Reconnu pour son immense talent, Marty Friedman s'est exilé au Japon pour y couler des jours heureux voici 7 ans déjà.
Future Addict, sa dernière livrée sortie uniquement sur le marché japonais en 2008, offrait quelques perles instrumentales de Megadeth.
Habitué donc aux albums de reprises, le guitariste bouclé a opté, cette fois, sur la réinterprétation de morceaux populaires japonais.
Autant dire qu'il y a à boire et à manger dans cet album qui rassemble 12 titres aussi différents les uns que les autres.
Ainsi lorsqu'on lance la première piste, on est rapidement soufflé par la puissance des riffs de "Tsume Tsume Tsume" au parfum de Lamb Of God. Voilà qui est de bon augure, se dit-on...
Malheureusement, on déchante rapidement à l'écoute du morceau suivant "Gift". L'omniprésence d'une boîte à rythmes vient, en effet, complètement gâcher la technique affichée par le maestro sur sa gratte.
Le livret qui accompagne le CD aide l'auditeur à comprendre la démarche un peu osée du guitariste. Ainsi, on apprend que le musicien a tenté d'offrir un hymne national à un pays imaginaire avec "Eki", titre quelque peu racolleur.
On découvre aussi que sur "Ashita He No Sanka", Marty a découvert ce morceau, chanté par une Chinoise, dans le tour-bus qui le conduisait en tournée avec Megadeth. Lorsqu'il a commencé à jouer dessus avec sa gratte alors qu'il écoutait le morceau dans ses écouteurs, le bassiste de Megadeth, Dave Ellefson, l'accompagna avec sa basse. Dave Mustaine, effrayé par la cacophonie qui régnait dans le bus, se serait exclamé: "Putain, qu'est-ce que mon groupe est en train de devenir!?!"
C'est d'ailleurs un peu ce constat-là qui émerge après la première écoute de cet album instrumental. Ainsi le côté kitsch développé sur les morceaux "Romance No Kamisama" ou sur "Yuki No Hana" lasse rapidement l'auditeur.
Fort heureusement, Marty Friedman n'a rien perdu de son talent et nous offre quelques passages remarquables de pureté notamment sur un "Kaeritakunattayo" boosté à la téstostérone.
Comme tout grand mélomane qui se respecte, Marty s'est aussi réservé quelques passages mégalo lorsqu'il s'attache les services d'un orchestre philarmonique sur "Ashita He No Sanka".
Pour résumer le tout, Marty Friedman a tenté d'offrir une vision plus électrique de versions pops japonaises. On ne reprochera donc pas la démarche originale de l'artiste. Et même si l'ensemble est plutôt réussi, on ne s'attachera malheureusement guère à cet album qui, finalement, intéressera plus les amateurs de guitares que le commun des mortels...
Marty Friedman
