A la sortie de chaque nouvelle production d’Opeth, les questions posées sont irrémédiablement celles des styles musicaux qui seront mis à l’honneur ou du retour du chant guttural de l’énigmatique Mikael Åkerfeld.
In Cauda Venenum (2019), treizième effort qui a pour charge de succéder à Sorceress (2016), est disponible en version anglaise ainsi que suédoise. Dans le cadre de la présente chronique, nous nous concentrerons sur la version anglaise.
In Cauda Venenum a principalement pour vocation de s’inscrire dans la mouvance du rock progressif. Le rock progressif d’Opeth respecte la dénomination du genre emprunté, le groupe ne cesse jamais d’expérimenter et progresser vers des horizons encore inconnus jusqu’alors, bien loin des sonorités régurgitées à l’excès et copiées par bon nombre de formations se réclamant du rock/metal progressif. Les sonorités djent entendues en boucle sont exemptes des 67 minutes d’In Cauda Venenum, comme d’ailleurs la plupart des autres sonorités exploitées par la majorité des autres formations. Cette audace suscite un sentiment d’excitation chez l’auditeur qui se sent, le temps d’une écoute musicale, dans la peau d’un aventurier découvrant des contrées inconnues.
Dignity représente probablement le mieux ce qu’incarne Opeth à l’heure actuelle : des passages mélodiques extrêmes doux et expérimentaux qui sont entrecoupés de montées en puissance instrumentales venant vous secouer, la cerise sur le gâteau étant la présence de solos hors pair.
La pièce maîtresse, le chef d’œuvre que renferme ce treizième opus des suédois est assurément Universal Truth. Ce dernier conjugue rapidité, lourdeur et mélodie envoûtante pour s’imposer comme le point culminant des dix pistes qui s’offrent à vous.
Le soin apporté à chaque échelon force le respect. Le visuel soigné vous plonge directement dans le passé, tandis que l’introduction Garden of Earthly Delights avec ses multitudes de détails sonores qui envahissent vos oreilles finira par convaincre les plus récalcitrants d’emprunter la machine à remonter le temps. Rien n’est laissé au hasard, comme à l’accoutumée.
Si vous espérer le retour du chant guttural de Mikael Åkerfeld, vos espoirs seront déçus. Le seul changement à noter au niveau du chant provient de la tonalité empruntée par le vocaliste qui est plus élevée que lors des précédents exercices.
Les expérimentations de la seconde partie d’In Cauda Venenum sont plus difficiles à déchiffrer, le territoire exploré devient davantage aride. Nous n’irons pas jusqu'à dire qu’elle est moins qualitative que les premières pistes, mais il vous faudra probablement réaliser plus d’efforts pour en apprécier les bienfaits.
In Cauda Venenum s’impose comme une aventure fournie, variée et expérimentale à bien des égards. Si vous acceptez d’épouser la vision de lourdeur qu’adopte Mikael Åkerfeld et ses comparses, vous ne pourrez qu’être charmé.
Opeth - In Cauda Venenum - Chronique - Mikael Åkerfeld - Metal progressif

Opeth