Reportage

Ghost : nous célébrons l’orgasme féminin (et oui encore)

Esch-sur-Alzette (Luxembourg) (Rockhal), le 04-04-2017

Jeudi 6 avril 2017



Comme prévu ou presque, l’ascension de Ghost ne se donne aucune limite. Le groupe créé de toute pièce par Tobias Forge a rapidement su dépasser sa relative confidentialité des débuts pour devenir une figure importante de la scène Rock/Metal actuelle. Qu’il est loin le temps du « petit » groupe alors signé chez Rise Above et qui sortait cet album (Opus Eponymous) un peu OVNI, sonnant façon rock 70’s mâtiné de satanisme ! Une formule conservée depuis, mais de plus en plus popisée (sans parler des EPs de reprises) à mesure que le groupe grossissait. A tel point que, personnellement, j’en finissais presque par regretter la confidentialité des débuts, et me lassait complètement du contenu bien trop sucré plus récent. Ainsi, histoire d’éviter l’indigestion, j’ai préféré faire un petit break ghostien ... Pour mieux m’y remettre à l'occasion de cette nouvelle tournée, histoire de vérifier aussi si les ambitions (notamment scéniques) affichées à une époque sont maintenant atteintes.

C’est en arrivant à la Rockhal que je me rends compte que deux concerts bien distincts sont programmés ce soir encore ! C'est que ça en deviendrait presque une habitude, mais, la bonne organisation aidant cela ne gêne pas spécialement. Bref, Neal Morse se produit en effet dans le « Club », alors que la grande salle est réservée pour Ghost ! Première surprise pour moi, car je ne m’attendais pas à trouver le groupe dans le format « Box » (soit, sur la grande scène mais avec rideau tiré pour masquer une bonne moitié de la salle... Ghost n’en est pas encore à attirer 6000 personnes) un an et demi après son dernier concert luxembourgeois à l’Atelier.

Une petite surprise renforcée par la découverte de la première partie de la sorée, Zombi, que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. J’ai bien dû vérifier par deux fois que je ne m’étais pas trompé de salle tant j’ai été surpris par ce groupe de Synthwave complètement décalé par rapport à la tête d’affiche de la soirée. Doté d’un son qui résonne énormément, poussant les basses au maximum et très répétitif dans l’ensemble, pas sûr que le duo ait acquis beaucoup de fans ce soir. Pour ma part, et tenant à préserver ce qui me reste encore d’audition, je préfère me sauver et attendre sagement notre Pape émérite. L’occasion de me promener dans les travées de la Rockhal en jetant un œil distrait au merch hors de prix et de me rendre compte que Ghost, de nos jours, brasse très large, tous styles et toutes classes d’âge confondus. Y’a pas à dire, le satanisme mélodique ça a du bon ! Je croise même des fans maquillés en Papa Emeritus pour l’occasion...

Dès ses débuts, Ghost n’a jamais caché ses ambitions et confessait avoir de grands projets pour la scène. Et c’est alors que je repensais à ces déclarations que plusieurs roadies débarquent sur scène, se saluent et soulevent enfin ces draps noirs recouvrant le matériel des Suédois. Batterie et claviers surélevés, décor façon église, lights... Ghost fait un bel effort pour cette tournée, même s’il n’y a là rien d’inédit.

Il en va de même pour l’intro, ce Masked Ball de toujours, à ceci près que notre Papa Emeritus soigne son apparition, soudaine dans un nuage du fumée du plus bel effet. Ce début de set endiablé sur Square Hammer augure du meilleur, et le premier refrain est déjà repris en cœur par une assistance manifestement sous le charme de cette entame. Papa utilise déjà les différents niveaux de son décor, les lights en jettent, et, surtout, on retrouve avec plaisir cette dimension plus « rock » à laquelle Ghost renvoie lorsqu’il est sur sur scène, bien plus qu’en studio.

Après un détour logique vers le dernier album (From the Pinnacle to the Pit, poussif malgré sa super ligne de basse), Ghost revient à mon cher Infestissunam, quasiment autant représenté dans la setlist que Meliora, avec un Secular Haze dansant malgré un chant assez peu assuré, comme c’est souvent le cas d’ailleurs en début de concert chez l'ami Tobias. On est presque surpris, alors, d’entendre le groupe nous dégainer le « vieux » Con Clavi Con Dio, suivi d’une belle communion avec le public sur Per Aspera ad Inferi.

Papa Emeritus se lance alors dans son cabotinage habituel, toujours sympathique, mais forcément répétitif pour qui a déjà vu Ghost en concert. C’est que le moment est venu de lancer le « gastronomique » Body and Blood, superbement rendu d’ailleurs, suivi de l’habituel moment dédié aux « sisters of sin », accompagnées du même discours imagé que d’habitude, ou presque. Cirice et Year Zero se chargent alors de relancer la machine (changement de costume au passage) avant le très acclamé He Is (effet single messieurs dames !) , qui fait d’ailleurs sonner Absolution comme presque « evil » après ça !



Signe du concert réussi, le temps passe vite et nous voici déjà au trio de conclusion : le gros riff de Mummy Dust, accompagné d’une pluie de confettis, la classieuse Ghuleh/Zombie Queen, excellemment rendue (quel final !) et enfin Ritual, annoncée ironiquement comme la dernière et ponctuée de son riff si caractéristique. Evidemment, Ghost se joue de nous, nous salue longuement, fait mine de partir avant de nous rassurer d’un « no, no shitty ending like that » et de nous servir son ode à l’orgasme féminin, habituel discours d'intro de Monstrance Clock, hit absolu façon Ghost et conclusion parfaite d’un très bon show, marqué malgré tout par cette répétitivié dans les interventions de ce cher Papa Emeritus, qu’on aimerait voir se renouveler un peu de peur de voir son concept s’etioler au fil du temps. Peut-être avec le futur Papa Emeritus IV ?


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