Avec un début de show à rendre un aveugle épileptique, le quintet originaire de Stockholm arrive sur scène avec sa fameuse reprise de ''Through Pain to Heaven'' de Popol Vuh couplée, cette fois, avec le titre éponyme de son nouvel album, ''Sorceress''. Impossible de tenir les yeux ouverts tant les lights sont agressives. On se dit alors qu'on est parti pour un véritable calvaire visuel, ce qui, heureusement, sera au final loin d'être le cas. On profite de ce premier titre pour glisser au passage qu'avec Sorceress, Opeth nous livre sans doute son album le plus abouti depuis son virage vers un metal beaucoup plus prog. Et si les fans de la première heure se sentiront peut-être toujours désabusés, voire frustrés, ceux du Opeth nouvelle mouture auront là de quoi se rassasier.
Enchaînant directement avec ''Ghost of Perdition'', titre d'ouverture de l'album Ghost Reveries, la clique à Mikael Åkerfeldt tape fort et nous rappelle au bons souvenirs qu'elle sait également pousser le tempo dans ses retranchements. Et de retranchements, il en est encore plus question lorsque Opeth balance les premières notes de ''Demon of the Fall'', titre nous ramenant en 1998 et à la sortie de My Arms, Your Hearse, troisième fait d'arme du combo suédois alors en pleine période Death, avec un grand D.

Après cette entrée en matière, le petit Mikael en profite pour retomber dans son petit travers et se lance alors dans une première intervention dont lui seul a le secret, mais qui, surtout, dure souvent un brin trop longtemps. De ce genre de petit laïus, il nous en offrira quelques-uns, un chouïa trop nombreux à notre goût et, également, à celui de ses acolytes qui, pendant ces moments de logorrhée, attendent patiemment que le temps passe. Résultat, le show se vit en dents de scie et l'intensité des morceaux retombe souvent tel un soufflé abandonné sur le coin du four.
A côté de ça, Opeth nous offre une prestation des grands soirs, qui, heureusement, aura magnifiquement été agrémentée et surélevée par un light show performant et loin de faire guise de pâle artifice. Niveau setlist, le groupe, actif depuis 1989 (!!!), a de quoi s'amuser. Entre le calme (et, il faut dire, ennuyeux) ''In My Time of Need'' sorti de l'album Damnation (2003) et le fracassant ''Heir Apparent'' extirpé de l'excellent Watershed (2008), Opeth pourrait nous livrer une setlist kilométrique qui serait loin d'être soporifique.
Avant le rappel, les cinq lascars nous offrent un ''The Grand Conjuration'' (Ghost Reveries - 2005) tiré en longueur et terminent leur set en apothéose. Clap de fin, les ''We want more'' résonnent dans une AB désormais gonflée à bloc. A peine quelques petites minutes suffisent pour faire revenir un Mikael Åkerfeldt à pas de loup. Opeth nous susurre alors, en véritable cerise du le gâteau, un petit ''Delivrance'' (2002) de derrière les fagots. Quinze minutes plus tard, la messe est dite. Controversé ou pas, adoré ou détesté, Opethest bien toujours là, en véritable patron et ce n'est visiblement pas prêt de s'arrêter!

Opeth