arrachage de cou monstrueux (Healing through War) appelé à devenir un classique du groupe en live. La chanteuse lyrique, intégrée sur la dernière tournée et timidement sur Labyrinth, est également plus présente et apporte à la fois douceur et mélodie mais aussi une atmosphère décadente qui amplifie cette déferlante de riffs dingues (Syphilis). Enfin, le chant clair du bassiste Paolo Rossi, complètement noyé dans la bouillie sonore sur l'opus précédent, retrouve de sa superbe comme sur Agony (In Aethernum)
La plage titre " King ", habituel morceau de clôture au piano, vaut également le détour pour les aficionados des instruments à cordes frappées. Notons également que la version bonus comprend les versions instrumentales symphoniques de l'album. C'est carrément trippant.
Fleshgod Apocalypse fait preuve de maturité avec cet album et ce dernier devrait lui ouvrir enfin les portes des tournées en tête d'affiche. Il démontre également un groupe en pleine confiance de ses moyens, capable de s'auto-critiquer et se surpasser. Il ne sera pas facile pour le groupe pour proposer encore mieux et plus puissant dans le futur, sans tomber dans la " commercialité ". On suppose qu'ils acceptent le challenge et le relèveront sans problème.
Symphonic Brutal Death

Fleshgod Apocalypse
Dimmu Borgir
Septic Flesh