Finsterforst lance les débats et va rapidement mettre le public de Vosselaar dans sa poche malgré un virage stylistique pour le moins déconcertant dont leur nouvel EP, « #YØLØ » (vous avez bien lu !), n’est que la pierre angulaire. Oubliez les mythes et les légendes ! Désormais, Finsterforst se lance dans les chansons à boire ! À l’instar d’un show de Korpiklaani ou autre Alestorm, l’atmosphère est résolument festive mais avec une demi-heure de show et cinq morceaux, nous restons quelque peu sur notre faim. Pas que le set proposé ne soit pas de qualité mais un ou deux « anciens » morceaux n’auraient pas été du luxe. Mais bon, You Only Live Once comme ils disent...
C’est ensuite au tour de Nothgard de monter sur les planches et de balancer son mélange de death mélodique et de power metal aux amateurs du genre. Ce concert qui va servir de tour de chauffe au guitariste Dom R. Cray (officiant également dans Equilibrium) démarre avec un tout nouveau morceau, l’agressif Draining Veins tiré de l’album « The Sinner’s Sake ». Le band est concentré et fait preuve d’une énergie communicative. Les grognements gutturaux de Dom sont impeccables sur Warhorns of Midgard et l’on assiste à un premier wall of death sur l’épique Age of Pandora. On revient ensuite à des passages beaucoup plus folk sur Blackened Seed. Marcos Rodriguez de Rage, présent ce soir dans le public, semble apprécier le show proposé par les Teutons. In Blood Remained, contenant deux mémorables passages power mélodiques et folks à la fois, marque les esprits grâce à une dualité au chant extrême/clair. Le groupe prend congé de son public avec Lex Talionis et a clairement gagné des points à l’applaudimètre.
« Ik ben Vulgaris Magistralis, en ik rijd op een mammoet in het rond ». C’est tout un programme que nous proposent les Néerlandais de Heidevolk. À coup de morceaux efficaces, le combo mené par deux chanteurs en parfaite harmonie va embarquer la salle à travers les landes germaniques. Heidevolk joue « à domicile » ce soir et les morceaux scandés dans la langue de Vondel n’y sont certainement pas pour rien. De toekomst lonkt aux effets stroboscopiques détonants ou encore Drankgelag, festif morceau incitant à boire le coup sont repris en chœur et recueillent les acclamations d’un public enthousiaste. Pour ce qui est des nouveaux titres, l’envoûtant Velua nous scotche littéralement sur place : chœurs bourdonnants et effets sonores grandioses au programme. Les Néerlandais ont clairement fait un effort pour diversifier leur son avec des pistes harmonisées de guitares, une production lisse, une orchestration excentrique et de costauds riffs à l’image de Winter Woede et surtout Een Met De Storm qui voit le public pogoter et headbanguer comme jamais. Et bien sûr, les slammeurs s'en donnent à cœur joie sur Saksenland et Vulgaris Magistralis. Une démonstration d’efficacité et de bonne humeur : rien de tel pour accueillir la tête d’affiche du jour dans les meilleures conditions possibles ! Aouh, Aouh, Aouh !
Un petit mot sur ce nouvel album d’Equilibrium : philosophiquement, ce nouvel opus offre une réflexion à propos de l'impact négatif de l'Humanité sur la Terre et annonce la chute imminente de notre espèce. Instrumentalement, ce disque est clairement dominé par des sons de clavier sortis tout droit d'univers cinématographiques, dramatiques et épiques. Si les claviers ont toujours été très importants dans la recherche de ce son si familier et reconnaissable entre mille et s’ils forment à nouveau la pièce maîtresse de ce disque, on remarquera une volonté de pousser les accords vers des consonances se rapprochant légèrement du black metal. Bref, avec des orchestrations aussi majestueuses qu’apocalyptiques, les joyeux lascars d’Equilibrium n’avaient pas intérêt à se louper en live. Une épaisse fumée s’échappe des deux côtés de la scène, l’intro d’ « Armageddon » est lancée… Les maîtres de cérémonie débarquent dans la pénombre pour entamer Erwachen, départ en trombe au refrain accrocheur, dominé par la voix ravageuse de Robse sur fond de synthés surpuissants avant Katharsasis, tout aussi lourd et pour lequel les premiers pogos entrent en scène. « Hello Biebob, are you ready for some epic metal ? » questionne l’imposant chanteur avant d’entamer le champêtre Waldschrein. Pour Heimat, le public tout entier en profite pour jumper devant ce morceau typiquement equilibriumesque construit sur un refrain une fois de plus festif avec des claviers que n’aurait pas renié le Trans-Siberian Orchestra et pour lequel Robse peine légèrement à tenir la cadence. Le temps est alors venu pour un bon petit wall of death de derrière les fagots pour lequel le morceau Karawane donne le top départ avant que Blut im Auge, le classique des classiques, ne soit scandé par la foule toute entière. Arrive ensuite le tout nouveau single intitulé Prey, autre grand temps fort de ce concert. Ce morceau au riff lourd (sans doute l’un des plus lourds jamais composé par le groupe) joue dans la cour d’un thrash épique et relèverait à lui seul le chiffre d’affaire d’un vendeur de minerves. Le sympathique Born To Be Epic, rare morceau à être chanté en anglais, possède sans aucun doute l’un des breaks les plus ridicules (mais tellement amusant à fredonner) et fait exploser le compteur de rictus ! René Berthiaume, désormais seul membre originel et principal compositeur, s’amuse autant que son public. Marcus Riewaldt, le nouveau venu à la basse, donne l’impression de faire partie du groupe depuis ses débuts. « The next one is about … drinking ! » : le public, bras dessus bras dessous, se balance de gauche à droite pendant le dansant Uns’rer Flöten Klang avant ce moment si cher aux fans de jeux vidéo, la reprise du thème de Skyrim. On en profite ensuite pour jumper à nouveau au son de Unbesiegt pour lequel Robse reprend son chant aigu et extrême avant un rappel composé de plusieurs morceaux dont Rise Again à la flûte agitée, Freiflung aux chœurs héroïques et le rapide Heimwärts. Moment ‘cute’ de la soirée : Robse fait monter un petit garçon sur scène pour lui laisser le micro pendant quelques instants. Les Allemands nous quittent à la manière de Bruce Willis sauvant le monde avec Eternal Destination qui reprend certains accords de la musique du film de Michael Bay en n’oubliant pas de saluer chaleureusement son fidèle public, « notre famille » comme le décrivait Robse en milieu de show.
Remerciements à Napalm Records

Equilibrium
Heidevolk
Korpiklaani
Alestorm
Trans-Siberian Orchestra