La première fois que l'on voit les toulousains de Selenites en concert, on assiste béat à la transformation du chanteur en buffle. Quand on le lui fait remarquer, Michel ne comprend pas et boit sa pinte de bourbon en haussant les épaules. Pourtant, au premier riff, il se courbe, gratte du pied, et grogne. C'est peut-être sa définition de la normalité. Notons par exemple que c'est le plus grand collectionneur d'objets animaliers, de vieux trucs rednecks, et que c'est un grand amateur de zouk. Donc en fait, tout se recoupe.
Ses acolytes ont eux aussi des problèmes mentaux. Jean-Patrick, le bassiste, ajoute à cela un attrait particulier pour le subjonctif imparfait, et l'irish coffee au réveil. L'un des guitaristes, Alex, n'aime que trois choses : les groupes facebook traitant de l'islam en langage texto, s'informer sur les déviances en tout genre, et écouter des musiques chrétiennes. Rien ne se recoupe, donc.
A leurs côtés, Gregory, le deuxième guitariste, est aveyronnais. Ce qui veut tout dire, apparemment, puisque selon l'aveu de Michel : « notre mémoire ne retient pas ce genre de mecs ». Et enfin Maël, le batteur, n'aime pas trop la musique, et préfère largement regarder les matchs du TFC. Même en rêve ça ne s'invente pas. Il incarne aussi la caution artistique du groupe (dont il est le graphiste). A la question « pourquoi toutes ces croix à l'envers ? », il répond « qu'est-ce que t'en penses, toi ? », tout en quittant la pièce. Ce qui assoit son art.
Leur pilosité et leurs goûts ont beau s'être étoffés depuis leurs groupes boutonneux (Another Bleeding Season, Hate Me Tender, Disphoria...), ce sont toujours ces mecs que tu vois en bermuda et tatouages devant un barbecue, près de la plage, qui te racontent des choses improbables avec le flegme de l'alcoolique baroudeur. Comme s'ils avaient vécu trois vies de plus que toi et tes potes.
"Jeder für sich und Gott gegen alle", leur premier album sorti en Mars 2010, est marqué par toutes ces expériences de vie. Malgré la débilité assumée des musiciens, celui-ci est extrêmement mature : du point de vue de la composition, mais aussi de l'enregistrement. Ils savent ce qu'ils veulent. Ils sont au courant de toutes ces choses.
Ils mêlent donc le Post-Metal lourd et crasseux des premiers Cult Of Luna aux cassures orgiaques et Hardcore de Breach, celles où on s'entretient avec Belzebuth, pour finir par vomir tout ça, et fissa. Histoire d'en faire un truc bien plus immédiat. Plus plombant. Qui te salit vraiment ta soirée. Qui te donne plus du tout envie de sortir.
Un amérindien aurait probablement imaginé un truc plus mignon en l'écoutant, genre un bison au galop dans le désert... Mais ces êtres sont beaucoup trop rêveurs, et beaucoup trop drogués. Cet album est une pierre tombale. A l'image de son titre allemand, qui signifie "Chacun pour soi et dieu contre tous". Ce qui met quelque peu la pression. Vous en conviendrez.
Read more: http://www.myspace.com/weareselenites#ixzz135Cb5Vq5
Ses acolytes ont eux aussi des problèmes mentaux. Jean-Patrick, le bassiste, ajoute à cela un attrait particulier pour le subjonctif imparfait, et l'irish coffee au réveil. L'un des guitaristes, Alex, n'aime que trois choses : les groupes facebook traitant de l'islam en langage texto, s'informer sur les déviances en tout genre, et écouter des musiques chrétiennes. Rien ne se recoupe, donc.
A leurs côtés, Gregory, le deuxième guitariste, est aveyronnais. Ce qui veut tout dire, apparemment, puisque selon l'aveu de Michel : « notre mémoire ne retient pas ce genre de mecs ». Et enfin Maël, le batteur, n'aime pas trop la musique, et préfère largement regarder les matchs du TFC. Même en rêve ça ne s'invente pas. Il incarne aussi la caution artistique du groupe (dont il est le graphiste). A la question « pourquoi toutes ces croix à l'envers ? », il répond « qu'est-ce que t'en penses, toi ? », tout en quittant la pièce. Ce qui assoit son art.
Leur pilosité et leurs goûts ont beau s'être étoffés depuis leurs groupes boutonneux (Another Bleeding Season, Hate Me Tender, Disphoria...), ce sont toujours ces mecs que tu vois en bermuda et tatouages devant un barbecue, près de la plage, qui te racontent des choses improbables avec le flegme de l'alcoolique baroudeur. Comme s'ils avaient vécu trois vies de plus que toi et tes potes.
"Jeder für sich und Gott gegen alle", leur premier album sorti en Mars 2010, est marqué par toutes ces expériences de vie. Malgré la débilité assumée des musiciens, celui-ci est extrêmement mature : du point de vue de la composition, mais aussi de l'enregistrement. Ils savent ce qu'ils veulent. Ils sont au courant de toutes ces choses.
Ils mêlent donc le Post-Metal lourd et crasseux des premiers Cult Of Luna aux cassures orgiaques et Hardcore de Breach, celles où on s'entretient avec Belzebuth, pour finir par vomir tout ça, et fissa. Histoire d'en faire un truc bien plus immédiat. Plus plombant. Qui te salit vraiment ta soirée. Qui te donne plus du tout envie de sortir.
Un amérindien aurait probablement imaginé un truc plus mignon en l'écoutant, genre un bison au galop dans le désert... Mais ces êtres sont beaucoup trop rêveurs, et beaucoup trop drogués. Cet album est une pierre tombale. A l'image de son titre allemand, qui signifie "Chacun pour soi et dieu contre tous". Ce qui met quelque peu la pression. Vous en conviendrez.
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