Enfin, tout ça pour dire que ce Versions, pourtant sorti l'an dernier, n'a retenu mon attention qu'il y a quelques mois, piqué au plus vif dans ma curiosité par pas mal de chroniques assassines. Dès lors, il y avait deux solutions. Soit ils avaient continué dans leur soupe à la daube mélodique ce qui a agacé tout le monde, soit ils ont encore viré de bord ce qui a tout de même agacé tout le monde.
A mon grand étonnement (et à ma grande joie), c'est finalement cette deuxième solution qui semble expliquer les réactions négatives. En effet, Letter Thing, qui démarre l'album, semble vouloir mettre tout de suite les choses au point. Un tempo bien rapide à l'ancienne, un peu à la Shai Hulud. Le tout pour laisser place à un mid-tempo presque beatdown.
Le fait est que le groupe s'est apparemment ouvert l'esprit, aéré par les très fréquents changements de line-up qui ont précédé cet album. On retrouve sur certains morceaux des ambiances abordées par un certain Cave In auparavant ; il y a également un certain côté "southern rock" qui ressort du jeu de guitare par moments. Attention, je n'ai pas dit non plus qu'on avait droit ici à un remake de Distance Only Makes The Heart Grow Fonder (premier EP du groupe, avant même l'arrivée du chanteur Jeffrey Moreira) car certains morceaux, comme Slow Good Morning, mettent toujours l'accent sur la mélodie. Mais ils ont laissé tomber leur côté pleurnichard, alors c'est supportable.
Bref, sans être le meilleur album du groupe, Versions permet à Poison The Well d'effectuer un virage à 90° juste avant le gros mur en béton, et leur ouvre la route vers un avenir certainement plus en accord avec leur passif.

Poison the Well