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Les 50 ans du Punk à l'Ancienne Belgique.

Ce samedi 24 Janvier, l’AB accueillait Fuck Off, un événement organisé par Stadskanker mettant à l’honneur la scène punk belge émergente.


Mardi 27 janvier 2026

Ouverture des portes de l’AB à 16h pour le Fuck Off, organisé par Stadskanker . Autant dire que ce n’est pas l’heure des punks. Pourtant, il se dégage déjà une certaine atmosphère. Je veux dire : c’est l’AB, évidemment. Mais quand même…

Patates pétées à prix libre, superbes hoodies patchworkés aux articles de lois belges en soutien à l’immigration, un pianiste carte blanche reprenant les plus grands tubes des 50 dernières années (un peu paradoxal au vu de l’ambiance, mais on a quand même aimé), un coiffeur ambulant semblant sortir du Rocky Horror Picture Show (d’ailleurs, il m’a coupé les tifs et je vous recommande le coupé en frite), et finalement… THE musique !



Le frère et la sœur de Piss Rules (ne cherchez pas, impossible de les trouver sur Insta) ouvrent en fanfare avec leurs morceaux egg punk. La sœur sautillant dans tous les sens, voix stridente et envoûtante, pendant que le frère éclabousse la salle de sa guitare sursaturée. Le public danse directement, pas de temps à perdre à cette heure-ci. Un set d’une demi-heure, avant qu’on hurle au mégaphone de se rendre rapidement dans l’autre salle, au premier, pour voir performer en live un groupe qui avait déjà commencé son show : Coucou c’est moi. Trois meufs, des morceaux alternant dark blues rock et punk déjanté. Bonne connexion avec le public. La salle est exiguë, et tout le monde savoure sans trop bouger (mais seulement par peur de faire tomber son voisin).



Ces allers-retours d’une salle à l’autre, pour des sets de 30 minutes, se succéderont jusqu’à 22h. Le Fuck Off a établi un manifeste très clair : célébrer les 50 ans du punk en mettant en avant la scène émergente, car les raisons qui ont fondé le punk dans les années 70 sont les mêmes qui le font perdurer aujourd’hui.

“The adults and their world trade fantasies are still poisoning the clouds of utopia.
The kids are desperate and angry as bureaucratic excuses are now fueling genocide as well. Yes, genocide.
In the midst of this shit, the kids still unite in posture, writings and music against everything they won’t be.
After 50 years of dissent, we celebrate punk in chaos, where imagination turns into unpredictability, and unpredictability into the power to counter-move what’s coming. So fuck off!”


J’ai lu quelque part que les bagarres d'amour qu'on se prend durant les mosh pits sont similaires à la dynamique naturelle des nuées d’oiseaux. Ici, ça paraît évident. Face à Burning Kross, Perfectine, FLUX , Joeri chipsvingers, Blood Bubble, Dany Labranche , FOYEUR, Mannered, Ogmios slays gargantan, The male idiot theory, Dea Ultra, Motor Motherfucking Mouth, State Collapse, le public tombe et se relève, tandis que les enfants, casques sur les oreilles, sautent sur un château gonflable observant ces démonstrations, émerveillés. Celles sur scène, celles au sol, puis celles entre les deux, le public ne se refusant pas l’estrade comme parfait tremplin.



Durant la performance de Burning Kross, on peut apercevoir une trentaine de femmes noires au béret rouge survoler la scène pour s’installer discrètement dans les gradins. Autant dire que, dans ce décor, elles ne passent pas inaperçues. Le chanteur lâche son micro, les musiciens quittent la scène sans un mot tandis que les amplis sifflent encore. C’est alors que le “Comité des femmes sans papiers” se lève et illumine la salle. Voix claires, revendications et discours d'espoir. « Supprimez les frontières », « On en a marre », « Nous sommes vos voisines » , ça sonne encore différemment quand une assemblée de femmes, de mères, de grand-mères, le chantent à pleins poumons. Le public répète leurs sages paroles en coeur. Je perçois du coin de l’œil plusieurs personnes pleurer. Le Comité quitte la salle sous un tonnerre d’applaudissements. Emotions palpables. Puis, ni une ni deux, les mosh pits se reforment.



Suite au dernier concert, Piss Rules remonte sur scène et nous ordonne de sortir vite : une surprise nous attend ! Tout le show s’est déroulé en anglais, le public est majoritairement flamand. Je n’ai rien pigé.

Me voilà donc dehors avec le reste de l’audience. L’avenue se couvre de la fumée des cigarettes. Il ne m’a jamais semblé aussi aisé de chourrer des clopes. Tout le monde se retourne, on apperçoit quelque chose arriver au loin. Une flottille arborant « Fuck Off » sur ses voiles noires, en plein cœur de Bruxelles. Oui, un bateau sur roues se ramène face à nous.

Les Angry Bodies surgissent, déchaînées, pointent les problèmes techniques et reprennent le concert avec leurs mots désormais familiers aux initiés :
Frustrated man in politics, take some fucking therapy!
Angry woman in therapy, engage yourself in politics!




Les flics se ramènent, mais pas pour danser. Aucune idée de comment l’orga s’est faite, mais ils n’ont pas du tout l’air contents de nous voir là. Angry Bodies ne les ont pas vus et enchaînent : « Chers policiers, si vous aimez le pouvoir, remplacez le bleu de la police par le noir du latex. » Le public répète en boucle, et les ''Siamo tutti'' ne s'arrêtent plus. C’est à ce moment-là que les policiers ont mis fin à l’événement. Mais personne n'est triste. RDV au Beursschouwburg pour l’afterparty. J’y retrouve les Angry Bodies, sorties de leurs arche comme des fleurs. Elles ont l’habitude de ce beau bordel. Les concerts de Punk n’ont jamais de début clair, et refusent toute fin. J'ai hâte d'y replonger.



The end.

Retrouvez les photos de l'event : https://www.shootmeagain.com/photos/9693_fuckoffstadskanker_bruxelles_24-01-2026
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AUTEUR : Juliette Jacobs
Passionnée par les cultures undergrounds, Juliette s’est formée à l’anthropologie visuelle et à la photographie documentaire avant de se plong...
Passionnée par les cultures undergrounds, Juliette s’est formée à l’anthropologie visuelle et à la photographie documentaire avant de se plonger dans des projets culturels, musicaux et militants. Elle aime mettre des mots sur les images qu’elles captures à travers des ambiances riches et dynamiques. En parallèle, ses expériences en éc...
Passionnée par les cultures undergrounds, Juliette s’est formée à l’anthropologie visuelle et à la photographie documentaire avant de se plonger dans des projets culturels, musicaux et militants. Elle aime mettre des mots sur les images qu’elles captures à travers des ambiances riches et dynamiques. En parallèle, ses expériences en écriture, direction artistique et médiation culturelle enrichissent sa pratique photographique....
Passionnée par les cultures undergrounds, Juliette s’est formée à l’anthropologie visuelle et à la photographie documentaire avant de se plonger dans des projets culturels, musicaux et militants. Elle aime mettre des mots sur les images qu’elles captures à travers des ambiances riches et dynamiques. En parallèle, ses expériences en écriture, direction artistique et médiation culturelle enrichissent sa pratique photographique....
Passionnée par les cultures undergrounds, Juliette s’est formée à l’anthropologie visuelle et à la photographie documentaire avant de se plonger dans des projets culturels, musicaux et militants. Elle aime mettre des mots sur les images qu’elles captures à travers des ambiances riches et dynamiques. En parallèle, ses expériences en écriture, direction artistique et médiation culturelle enrichissent sa pratique photographique....

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