
Et pourtant tout à commencé de la plus belle des manières avec le set proposé par Briqueville, mystérieux combo accouchant d'un metal ambiant se rapprochant de grandes envolées à la Amenra. Silencieux et vêtus de capes et de masques, les membres du groupe investissent les planches dans la pénombre et nous donnent l'impression de nous retrouver dans une scène de Eyes Wide Shut, les femmes nues en moins. S'en suit une explosion sonore d'une rare intensité et de très grande qualité qui a pour effet immédiat de nous placer dans une autre dimension. Peut-être trop extrême pour le public des Nuits, le set proposé par Briqueville n'aura certes pas attiré la grande foule, mais aura certainement fait office de découverte de la soirée pour celles et ceux qui les découvraient.
D'originalité, il faut dire que la suite du programme en aura manqué quelque peu. Vus, vus et revus les trois groupes qui suivent ont certes du talent à revendre et portent à bout de bras une certaine tranche du rock belge, mais force est d'avouer que le mot découverte ne s'y prête plus.
Toujours devant un parterre clairsemé, les Liégeois de The K. et leur noise brut à souhait nous auront livré un set dynamique, mais malheureusement loin d'être parmi leurs meilleurs. A leur décharge, la majeure partie du public présent dans la salle semblait plutôt subir que profiter. Il faut dire que le genre de la maison est sans concession et peut étonner celles et ceux qui n'y seraient par préparés. Et pourtant, comme à son habitude, Sebastian von Landau (chant/guitare) se démène et n'est pas avare dans l'énergie qu'il dépense sur scène. Descendant même dans le public afin de le remuer, celui-ci, plus craintif, ne se laisse pas faire. Bref, même avec une ambiance en demi-teinte, The K. reste l'un des fleurons du rock dur belge et principautaire. Avec un nouvel album en préparation prévu pour l'automne, le trio ne manquera certainement pas de refaire parler de lui dans les prochains mois et notamment lors de son passage prévu à Dour face à un public, qui, on l'espère, lui sera plus favorable.

S'en suit une autre bête du rock, ou plutôt du spaghetti rock belge: Romano Nervoso. Immanquable depuis la sortie en octobre dernier de Born to Boogie, son deuxième opus, le combo made in Wallifornia est partout. Emmené par Giacomo Panarisi au chant, Romano Nervoso enchaîne les dates et poursuit sa conquête du pays. Dans un style, désormais connu et reconnu, le groupe de La Louvière nous aura pondu un set énergique sans pour autant se mettre dans le rouge. S'égosillant à chaque début de chanson, Giacomo use ses cordes vocales et réveille enfin un public jusque là resté endormi. Descendant également faire un petit tour dans la fosse, le Giac ne sort pas de son personnage et amuse la galerie. En 40 minutes top chrono, Romano Nervoso aura balayé ses deux albums et s'en ira sur "Maria", cette reprise improbable de "Aline" de Christophe, traduite en italien.
En fin de soirée, le public, enfin chauffé, accueille Elvis Black Stars comme si sa vie en dépendait. Il faut dire que le combo originaire d'Andenne nous revenait avec un nouvel EP 5 titres dont le single "Better Than You", diffusé sur les ondes, aura certainement eu raison de cet élan de popularité. Et à les (re)voir, on se dit que ces cocos-là ont parfaitement compris comment prendre le train en marche. Des compos un peu moins rock qu'avant tout en restant assez pêchues, des morceaux taillés pour la radio et, il faut l'avouer, de jolies petites gueules, voilà trois ingrédients qui les feraient presque arriver en tête de liste des invités pour une soirée The Voice organisée par BJ Scott. Bref, cela n'empêche absolument pas de constater qu'Elvis Black Stars maîtrise son sujet sur le bout des doigts et vient de nous produire, avec ce nouvel EP, un bel échantillon d'un prochain album prometteur.




