Considéré comme les pionniers du doom expérimental et progressif, Cathedral revient après cinq ans d'absence avec un neuvième album qui devrait frapper d'une marque indélébile la discographie du groupe.
The Guessing Game se hisse, en effet, au niveau de The Carnival Bizarre, pierre angulaire dans l'histoire du groupe en 1995. Fort heureusement, les Anglais ne sont pas restés figés à cette époque glorieuse et sont parvenus, au fil du temps, à moderniser leur son même si tous les ingrédients d'un autre temps offre une coloration si particulière à leur musique.
Celle-ci s'inspire clairement des standards du heavy metal de la première heure tant par la lourdeur que par la puissance de ses riffs. Ajoutez à cela quelques passages psychédéliques, quelques pincées orchestrales et la voix d'outre-tombe de Lee Dorrian et vous obtiendrez "Funeral Of Dreams", un titre enjoueur comme seul Cathedral sait en composer... On y entend le son de mellotrons et de sitars appuyés par la formidable voix d'Alison O'Donnell, chanteuse du groupe de folk irlandais Mellow Candle actif dans les années '70.
Que dire aussi de "Requiem For Voiceless" si ce n'est qu'il vous plongera dans les tréfonds du doom tant sa pureté et son originalité lui permettent de se différencier de tout ce qui a déjà été fait auparavant.
Cathedral a cette faculté de pouvoir proposer une musique que nul autre groupe ne pourrait jouer tant sa complexité subliminal subjugue l'auditeur.
Le côté plus catchy de "Painting In The Dark" offre aussi un peu plus d'accessibilité à celui qui afficherait une certaine hostilité à s'aventurer dans l'univers déjanté des Anglais.
"Death Of The Anarchist", pour sa part, puise ses bases dans le heavy novateur que proposait Black Sabbath au début de sa carrière.
Et le périple musical de Cathedral nous fait voir du paysage. Si "The Guessing Game" laisse apparaître un côté baroque, "Edwinge's Eyes" frappe les esprits grâce à sa rythmique aussi noire que soutenue. La basse de Leo Smee y déboule à la vitesse de l'éclair.
Les superlatifs ne manquent effectivement pas pour qualifier ce double CD de 13 titres aussi originaux les uns que les autres. La subtilité des arrangements de chaque morceau doit être dégusté sans modération. Vingt ans après la sortie de son premier album, Cathedral parvient encore à émerveiller. Ce qui n'est, vous l'avouerez aisément, pas à la portée de tous...
Un disque incontournable...
Cathedral