Reportage

Gojira à la Rockhal : deuxième acte !

Esch-sur-Alzette (Luxembourg) (Rockhal), le 25-03-2017

Dimanche 26 mars 2017



Un deuxième acte pour Shoot Me en effet, car après le concert de l’AB couvert par Laurent mercredi, j’ai à mon tour la chance de pouvoir vous rendre compte de la tournée Magma, qui fait aujourd’hui étape au Luxembourg.

Un troisième concert de Gojira à Luxembourg et environs en moins de 2 ans, et on ne va pas s’en plaindre ! Depuis leur dernier passage à la Rockhal en juillet 2015, il n’est pas rien de dire que Gojira a encore changé de statut : un nouvel album, Magma, qui réalise un gros carton critique et commercial, une nomination aux Grammy Awards US et une (nouvelle) première partie de de la tournée des stades que réalisera Metallica prochainement aux US... n’en jetez plus ! Logiquement, les Français remplissent les salles et le club de la Rockhal affiche, tout comme l’AB, sold out depuis plusieurs semaines déjà. Pas mal pour un groupe jadis affilié au Death Metal….
Et impossible de déplacer le show dans la grande salle, celle-ci étant occupée par Emeli Sande ! Ce n’est pas la première fois que cela arrive, la Rockhal a programmé ce soir deux concerts bien différents dans ses deux salles ce qui occasionne donc à nouveau ce savoureux brassage du public.



Pour ne rien gâcher, Gojira s’est entouré de ses petits protégés de Car Bomb et de la valeur montante Code Orange. Des choix qui ont manifestement surpris une partie du public mais que personnellement j’approuve totalement.



Car Bomb n’a en effet jamais caché son admiration pour Gojira, allant jusqu’à faire produire son album, Meta, par Joe Duplantier. Leur prestation nous permet donc d’avoir un bon aperçu du son des New-Yorkais, qui occupent comme ils le peuvent l’espace minuscule leur restant devant le matériel des deux groupes à suivre. Déstructurée mais dotée d’un bon gros son (l’intro sur Best Intentions), parfois ambitieuse (la mélodie sur fond de blast, amenée ainsi, il fallait l’oser), la musique de Car Bomb a tendance à partir dans tous les sens mais s’apprécie ainsi beaucoup mieux live que sur leurs albums, un peu dificiles à digérer. Quelques passages assez forts semblent même convaincre une partie du public comme ces nappes de guitare précédents des refrains plus escarpés ou cette synchro basse/guitare hallucinante (Constant Sleep, extrait de Meta, album le plus représenté ce soir). Complices, ils ne manquent pas de remercier chaleureusement le public d’être venu de bonne heure et pourront se vanter d’avoir su se mettre en valeur.



Même s’ils prétendront durant le set que nous n’avons « jamais entendus parler d’eux », Code Orange a clairement motivé quelques irréductibles, qui se feront entendre dès l’arrivée du groupe sur scène, à faire le déplacement avant tout pour eux. Adoubés par des « stars » de la scène comme Randy Blythe (Lamb of God), le style des ex- Code Orange Kids va en effet bien au-delà du seul Metalcore auquel on a un peu tort de les assimiler. Inventive et troublée, leur musique se mérite ! Enfin, ça, c’est ce que je pensais écrire au départ : comment, en effet, ne pas être soufflé par l’énergie qui se dégage du combo dès les premières notes assénées (Forever et Kill the Creator, d’entrée de jeu). Code Orange ne repose pas sur un frontman à proprement parler, le chant étant partagé par Reda, Eric et Jami; mais compense largement par son jeu de scène, visuellement sauvage. Alors si à l’entame de My World certains ne sont déjà sauvés, d’autres tentent au contraire d’animer un pit beaucoup trop timide et pourtant bien martelé par l’efficacité de la section rythmique de ces fous furieux. Côté face, Code Orange arrive aussi à démontrer sa versatilité en interprétant l’excellent et mélodique Bleeding the Blur (belle perf’ de Reda au passage) ou en étendant les bidouillages sonores d’Eric, jonglant sans cesse entre guitare et synthés. Faisant la part belle à son dernier né (Forever) et à son petit prédécesseur (I Am King), Code Orange aura au moins pu profiter de cette tournée pour continuer à faire circuler son nom en vue d’un prochain rendez-vous européen. A commencer par le Graspop cet été.



Sold out, la Rockhal n’attend plus que ses héros du soir pour chavirer. C’est chose fait dès Only Pain, ouverture surprenante mais finalement bien vue. L’occasion de vérifier ce que Laurent a bien décrit : l’aspect visuel. Les Landais ont réalisé un véritable effort de mise en scène à l’aide de différentes projections, complétant à merveille les thématiques initiées avec l’album. Suivant une logique qui perdurera ensuite quasiment tout le concert (un titre de Magma / un classique), Gojira nous assène « déjà » un The Heaviest Matter of the Universe de feu puis le joli Silvera. Joe marque alors une pause, s’amuse des « à poil », et s’inquiète, avec cette ironie qui lui est particulière, de savoir si tout le monde va bien, si le son nous plait. Plus tard, et comme à Bruxelles, il se lancera aussi dans un petit monologue en faisant référence au Luxembourg et aux concerts précédents, traduisant ses propos en anglais pour les non-francophones... en se limitant à dire qu’il cherche à gagner du temps entre deux morceaux ! Au moins il fait l’effort de s’adresser à l’ensemble du public, pas comme Heaven Shall Burn quelques jours plus tôt à l’Atelier, qui se croyait visiblement en Allemagne…



Fait suffisamment rare pour être souligné, Stranded est curieusement marqué d’une petite fausse note lors de son intro. Mais, chose bien plus importante à souligner, ce morceau, tout ce concert dans son ensemble, est surtout l’occasion de vérifier une chose : non, Gojira n’a pas perdu ses fans en s’ouvrant à la mélodie, il semble au contraire avoir ravivé son foyer de fidèles tout en en attirant de nouveaux. On remarque aussi les nets progrès dans le rendu des extraits de Magma, meilleurs que l’été dernier... à moins que ça ne soit l’écoute répétée de l’album depuis qui ait jouée.

Viennent ensuite ces cris de baleine caractéristiques ... le public ne s’y trompe pas et c’est le superbe Flying Whales qui permet enfin au quatuor de se lâcher un peu (fumi à l’appui) et au public de se remuer davantage, concluant ce classique de 'Gojira! Gojira!' mérités. De quoi laisser place au formidable The Cell, une réussite marquée par un break durant lequel le public s’unit pour battre la mesure. Jouant à nouveau l’alternance, un Backbone énorme de lourdeur (fumi à l’appui là encore) se charge d’épicer à nouveau le propos de Gojira avant de les sieurs ne nous fassent planer d’un Terra Inc délicieux mais unique représentant des débuts, tout comme L’Enfant Sauvage se limitera à son morceau éponyme. Dommage, l’album renferme de compos pouvant encore mieux se marrier à celles de Magma...



Passé le dispensable solo batterie et un The Shooting Star que l’on attendait peut-être plus tôt, Toxic Garbage Island se charge de nous réveiller avant un Pray rallongé et intense, jolie conclusion d’un set que l’on a pas vu passer. Et ce n’est pas fini ! L’inévitable Oroborus (ah mais ce tapping ! Je ne m’en lasserai jamais...) et le définitif Vacuity viennent former un court rappel, conclusion de ce concert maitrisé de bout en bout d’un Gojira qui n’en a pas fini de monter. Chapeau bas !



Remerciements à la Rockhal
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