My King, leur album précédent, avait déjà bousculé la scène hardcore à sa sortie par son trop-plein de négativité. Un peu comme si on avait accumulé beaucoup trop de rage pendant une année entière et qu’on s’était défoulé non stop pendant une demi-heure. Mais instoppable, Code Orange n’a pas déversé toute sa haine et nous livre un Forever furieux et pimenté. Mais avec un panel d’influences plus diversifié.
Forever, avec sa pochette noire et blanche et aux teintes rouge sang, c’est un album qui ne laisse pas un instant de répit, comme un Gordon Ramsay qui nous botte le derrière sans cesse. On le sait depuis l’introduction, avec cette voix qui donne l’impression qu’on se fait maudire par notre pire ennemi qui se lance dans les techniques vaudou. Mais ils ont assez de ressources pour balancer leur rage de plusieurs manières, un tempo rapide et un chant agressif ne sont pas les seuls atouts qu’ils ont dans leur manche.
La voix perchée diabolique du batteur, des guitares maléfiques avec une distro assassine, des changements de rythme constants, des morceaux grunge, la voix de la guitariste dont la moitié de leur fanbase a dû tomber amoureux, des riffs tout droits sortis des enfers… Autant dire que Grincheux doit sûrement écouter Code Orange en boucle pour être aussi rabat-joie. Il doit sentir le regard intensément noir du guitariste pendant l’entièreté de l’album, comme s’il voyait au fin fond de son âme.
Certes Forever n’est pas l’album de métal commun qui conviendra à tout le monde. S’ils sont sous les projecteurs en permanence, les Américains resteront fidèles à ce qu’ils sont, c’est-à-dire une formation énervée et sans limites. Roadrunner leur a donné la visibilité suffisante pour que tout le monde ait la possibilité de voir la valeur de Code Orange, mais il ne fera probablement jamais l'unanimité. Le groupe est unique, déroutant et du coup, pas vraiment abordable, mais en persistant c’est le genre de groupes qui pourrait se retrouver un jour en tête d’affiche des plus gros festivals. On se donne rendez-vous dans quelques années sur Shoot Me Again pour voir si nos prédictions étaient correctes !
hardcore metal grunge

Code Orange