Se connecter
Chronique 13-09-2015 par Guillaume 4 min de lecture

Tau Cross — Tau Cross

Déjà quatre années depuis la sortie de Sonic Mass, le dernier album d’Amebix, légende du Crust/Punk. Un album qui faisait suite à 24 années de silence studio mais qui ne pourra jamais être défendu sur scène, le groupe retombant dans les abimes dans la foulée. Un vide artistique qui minera longtemps Rob 'The Baron' Miller, au point de continuer à l’inspirer encore aujourd’hui dans l’écriture de ce premier album de Tau Cross, son nouveau groupe.

Amebix, c’était, à l’époque, l’étape vers le niveau supérieur du D-Beat. En mêlant des tonalités plus sombres à la Venom à son Punk un peu heavy à la Discharge ou GBH, Amebix avait pu créer un genre à part entière en faisant se rencontrer un accordage assez grave, une musique rapide, agressive, et cette atmosphère si particulière. De Tragedy à All Pigs Must Die en passant par From Ashes Rise ou Nails, de nombreux groupes actuels rendent hommage à Amebix, sans parler de la certaine déférence qu’il inspirait à ses contemporains (Doom, Anti-Cinex, Infest,...).

Un sacré pedigree donc, auquel Miller ajouta pour ce nouveau projet Away (Michel Langevin) de Voivod à la batterie, Andy Lefton (War/Plague) et Jon Misery aux guitares. Ce quasi all-star band, sorte de ramification à lui tout seul de diverses tendances du Metal ou du Punk, s’est donc rassemblé pour enfin donner vie aux compos entamées par Rob “The Baron” Miller après la fin d’Amebix. Avec un résultat assez proche de ce à quoi on pouvait s’attendre.

En ouverture, le très râpeux Lazarus constitue une entrée matière accrocheuse, dominée par une batterie évoluant sous des guitares assez enfumées. Plus audacieux, Fire in the Sky met davantage en valeur les riffs sous un mode globalement mid tempo, mais doté de suffisamment de variations pour attirer l’attention. Quelques notes d’orgue assez éloignées appuient le côté sombre de ce morceau, avant de s’approprier sa conclusion.

Peu à peu, l’album se tapisse d’un certain sentiment de solennité. Loin de mener une musique aussi orageuse que ses « élèves » Tragedy ou From Ashes Rises, Tau Cross joue fermement mais proprement, sans chercher à trop s’appuyer sur le feedback et le bruit pour cultiver son impact.

Ainsi, Stonecracker envoie comme il faut, en s’inspirant de Motorhead sans chercher à recopier la bande à Lemmy. Dotée d’une intro dense et étrange Midsummer groove à en devenir presque rock’n’roll, si ce n’est la voix du Baron. L’occasion de préciser que son chant reste toujours assez spécial, avec cet effet arraché/forcé qui pourra déplaire. Hangman’s Hyll prolonge ensuite le côté un peu vaseux de son prédécesseur en y ajoutant un petit feeling à la Killing Joke qui permet d’apporter de la variété, au risque d'en faire une cassure un peu trop prolongée.

Une semi-conclusion qui débouche sur We Control the Fear, morceau acoustique, sinistre, rampant et réussi. Tau Cross, comme Amebix, essaie de vous mettre en garde contre la tactique du système à réprimer les masses. Vous l’aviez deviné, les lyrics sont engagés et servent la musique qui les inspire.

La deuxième partie de l’album s’écoule plus lentement. Incorporant quelques tempos indus (You People) ou des sonorités globalement plus ouvertes (Sons of the Soil, Our Day ou le final The Devil Knows His Own), Tau Cross montre une certaine maturité dans le songwritting. Peut-être un souhait de ses géniteurs de s’affirmer en dehors de l’aspect plus violent qui a fait leur réputation, au risque, et c’est dommage, de perdre l’auditeur au passage. Car on perd clairement le fil dans cette deuxième face, longuette, qui finit par s’enrayer.

Juger Tau Cross suivant la carrière passée de ses membres n’est pas juste. Mais c’est une démarche inévitable. Alors, on tient là évidemment un projet tout autre qu’Amebix ou Voivod, qui doit être jugé pour ses qualités propres. Mais s’il ne manque pas de qualités, il peine en revanche à insuffler suffisamment de magie pour s’imposer. Inévitablement, on finit par regretter ce manque de fureur (pour aller de pair avec ces lyrics enragées et dédaigneuses), ce son de guitare pas assez épais, et cette deuxième moitié peu percutante. Une formule originale et prometteuse pour le live mais qui gagnera à être densifiée pour la suite.

Tags Amebix, Voivod, Killing Joke, Motorhead, Neurosis, GBH, Discharge, Doom

Encore Tau Cross

Rob Miller reforme Tau Cross
News 09-08-2020

Rob Miller reforme Tau Cross

Rob Miller (ex- Amebix ) a reformé Tau Cross avec de nouveaux musiciens pour ré-enregistrer leur troisième album, Messengers of Deception . La sortie de cet…

Rob Miller veut continuer Tau Cross
News 07-07-2019

Rob Miller veut continuer Tau Cross

Suite à la polémique de cette semaine (voir notre news ici ), la page Facebook de Tau Cross a été supprimée. Elle est brièvement réapparue hier. Le frontman…

Relapse Records se sépare de Tau Cross
News 04-07-2019

Relapse Records se sépare de Tau Cross

Relapse Records se sont séparés de Tau Cross , quelques semaines seulement avant la sortie de leur troisième album, Messengers of Deception , initialement…

Le nouvel album de Tau Cross en écoute
News 22-07-2017

Le nouvel album de Tau Cross en écoute

Le deuxième album de Tau Cross (avec le batteur de Voivod et un ex- Amebix ), Pillar of Fire , sorti hier, s'écoute intégralement ci-dessous.

À lire ensuite

Session live pour Spite House
News Hier

Session live pour Spite House

Le trio post-hardcore québécois SPITE HOUSE vient de mettre en ligne sa session live enregistrée pour Audiotree.

Le nouvel album de Tzompantli en écoute
News Hier

Le nouvel album de Tzompantli en écoute

Entièrement acoustique et chanté en nahuatl, le nouvel EP éponyme des Californiens de TZOMPANTLI , collectif de death/doom metal emmené par Brian Ortiz de…

Méan (Ferme La vache d'ici), le 10-10-2026
Photos 12-10-2026

Nouba Nouba

Méan (Ferme La vache d'ici), le 10-10-2026 — 10 photos

par Joachim

Putain Putain, Arno c'est vachement bien!
Live report 20-12-2012

Putain Putain, Arno c'est vachement bien!

"Bonsoir, Goienavond, bon je suis content que tout le monde a payé, allez allez rotferdom!" C'est par ces mots qu' Arno a débuté la soirée d'hier soir dans une…

par Peps

Liège (La Zone), le 26-11-2010
Photos 27-11-2010

Banane Metalik

Liège (La Zone), le 26-11-2010 — 24 photos

par Erik