Après avoir enregistré Speak Of The Dead en 2006 avec un orchestre symphonique, Rage était revenu, deux ans plus tard, à son power heavy metal de ses origines avec Carved In Stone.
Son dernier opus, Strings To A Web, qui sera disponible dans les bacs le 5 février, est un mélange des deux avec une connotation beaucoup plus heavy qu'orchestrale... Et ce n'est d'ailleurs pas plus mal car c'est bien ce que le groupe sait faire de mieux.
Le trio emmené par Peter "Peavy" Wagner s'est visiblement très bien remis du départ de son batteur mercenaire Mike Terrana en nous proposant le meilleur ouvrage de sa belle carrière.
Les passages de percussions du morceau "Strings To A Web", repris comme titre de l'album, démontrent à suffisance l'aisance technique d'Andre Hilgers derrière ses fûts.
"Empty Hollow" est le point culminant tant sa majestuosité rassemble toutes les spécificités qui ont fait de Rage un groupe de plus en plus reconnu et incontournable. Des passages orchestraux se mélangent à la puissance des riffs. Le morceau est décomposé en plusieurs parties dans l'album et on ne se lasse jamais de retrouver ses mélodies ci et là.
"On The Edge Of Darkness" est joué sur un mode futuriste avec d'impressionnants effets de guitares.
Rage tient en Victor Smolski, son guitariste biélorusse, un véritable diamant dont les carats de solis illuminent "The Beggar’s Last Dime" ou "Saviour Of The Dead" sur lequel Peavy se fend d'un "Demons gather in my head, make me suffer in my bed". Véritablement démoniaque...
Peavy sait qu'il tient là, son meilleur album. Son rire machiavéllique sur "Hunter & Prey" peut attester de cette abnégation jamais démentie. Rage a réellement la rage et cela s'entend et s'apprécie...
Enregistré au Twilight Hall Studio sous la baguette du traditionnel producteur et ami du groupe, Charlie Bauerfeind (Hammerfall, Blind Guardian), Strings To A Web, s'inscrit dans l'histoire du groupe comme un album riche, varié et ...moderne.
Non, le quart de siècle d'existence du groupe n'a eu aucune emprise sur sa fraîcheur musicale. Rage ose même s'aventurer avec bonheur sur des sentiers plus techniques avec "Into The Light", un véritable joyau de metal progressif.
N'en déduisez pas pour autant que les Teutons se sont amendés pour évoluer dans un registre plus sirupeux. Que nenni! L'agressivité de "Purified" viendra immédiatement les remettre dans le droit chemin.
Un constat s'impose: Rage est comme le bon vin. Plus il devient vieux, meilleur il est. Le groupe allemand n'a pas toujours été reconnu à sa juste valeur. Les 14 titres de "Strings To A Web" rassemblent tous les ingrédients nécessaires pour corriger cette impardonnable injustice...
Il faut aussi noter que l'album sera disponible dans une version "limitée" avec, en bonus, le DVD de la prestation du groupe au dernier Wacken Open Air Festival en 2009...

Rage
HammerFall